La notion de secte vaut aussi pour l’Islam. Les djihadistes "français de papiers"

Publié le 11 Avril 2014

Les familles de combattants français partis en Syrie et une anthropologue spécialiste de l’Islam radical lancent un appel au monde politique: ils veulent que le gouvernement français agisse contre la dérive sectaire de l’Islam radical. Pour Dounia Bouzar, les gouvernements européens ne tiennent pas compte de certains indicateurs d’alerte évidents: le processus de recrutement serait typiquement sectaire.

Le compagnon de Meriam a quitté la France en octobre avec Assia, leur bébé qui aura deux ans dans quelques jours. Il est parti se battre en Syrie, au nom de l’Islam, comme des centaines d’adolescents et jeunes adultes. Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste de l’Islam radical, y voit l’aboutissement d’un processus d’endoctrinement typiquement sectaire. « Quand l’individu exclut les autres, que le groupuscule le met en rupture scolaire, professionnelle, amicale – il ne voit plus ses anciens amis- en rupture familiale. Souvent il y a souvent aussi un changement brutal d’apparence vestimentaire et de comportement alimentaire. »

Les témoignages des familles des combattants se répètent et ses ressemblent, tant sur les symptômes précités, que sur l’état d’esprit dans lequel se trouvaient les jeunes: ils avaient mal à leur identité ou éprouvaient un mal-être temporaire. « Les groupuscules leur disent que le petit malaise scolaire ou corporel qu’ils ressentaient, ajoute Dounia Bouzar, est le signe qu’ils sont des élus de Dieu pour appartenir à un groupe supérieur qui détient la vérité et doit sauver le monde du déclin. »

Des indicateurs typiquement sectaires que les autorités n’analysent pas comme tels

Un enfant qui refuse d’aller à l’école au nom de Dieu, un adolescent qui arrache une image en disant que c’est le diable, un jeune adulte qui refuse de reconnaître sa famille, de se mélanger à la société seraient considérés comme étant sous emprise mentale. Ces jeunes se voient promettre un accès direct au paradis s’ils partent combattre, ils pourront aussi y emmener leur famille. La fin du monde est aussi régulièrement évoquée. Toute cette rhétorique poserait inévitablement la question de la dérive sectaire dans n’importe quel autre cadre religieux, et pourtant, quand il s’agit d’Islam, le constat ne se fait pas forcément. « Ces indices ne sont pas appliqués quand l’Islam est pris en alibi. Et les gouvernements européens ont du mal à faire la différence entre ce qui relève d’un musulman pratiquant et d’un musulman radical. Du coup, paradoxalement, cela nous met dans une posture assez laxiste vis-à-vis des groupuscules radicaux. On a une représentation très négative de l’Islam, comme une religion très différente, un peu archaïque et cette représentation négative nous mène non seulement à la discrimination des musulmans pratiquants, mais aussi au laxisme vis-à-vis des radicaux puisqu’on ne s’étonne plus de rien. »

Pour Dounia Bouzar, il est temps d’appliquer les mêmes critères pour les dérives sectaires liées à l’Islam que pour celles liées au christianisme, par exemple.

Il y a urgence

« Les jeunes aujourd’hui basculent en moins de deux mois et il y a un très bon travail d’emprise mental qui est fait par internet. » Les vidéos de propagande qui visent un public francophone sont visionnées par des français, des suisses et des belges. Selon Dounia Bouzar et les autres spécialistes du « Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam » (CPDSI), sans prévention adéquate axée sur ce processus de recrutement sectaire, d’autres jeunes partiront.

Cette dimension sectaire n’est pas prise en compte par les plans de lutte actuels contre la radicalisation. La Belgique, qui, selon le cabinet de la ministre de l’intérieur Joelle Milquet, serait la plus avancée en matière de prévention, n’inclut pas non plus ces aspects sectaires. D’ici quelques semaines, une nouvelle cellule de prévention devrait voir le jour. Il s’agirait de cinq ou six cerveaux capables de descendre sur le terrain et de former les intervenants de première ligne à la lutte contre la radicalisation. Ce centre indépendant travaillerait en collaboration avec les universités, les spécialistes de l’Islam et les imams.

O. Leherte

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Marie-claire Muller 11/04/2014 17:22


A SOCIETY OF COWARDS: http://youtu.be/5Z38qqSZZEc


UNE SOCIETE DE LÂCHES!!!!PAR PAT CONDELL A ECOUTER ABSOLUMENT ET NE PLUS FAIRE L  AUTRUCHE

Pivoine 11/04/2014 15:36


Dounia Bouzar peut bien pérorer ! Si l'on n'avait pas ouvert tout grand les portes à l'immigration de masse, principalement musulmane, on n'aurait pas autant de jihadistes sur notre sol ! Il ne
sert à rien de traiter les symptômes si l'on néglige les causes !