La Nouvelle Guerre Froide par Anna-Mahjar-Barducci. Traduit de l'anglais par Nancy Verdier

Publié le 1 Janvier 2012

par Anna Mahjar-Barducci

23 Décembre 2011

Traduit de l’anglais par Nancy VERDIER

http://www.hudson-ny.org/2696/new-cold-war

 

photo 5281BLes analystes internationaux se demandent si la mort du dictateur coréen Kim Jong-il ne marquerait pas  une nouvelle étape vers la guerre froide – avec d’un côté la Russie, la Chine, un Pakistan nucléaire, une Corée du Nord nucléaire, un Iran nucléaire et une Syrie alignée, l'ensemble uni contre l’Occident et ses alliés dont Israël, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon et les pays du Golf.

D’un côté la Chine est en compétition avec Washington avec ses tests techniques destinés à rendre inopérants les satellites et les réseaux cybernétiques  américains et dans le développement de son arsenal de missiles nucléaires à longue portée pouvant atteindre les USA. D’un autre côté, comme le souligne le journal libanais, Al-Mustaqbal, la Russie essaie de former des alliances militaires contre l’occident.  Al-Mustaqbal  rapporte qu’il y a en réalité de nombreux signes attestant d’un début de nouvelle guerre froide avec la formation d’alliances puissantes contre l’Occident – tout d’abord par la candidature pour les élections de 2012 de Vladimir Poutine qui croit toujours à son rêve d’Empire Soviétique, et ensuite par l’appui  de la Russie au président syrien Bashar-al-Assad contre son propre peuple en révolte ; il y a aussi  l’arrivée de bâtiments de la marine russe depuis la Mer Noire vers l’Est de la Méditerranée en passant par le détroit du Bosphore ; et enfin l’expansion de la coopération nucléaire entre la Russie et la Chine.   Selon Al-Mustaqbal, ces évènements montrent que le monde va être témoin d’une nouvelle guerre froide.  Le journal libanais indique aussi que le Moyen-Orient constituera l’un des théâtres essentiels pour cette guerre; et il y a déjà des éléments  qui suggèrent une alliance Russie-Syrie-Iran d’un côté et de l’autre, une alliance alignée sur les USA avec les Pays du Golf qui veulent stopper l’influence iranienne dans la région.

Le monde ne va probablement pas assister à une bipolarisation traditionnelle comme ce fut le cas pour la première guerre froide : il y a des acteurs régionaux luttant pour leur propre influence au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite par exemple veut faire cesser toute influence Chiite au Proche-Orient et est prête à utiliser l’Irak comme champ de bataille pour réduire les ambitions de l’Iran dans la région, et pour rétablir son propre rôle. Riyad, dès lors que les troupes américaines quittent l’Irak, parle de former une nouvelle armée pour protéger la population sunnite d’Irak, pour renforcer sa position dans le pays et contrebalancer la population chiite. Cette nouvelle guerre froide sera probablement caractérisée par plusieurs centres d’intérêt et par un fragile équilibre des pouvoirs, comme cela semble avoir commencé en Irak.

“L’influence de la Chine sur la Corée du Nord sera plus importante dans l’ère post Kim-Jong-il, tandis que les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon serreront les rangs pour contrer l’impact de Pékin » écrit le journal sud coréen Korea Herald après la mort du dictateur nord coréen. Le journal indiquait que le Président chinois Hu Jintao avait présenté ses condoléances à la Corée du Nord, ce qui sous-entendait que la Chine s’apprêterait à soutenir le nouveau président Kim Jong-un, le fils du précédent dictateur. Le but de la Chine est de préserver la stabilité le long de sa frontière avec la Corée du Nord en soutenant fortement le régime nord coréen contre toute agression. La Russie a aussi exprimé l’espoir que la mort de Kim Jong - il ne vienne affecter ses bonnes relations avec Pyongyang. Le ministre des affaires étrangères de Russie, Sergei Lavrov insiste sur le fait que la Corée du Nord est voisine de la Russie et que la mort de Kim ne saurait affecter leurs  liens bilatéraux en aucune manière. D’un autre côté les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont amenées à se détériorer davantage. « Les perspectives demeurent que les relations entre Washington et Pyongyang sont au point mort du fait de la disparition de Kim survenue juste avant que les deux pays ne mettent au point un accord sur l’aide alimentaire américaine pour la Corée du Nord  touchée par la famine ; en échange de quoi celle-ci s’engageait à suspendre son programme d’enrichissement d’uranium. » écrivait le Korea Herald.  

