«La mort de Sohane n'a pas arrêté les violences»

Publié le 6 Octobre 2012

Du bien pensant journal de gauche Libération

INTERVIEW Asma Guénifi, présidente de «Ni Putes ni soumises», constate une montée préoccupante du communautarisme.

Par CHARLIE DUPIOT
Asma Guénifi, présidente de Ni Putes Ni Soumises, le 12 décembre 2011 à Paris

On commémorait jeudi à Vitry-sur-Seine le triste dixième anniversaire de la mort de Sohane Benziane, immolée par son ex-petit ami au bas d’un immeuble. Asma Guénifi est depuis décembre 2011 présidente de l’association « Ni putes ni soumises », née à la suite de cet événement qui a éclairé la condition de certaines femmes des quartiers dits «sensibles».

Dix ans après le drame de Sohane Benziane, peut-on dire que la condition des femmes de banlieues a évolué ?

On peut dire ça, oui. La mobilisation après la mort de Sohane a beaucoup fait évoluer les choses. Ce drame-là a marqué les citoyens. Le fait que des jeunes filles puissent être assassinées à cause du sexisme a marqué. On a libéré la parole, on a permis aux femmes de témoigner. Mais ce drame et tout ce qui a suivi n’a pas arrêté les violences. Je pense aussi à Shérazade [Belayni, brûlée à 60% en 2005], qui a survécu.

La situation des femmes en banlieue a évolué mais quels problèmes persistent pour elles aujourd’hui ?

Le principal problème reste le retour au communautarisme. On voit de plus en plus de femmes voilées, sans qu’aucune mesure ne soit prise. La réponse c’est la laïcité. Dans certaines banlieues, elle n’est pas respectée. Et on donne une mauvaise explication aux jeunes, selon laquelle la laïcité agit contre la religion, notamment contre l’islam. Il y a un travail pédagogique très important à faire : informer sur les dangers de l’intégrisme, et être présent pour imposer la laïcité.

En 2002,  un « livre blanc des femmes de quartiers » rassemblait des témoignages recueillis par la Fédération nationale des Maisons des potes. Certains évoquaient des « pressions familiales et communautaires énormes ». Recueille-t-on ce même type de témoignages aujourd’hui ?

On a aujourd’hui encore ces témoignages. La pression familiale et la tension communautaire existent toujours. Même, le communautarisme augmente, comme on le voit dans les témoignages des filles. Selon ceux-ci, la pression de la famille, de la communauté est encore présente, même si elle l’est moins qu’avant, grâce à la libération de la parole. On peut lire dans la montée de l’intégrisme et du nombre de femmes voilées un retour vers l’oppression de la femme. Car les premières victimes de la montée de l’intégrisme dans les quartiers populaires sont les femmes.

Dans l’espace public, dans la rue, le bus ou les centres commerciaux, certaines femmes racontaient il y a dix ans qu’elles devaient faire profil bas, adopter le voile pour se sentir plus respectée, ou le survêtement. Est-ce toujours le cas ?

C’est plus le cas pour le voile que pour le survêtement. Il y a eu une évolution incontestable : dans les rues, les filles portent plus de jupes, de robes. Mais il y a également eu ces dix dernières années une montée du foulard, pour pouvoir échapper au regard. C’est pourquoi on centre notre action sur l’éducation : les filles doivent échapper à l’oppression religieuse. Dans nos interventions à l’école, on essaie aussi d’éduquer sur le rapport filles-garçons.

En 2002, plusieurs associations ont découvert ce qu’elles ont appelé une « grande misère sexuelle », certaines mères découvrant à 50 ans par exemple ce qu’est un cycle, ou la contraception. Où en est-on aujourd’hui dans cette connaissance de leur sexualité, l’accès à la contraception ?

On s’est félicité des annonces du gouvernement, qui nous donnent espoir. Nous souhaitons un accès gratuit à la contraception, et la mise en place d’une éducation sexuelle. Car il est pour nous très important que les jeunes, notamment les garçons, échappent à une représentation sexuelle, alimentée notamment par les films pornographiques, qui peut pousser à l’extrême à des viols collectifs.

Sortons un peu du cas des seules femmes de banlieue. Etes-vous d’accord avec Najat Vallaud-Belkacem quand elle déclare : «Il y a dans notre société une tendance à minimiser les violences faites aux femmes» ?

La société minimise, certes, c’est un constat qu’on a fait depuis 10 ans. Mais nous demandons au gouvernement de mettre en œuvre une politique réelle pour lutter contre les violences faites aux femmes. Nous ne recevons pas de moyens financiers du gouvernement. Ce qu’on demande, c’est des moyens concrets, comme l’hébergement pour les femmes victimes de violences. Je demande à la ministre une politique avec des moyens.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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L'EN SAIGNANT 06/10/2012 15:52


Il faut que le gouvernement fasse appliquer la LOI RÉPUBLICAINE par la force si nécessaire et qu'une nouvelle loi décide de renvoyer manu militari dans les terres qui sont acquises à leurs idées,
tous ceux qui veulent ouvertement, CHEZ NOUS,  tuer la Démocratie et la République  et instaurer des us et coutumes moyenâgeuses intolérables en France telle la CHARRIA . Vu le fric des
contribuables gaspillés pour ces fous depuis Giscard, nous n'en sommes plus à quelque chose près (surtout de salutaire pour la France), je propose qu'on leur paie systématiquement leur baptême du
parachutiste ... en plein désert africain  sans retour possible .!

jp 06/10/2012 12:56


pourquoi ont elles votées pour les frères musulmans =islamiste radicaux (charia etc...)