La perte de l'Algérie Française! CRIME OU FATALITÉ ? - par José CASTANO

Publié le 22 Juillet 2011

C'est une page de l'histoire de France que j'ai découverte tardivement. Une page qui me fait mal moi qui ait été élevé dans l'amour du général Charles de Gaulle, l'homme de la résistance, l'homme de la libération, celui qui nous rendit l'honneur.

C'est une page douloureuse dont je ne suis pas fier moi qui aime mon pays. Dans mon HLM de Chartres, il y avait une famille de pieds noirs. Comme on ignorait tout, Jean Claude le fils de la famille, fût intégré rapidement par les gosses que nous étions. Jamais il nous a parlé de ses souffrances. Sans doute que comme nous, il était trop jeune.

J'ai honte de cette France, de qu'elle a fait pour ces gens qui furent abandonnés à leurs destins et pour tous ces harkis qui furent descendus des bateaux sur ordre et abattus ou égorgés par le FLN. Ils s'était battus pour la France et ils furent abandonnés par elle. Il croyait au drapeau tricolore.

Oui c'est une page douloureuse dont je tente de m'échapper en disant qu'il y a sans doute eu, plusieurs général Charles de Gaulle! D'autant plus qu'aujourd'hui, les fils de harkis sont plus maltraiter que les immigrés qui crachent sur notre drapeau.

Gérard Brazon 

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Je suis née française, en Algérie, et je croyais que je mourrais française dans mon pays. Je me sens comme dépossédée. Les Pieds-Noirs seraient moins désespérés s’ils avaient senti en Métropole une chaleur, une solidarité. Mais ils se sont sentis abandonnés, méprisés et même insultés.

 (Francine Camus, épouse d’Albert Camus - 12 avril 1962, témoin à décharge au procès du Général Jouhaud)

 O mes amis Pieds-Noirs, ne pleurez plus la terre et le sol tant chéris qui vous ont rejetés ; laissez les vains regrets et les larmes amères ; ce pays n’a plus d’âme, vous l’avez emportée 

(Camille Bender – 1962)

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            49 ans après la fin du drame algérien, il ne reste plus aujourd’hui comme vestiges qu’un grand rêve, des souvenirs douloureux, des milliers de morts, des milliers de déracinés que l’on a, en 1962, dépossédés, humiliés, violés ; des ruines, une odeur de sang caillé, des plaintes étouffées qui se sont dissoutes au gré des ans dans le brasillement de la lumière, un reniement immense, et, sous le soleil d’Afrique, une déréliction de plaines rases rendues à l’abandon et le vent de la mer dans sa morne complainte sur les champs de blé calcinés. L’Océan démonté de l’Histoire est rentré dans ses rives ; il semble d’un coup apaisé. Quoique la surface de cet Océan paraisse désormais immobile après tant de remous, le mouvement de l’humanité continue aussi ininterrompu que celui du temps. La terre tourne, les planètes décrivent leurs orbes et les conflits continuent toujours d’occasionner leurs ravages. L’infini se meut, les Etats se surveillent hargneusement du haut de leur paix armée. A cette minute, des enfants naissent, des vieux agonisent, des hommes s’entre-tuent, des amoureux s’enlacent. La vie et la mort s’engendrent ; rien n’a changé depuis des millénaires et rien ne changera… jamais !

            Depuis des milliers d’années, les hommes à la surface du globe, ne cherchent en apparence qu’à se dominer ou à détruire et, cependant, de siècle en siècle, puis d’année en année, la force brutale a reculé devant l’idée. Le moyen âge, aveugle et sanguinaire, nous répugne ; l’holocauste dont furent victimes les Juifs et autres martyrs lors du dernier conflit mondial nous fait horreur ; le génocide des harkis et celui des disparus de la guerre d’Algérie nous révolte ; des temps naîtront pour qui notre époque apparaîtra barbare comme un autre moyen âge…

            Et cependant nous ne saurions nous retrancher derrière ce principe trop simpliste, trop commode de la fatalité ou du destin. Pour justifier les plus grandes catastrophes on invoque généralement la « fatalité »… Pour justifier les drames les plus atroces on invoque le « destin ».

            Pierre Emmanuel disait que « le génie est dans cette alchimie supérieure qui change les vices de nature en éléments d’une destinée ». Alors, à l’instar de Gustave Flaubert, on s’est écrié : « C’est la faute de la fatalité ! » Mais ce qui est paradoxal, c’est que destin et fatalité sont toujours représentés par des visages sinistres, indignes ou médiocres, comme ceux des fossoyeurs de l’Algérie française et ce sont ces visages là qui furent le destin de l’Algérie et de celui de milliers de malheureux.

