La "paix économique" israélo-palestinienne, menacée.

Publié le 8 Juillet 2012

Benjamin Netanyahu a réclamé l’aide du FMI pour l’autorité palestinienne au bord de la faillite. Le refus de l’institution internationale met à mal la stratégie de « paix économique » du premier ministre israélien. Cette démarche, qui a donc été rejetée, traduit la profonde inquiétude de l’Etat hébreu face aux menaces d’une nouvelle Intifada.

 

Le rêve d’une « paix économique » avec les Palestiniens caressé par Benjamin Netanyahu menace de s’écrouler. Signe des temps : le Premier ministre israélien a pris l’initiative sans précédent de demander un prêt d’un milliard de dollars au FMI au profit de l’Autorité palestinienne, qui se trouve pratiquement en état de cessation de paiements à la suite de la chute de l’aide internationale. Cette démarche, qui a été rejetée, traduit la profonde inquiétude de l’Etat hébreu face aux menaces d’une nouvelle Intifada.

Benjamin Netanyahu a réclamé l’aide du FMI pour l’autorité palestinienne au bord de la faillite. Le refus de l’institution internationale met à mal la stratégie de « paix économique » du premier ministre israélien.

La stratégie économique de Benjamin Nethanyahu

Benjamin Netanyahu espérait en effet que les habitants de Cisjordanie se contenteraient d’une élévation de leur niveau de vie et renonceraient à la violence pour obtenir des concessions politiques en vue de la création d’un Etat palestinien viable. Cette formule a marché tant bien que mal ces dernières années. Sur le terrain, l’armée israélienne a levé la plupart des centaines de barrages routiers établis en Cisjordanie pour favoriser les déplacement des biens et des personnes. L’Etat hébreu a permis le déploiement de milliers de policiers palestiniens dans les villes de Cisjordanie pour imposer l’ordre et la loi aux groupes armés palestiniens qui semaient le chaos et rassurer ainsi les investisseurs privés. Résultat : la Cisjordanie a connu une période de croissance qui a grimpé jusqu’à 9% par an. Mais cette prospérité est restée très fragile.

 

Crise financière en Palestine

Pour boucler son budget et régler la paye de plus de 150.000 fonctionnaires, l’Autorité palestinienne est totalement dépendante de l’aide internationale. Or les pays pétroliers du Golfe notamment rechignent de plus en plus à assurer ses fins de mois. Résultat : l’Autorité palestinienne traverse la pire crise financière de son existence depuis sa création en 1994 avec un taux d’endettement record auprès des banques locales, qui refusent désormais d’accorder la moindre ligne de crédit supplémentaire. Très conscient des risques de banqueroute, Benjamin Netanyahu a demandé à Stanley Fischer le gouverneur de la Banque d’Israël de jouer de ses relations auprès du FMI pour obtenir un prêt relais au profit de l’Autorité palestinienne en se portant garant pour le remboursement. Mais le FMI n’a pas voulu créer de précédent en octroyant un prêt à une entité non étatique telle que l’Autorité palestinienne.

Refus du FMI de mauvais augure

Pour Israël, ce refus est de mauvais augure. Depuis que les Palestiniens vivent sous un régime d’autonomie, l’Etat hébreu n’a plus eu à gérer et à financer les besoins de la population palestinienne pour l’éducation, la santé, l’entretien des routes, des réseaux électriques et de distribution d’eau. Si l’Autorité palestinienne est mise en faillite, l’Etat hébreu pourrait être contraint de reprendre en charge toutes ces dépenses, sans compter les menaces de reprise des violences politiques qu’une crise sociale ne manquerait pas d’attiser.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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