La Ministre se frotte au savon de Marseille...

Publié le 13 Février 2013

Se prendre un savon, se faire savonner, défendre son savon, savonner la planche, etc. Le savon n'est pas dit-on, la matière la plus utilisée des français. On dit même qu'ils se lavent peu!

Qu'importe le "français qui pue" mais haut les coeurs, (pas haut-le-coeur!), défendons le savon de Marseille semble nous dire la dame ministre! Le savon passionne nos ministres! Est-ce donc qu'il auraient besoin de faire leurs toilettes? Il est vrai qu'au niveau des idées, c'est bien encrassé chez les socialo-bonobo-bobos.

Gérard Brazon

La Provence.fr

Ce cube de 300 grammes fait décidément des émules chez les responsables politiques... Tout le monde semble s'intéresser au savon de Marseille, qui fleure bon la cause idéale à défendre. À savoir la survie du savon et l'enjeu d'une vraie appellation. Enfin.

Hier, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux handicapés et à la lutte contre l'exclusion, s'est rendue à la Savonnerie du Sérail (14e) pour y rencontrer les responsables de l'Union des Professionnels du Savon de Marseille qui veulent que le fameux cube soit protégé par une IGP (indication géographique protégée), signe officiel européen d'origine et de qualité.

La savonnerie du Fer à Cheval est toujours en redressement judiciaire

"Je me suis rendu compte que dans le cadre de la négociation en cours sur les produits manufacturés, le savon de Marseille n'y était pas ! Cela a donc été introduit à ma demande. Il était nécessaire que vous m'expliquiez le processus de fabrication qui semble plus complexe que celui de la porcelaine de Limoges ! Car pour bien défendre le savon, il faut bien en définir les principes", lance la ministre en contemplant l'énorme chaudron rempli de pâte verte ... sur laquelle veille la Vierge :"Comme dans toutes les savonneries ! Ce qui est normal car maître savonnier c'est dangereux. Avant on nous appelait les maîtres du feu",souligne Daniel Boetto, à la tête du Serail.

La députée est donc venue récupérer les procédés ancestraux qui vont donner un vrai cube "made in Marseille" et non pas un simple savon. La différence est primordiale. Un vrai savon de Marseille, selon l'UPS, se réalise suivant 5 étapes précises qui garantissent un savon sans parfum, ni colorant, ni ajout ni adjuvant, le tout pour une fabrication dans le département. Si on sort de ce fameux "procédé marseillais" il s'agit au mieux d'une savonnette végétale.

"C'est pour ça que l'on a besoin des politiques de tous bords, même de Marine Le Pen"

"Ce que nous faisons aussi quand on ajoute de la couleur ou du parfum", note Daniel Boetto. Mais comme vous pouvez le voir, à ce moment-là, on n'appose pas de logo "Savon de Marseille". Marie-Arlette Carlotti découvre avec intérêt les étapes immuables du chaudron, du séchage, du découpage :"C'est important si je veux faire remonter l'info à Benoît Hamon, ministre délégué à la consommation. Déjà je me réjouis des initiatives proposées pour Marseille 2013" .

Les soucis spécifiques de la Savonnerie du fer à cheval ont été abordés. L'entreprise est en sursis car en redressement judiciaire pour deux mois et demi."L'administrateur a lancé un appel d'offre car je ne suis plus en mesure de continuer l'activité". Un paradoxe puisque la savonnerie du Fer à Cheval, sur un site de 3 hectares, fournit toutes les savonneries avec 130 tonnes produites par mois. "Dans une semaine, la date limite de dépôt des offres de repreneurs sera passée. C'est pour ça que l'on a besoin des politiques de tous bords, même de Marine Le Pen", a précisé Bernard Demeure.

Marie-Arlette Carlotti a tout de suite rétorqué :"Oui, mais moi je fais partie du système démocratique. Et Marine Le Pen, que va-t-elle apporter au savon ?" Un ange passe au milieu des bulles... D'autant qu'avant Marine Le Pen (en début de mois), c'était la députée UMP Valérie Boyer qui avait posé deux questions devant l'Assemblée Nationale concernant l'appellation. Concernant cette dernière, pas de calendrier européen précis. "On y arrivera. Je veux défendre ce patrimoine marseillais au sens large", a ajouté Marie-Arlette Carlotti.

Par ailleurs, un vrai débat s'est aussi imposé dans cette présentation. Edwige Ananian des Savons d'Océane, s'est invitée au rendez-vous en soulignant les dangers de cette charte de l'UPS "qui n'est pas la même que celle de la Cosmed, l'association des PME de la filière cosmétique. Ce sont des sociétés comme la mienne qui vous achètent la matière première. Si vous décrétez que mes savons -parce que j'ajoute des plantes et des huiles essentielles- ne sont pas des vrais savons de Marseille, vous vous tirez une balle dans le pied ! Car c'est nous qui vous faisons travailler !"

Ce à quoi lui a été répondu que les adhérents historiques de l'UPS sont "les seuls à mener la saponification en chaudron. On défend ce produit brut et naturel. La Cosmed elle autorise les parfums, les graisses animales". Une charte très stricte donc qui a déjà séduit un futur adhérent, Rampal, une savonnerie salonnaise.

 

Agathe Westendorp

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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@FRANHENJAC 14/02/2013 00:22


Si les francais puent, c´est peut-être la raison que nos peuples modernes préfèrent   se laver avec des savons qui sentent la m.... et fabriqués également avec de la m....!


Je suis une fervente du savon de Marseille, et même après avoir quitté la France depuis des décennies, je n´oublie jamais de rapporter lors de mes voyages dans mon pays, ce savon de Marseille !

mika 13/02/2013 18:30


Bien que précédée par Marine
le Pen, Marie-Arlette Carlotti arrive encore trop tôt.


Comme nous le SAVONS, elle
c’est les « handicapés et les exclus »…


Inutile d’être SAVANT de
Marseille pour faire le rapprochement de ce qui attend les ouvriers.


https://www.youtube.com/watch?v=AtgUzR3r2tk


01/02/2013 : Marine Le Pen visite  " Savon de Marseille."