La marée FN menace les digues de la majorité -Par Laure Bretton

Publié le 23 Février 2011

La marée FN menace les digues de la majorité

par Laure Bretton

           PARIS (Reuters) - Au plus haut dans les sondages, le Front national entend profiter du débat sur l'islam annoncé par Nicolas Sarkozy pour grignoter davantage le capital électoral de la majorité à un an de la présidentielle.

Deux sondages sur les intentions de vote en 2012 placent vendredi le parti de Marine Le Pen à des niveaux jamais atteints, ce qui fait craindre à ses opposants sa présence au second tour du scrutin, comme son père le 21 avril 2002.

Selon l'Ifop, si l'élection présidentielle avait lieu dimanche, 20% des Français voteraient pour Marine Le Pen, qui a pris les rênes du Front national en janvier. Une étude du CSA pour l'hebdomadaire Marianne donne le Front national à 17%. Pour Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l'Ifop, même si un sondage à un an du scrutin n'a "rien de prédictif", ces scores représentent un "coup de tonnerre pour l'ensemble de la classe politique française". "Jamais on a eu un candidat du Front national à ce niveau et jamais l'écart n'a été si faible entre le Front national et les deux principaux partis de gouvernement", UMP et PS, dit-il.

En 2006, à un an de la présidentielle, le FN ne dépassait pas 7% d'intentions de vote. Pour sa dernière candidature à l'Elysée, Jean-Marie Le Pen avait réuni 10,4% des suffrages en 2007. En 2002, il s'était qualifié pour le second tour, éliminant le socialiste Lionel Jospin, avec 16,86% des voix. 

VIDER L'UMP DE SA SUBSTANCE

Cette poussée dans les sondages s'est faite en six mois, au fil de la campagne de Marine Le Pen pour la présidence du FN. Sur fond de crise, la conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais s'est présentée comme l'unique défenseur de la classe ouvrière, qui avait massivement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007.

Se démarquant du discours tenu par son père sur l'immigration, elle avait placé les questions économiques et sociales ainsi que la laïcité au cœur de son argumentaire.

En décembre, elle expliquait à Reuters qu'elle avait l'intention de "vider l'UMP de sa substance". Vendredi, elle a ironisé sur la stratégie choisie par l'Elysée et l'UMP d'ouvrir un débat sur l'islam en France, un terrain naturel pour le Front national. "Un petit effort encore (...) un petit débat, un petit bla-bla sur l'islam, la laïcité, et je pense effectivement

que nous pourrons terminer la présidentielle à 25%", a déclaré la député européenne sur France Info.

Quelques semaines après le tollé provoqué par Marine Le Pen pour avoir comparé les prières musulmanes dans les rues à l'Occupation allemande, Nicolas Sarkozy a estimé que certaines pratiques de l'islam représentaient "clairement un problème" en France.

"Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir vivre, pratiquer leur religion (...) mais il ne peut s'agir que d'un islam de France et non pas d'un islam en France", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une émission télévisée la semaine dernière. A l'unisson de plusieurs députés UMP qui réclament sérénité et prudence sur un thème potentiellement

explosif, Alain Juppé estime dans Le Figaro de vendredi que le débat doit être maîtrisé, au risque de déraper.

 

"COTE D'ALERTE"

Les sondages sont la preuve, selon Hervé Morin, que la majorité "ne doit pas aller sur le terrain de Marine Le Pen". "Cette cote d'alerte nous impose aussi, pour éviter un 21 avril des idées, de répondre aux préoccupations des Français (...) Il faut cesser d'attiser les haines, de chercher des boucs émissaires, de jouer sur les peurs", dit l'ancien ministre de la Défense centriste dans un communiqué. Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion de l'institut Harris Interactive, s'interroge également sur les retombées électorales d'un tel débat pour la majorité. "On ne voit pas l'UMP changer de stratégie alors que le débat sur l'identité nationale lui est revenu comme un boomerang lors des régionales", a-t-il expliqué à Reuters.

Selon le sondage Ifop pour France Soir, 32% des employés et 37% des ouvriers ont l'intention de voter pour le Front national alors que ces deux catégories d'électeurs avaient massivement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007.

"La droite a fait sauter les digues avec la polémique sur les Roms cet été: il n'y a plus d'interdit moral entre un Front national 'new look' et une UMP dure", analyse François Kalfon, chargé des études d'opinion au Parti socialiste. Ces sondages sonnent l'alarme à ses yeux. Dans son futur programme présidentiel, s'il ne veut pas décrocher à son tour, le PS doit impérativement répondre à l'angoisse sociale sur laquelle prospère le FN

et maintenir la "cohésion républicaine". Pour Jean-Vincent Placé, stratège électoral d'Europe Ecologie-Les Verts, le plus menacé aujourd'hui par ce "syndrome du 21 avril" est Nicolas Sarkozy, qui pourrait reprendre le rôle malheureux joué par Lionel Jospin en 2002 et laisser les candidats du FN et du PS en découdre au second tour. "Comme on fait la course a l'échalote, de fait, à un moment, on préfère l'original à la copie", estime l'élu

écologiste. Avec Emile Picy, Elizabeth Pineau et Clément Guillou, édité par Patrick Vignal

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE71H0R120110218

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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pascal silman 24/02/2011 13:45



Je viens de parlé a l'instant avec le responsable FN de la côte d'azur , depuis deux mois il a enregistré 180% de demande d'adhésion de plus ( un truc de fou ) se que réalise marine Lepen et tout
simplement superbe !!!!!


ils ont jouer avec le feu et maintenant l'ump va le payé très cher car beaucoup de leur partisan comme moi vont rejoindre le FN ( ils nous ont trop, beaucoup trop trompé!!)


 


pascal silman


résistant républicain



island girl 24/02/2011 00:00



Le laxisme,la langue de bois,les promesses non tenues,les voitures qui brulent partout et qu'on ose plus compter,les musulmans qui narguent les vrais français,la crise,l'école à la dérive,,les
prisons,les hopitaux occupés par des sangsues,le drapeau piétiné,et meme les sportifs qui font honte à la france .....C'est  TOO MUCH !Sarkozy ne s'en relèvera pas et la clique de gauche
aura du mal à faire croire que l'immigration est une chance pour le pays !  



Jean Valette dit "Johanny" 23/02/2011 20:51



Oui... L'actuelle "majorité", toute relative d'ailleurs, ferait bien d'analyser sainement les raisons du taux record d'abstentions des récentes élections régionales !...


 


Leurs élucubrations, droite et gauche de concert, de "multiculturalisme" tiennent beaucoup de la salade niçoise et de la ratatouille réunies à la différences que leur "multiculturalisme" est
indigeste !...