Les voisins de la Corée du Nord – comme la Corée du Sud - sont effarés et s’interrogent maintenant sur le nombre d’armes nucléaires dont les pays les plus secrets de la planète sont susceptibles de disposer. Les experts disent que ce pays asiatique pourrait avoir entre six et douze bombes mais le nombre réel reste indisponible. On ignore également la charge utile et la fiabilité des missiles nord coréens et leur capacité à atteindre les grandes villes de la région. En 2009, la Corée du Nord a testé un missile capable d’atteindre les Etats-Unis ce qui lui a valu une condamnation générale des Nations Unies et un renforcement des sanctions. La communauté internationale semble également inquiète de ce que le programme nucléaire va maintenant dépendre du nouveau dictateur, Kim Jong-un, très jeune et inexpérimenté. Le jeune héritier a été jeté brutalement dans l’arène politique au premier rang des responsabilités gouvernementales avant même d’avoir pu accumuler des expériences significatives pour tenir son nouveau rôle.  Dans le même temps, le régime a déjà changé sa date de naissance de janvier 1983 à janvier 1982, si bien que l’an prochain, le nouveau dictateur aura officiellement trente ans.

Au cours des dernières années le régime nord coréen avait exprimé son intérêt pour une aide alimentaire à compter de début 2012. En échange, Pyongyang avait promis de geler son programme d’enrichissement d’uranium mais était revenu sur ses promesses plusieurs fois déjà.   
La Corée du Nord prétend posséder 2000 centrifugeuses. En 2009, elle a invité une équipe de scientifiques américains dont l’éminent expert nucléaire Siegfrid Hecker, à visiter les sites d’enrichissement.  

De retour à Washington, Hecker a dit à la Maison Blanche avoir été impressionné par le degré d’avancement des sites d’enrichissement nord coréen.

L’uranium enrichi permettrait à la Corée du Nord de fabriquer des bombes significativement bien plus puissantes que celles produites jusqu’ici. Dans des conversations récentes à Pékin, entre l’émissaire américain Robert King et le responsable nord coréen Ri Kun, la partie nord coréenne a fait allusion à un changement d’attitude. Son but principal , dit-il est de recevoir l’aide alimentaire américaine à hauteur de 240 000 tonnes pendant un an de biscuits à forte teneur en protéines et des vitamines pour combler les carences alimentaires de sa population de 24 millions de personnes. Cette promesse de don, maintenant compromise par la mort du vieux Kim aurait pu être le premier résultat positif après des mois de diplomatie secrète entre les deux anciens ennemis.

Selon le Washington Post, “l’Administration Obama devrait se prononcer sur le dossier Nord Coréen cette semaine, sans doute dès lundi mais selon les autorités, la mort de Kim pourrait avoir retardé le processus. Déclaration faite sous couvert de l’anonymat étant donné la sensibilité de la situation. Les autorités ont dit que les Etats-Unis étaient particulièrement inquiets des changements susceptibles d’éclater après la mort de Kim dans les positions militaires de la Corée du Sud et du Nord, mais ils gardaient bon espoir que la situation reste stable. »

Les observateurs politiques restent persuadés que le régime de Pyongyang n’accordera pas les pleins pouvoirs au jeune chef inexpérimenté et surtout pas celui de détenir le code de déclenchement d’un conflit nucléaire. Ils espèrent aussi que le nouveau président ne mettra pas un terme à la politique d’ouverture initiée par son père. Cependant, selon les analystes, les ouvertures ne seront pas suffisantes. La Russie et la Chine, les meilleurs alliés de la Corée du Nord, sont des menaces pour les Etats-Unis et incitent Pyongyang à se mettre dans leur camp.

Anna Mahjar-Barducci 

Traduit de l'anglais par Nancy Verdier

Cette traduction est copiable et diffusable dans le respect en mettant le nom de la traductrice et du site "Puteaux-Libre" Nancy VERDIER

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Catherine Segurane 01/01/2012 15:36


Glaçant ...


 

Epicure 01/01/2012 14:52


Alors...Que Crève la Russie.....


En attendant les autres cinglés du Monde......


Les cinglés ont toujours perdu, depuis la nuit des temps....


Mais il va falloir faire autrement que sur la Ligne Maginot, hein!?