Romain Rolland soutenait que « la fatalité c’est ce que nous voulons ». Celle-ci a été ce que la France par la voix de son Président d’alors et l’action de gens peu scrupuleux, a voulu qu’elle soit et elle aurait été tout autre si elle l’avait également désirée…

            Face à la barbarie de l’ennemi, il n’y avait pas lieu d’invoquer le « destin » ni le « vent de l’Histoire ». Il fallait tout simplement faire preuve de fermeté et Alexandre Soljenitsyne l’a bien traduit :

« On ne saurait accepter l’idée que le cours meurtrier de l’Histoire est irrémédiable, et que l’esprit confiant en lui-même ne peut influer sur la force la plus puissante du monde ! »

« L’expérience des dernières générations me convainc pleinement que, seule l’inflexibilité de l’esprit humain, fermement dressé sur le front mouvant des violences qui le menacent, et prêt au sacrifice et à la mort en proclamant : « Pas un pas de plus ! » Seule, cette inflexibilité de l’esprit assure la véritable défense de la paix de l’individu, la paix de tous et de toute l’humanité. »

            Et pour plus d’un million d’êtres humains, c’est le défaut de toute inflexibilité qui les a conduits à l’exode et à l’exil… Longtemps ils ont erré sur des routes en quête d’un avenir avec l’affreuse pensée du lendemain. Oui ! de quoi demain sera-t-il fait ? Le frisson de l’histoire leur traversait sans cesse les moelles… Des visions de deuil et de triomphe leur arrivaient du fond des siècles. Les cités illustres s’écroulaient au choc des catapultes. Cette clameur de rut et de bataille, cette poussière sinistre qui les environnait au quotidien, elle avait dû flotter sur Corinthe et sur Syracuse envahies… Et ils se murmuraient sans cesse le ver fatidique de l’Aède : « Un jour viendra où tombera Ilion la Sainte, et Priam, et son peuple invincible ! »

            Ils n’arrivaient pas à se détacher de leurs souvenirs… Comment donc effacer cette pellicule impalpable mêlant la cendre de tous les morts enfermés dans cette terre qu’ils avaient laissée, là bas, et cette retombée de poussière désertique ? Leur pays, celui des souvenirs, de leur enfance, des odeurs, du soleil, des couleurs avait cessé d’exister un jour de 1962 ; ils l’avaient enfoui en eux à tout jamais et aucun baume, si miraculeux fût-il, ne pouvait guérir leur regret. Et ils étaient seuls, face à l’échec, face au passé et à l’avenir, submergés par la peine et l’amertume, seuls au bord d’un gouffre, au bord du néant où finissent en fin de compte toutes les colères, les rêves et les révoltes des hommes… où se consument les noces stériles de l’amour et de la haine.

            C’était l’exode de ces enfants de pionniers qui n’en finissaient pas de parcourir l’hexagone en quête de travail et de logement et ces enfants-là, bouleversés par la guerre, ne s’arrêtaient jamais d’interroger le passé pour tenter d’entrevoir la raison de tant de malheurs immérités. Pourquoi cet acharnement du destin à leur infliger tant de détresse ? Pourtant, quand les vieux étaient venus s’installer en Algérie, dans ce désert de pierres brûlées par le soleil, il n’y avait rien, rien que la chanson du vent dans les touffes de broussailles et de palmiers nains. Et les vieux n’avaient rien pris à personne… Nul avant eux n’avait préparé leur venue sur ce sol vierge, nu, aride ou pestilentiel et où ils ne trouvèrent rien qui pût leur rappeler leur passé.

Après le grand arrachement qui les avait anéantis comme une sorte de mort, voici que peu à peu, très lentement, dans la sphère différente et inférieure où ils avaient été jetés ainsi que des épaves, ils essayaient de reprendre vie. La blessure du dépaysement demeurait cependant en eux aussi profonde, et le regret de toutes ces choses disparues aussi inapaisé. L’Algérie, maintenant, s’auréolait de plus en plus, dans leur mémoire, de couleur d’or, comme les Edens perdus et les souvenirs terribles des derniers jours écoulés remontaient de temps à autre comme de grosses bulles à la surface d’un étang.

Aujourd’hui, ils ne font que survivre loin de leurs paysages dorés qui ont émerveillé leur enfance. De cette terre douce et triste, tombeau de leurs aïeux et ni de leurs amours, un immense vide les sépare, fait de sable, de regrets, de mirages, de promesses et de serments révolus, ou s’irréalisent les oasis perdues de leurs souvenirs. Algérie qui leur a donné la vie et qui a pris leur cœur, rongée par le chagrin et la rancœur, que triste est ton sort aujourd’hui !

« Notre église, ce petit bijou, a été décapitée. Notre cimetière a été saccagé… Tous les cercueils ont été ouverts… J’aurais préféré être aveugle ! »... C’est un prêtre français qui parle…

« Si les Pieds-Noirs n’étaient pas partis en masse, l’Algérie ne serait peut-être pas dans l’état désastreux dans lequel elle se trouve… »… C’est la journaliste Malika Boussouf qui l’écrit…

            De ci, de là, les mousses recouvrant les murs joignent leur lèpre rouille à l’ombre des palmiers aux branches mutilées. Les grands arbres sous la lune, frissonnent de nostalgie et renouvellent chaque nuit leurs appels éplorés dans l’espoir que l’amour voudra bien y renaître. Et de leurs branches désolées, les lettres qu’on déchiffre avouent aux voyageurs que d’autres en ces lieux ont connu des bonheurs dont les traces ne sont point effacées. Le temps a pu faire son office, jouer au sacrificateur, il n’a pas eu le front de dévorer ces noms des heures familières. Pourtant à notre départ nous n’avons rien inscrit ; nous n’avons pas voulu que s’y fixent nos cœurs… nous n’avons pas trahi nos secrètes tendresses afin que reste bien à nous cette gerbe de fleurs qu’on respire à genoux parmi les souvenirs de toutes nos ivresses.

« Vous seuls m’enserrez, souvenirs adorés

   Vous seuls échappez aux fatigues du temps ».

 

 

 José CASTANO

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Claude Germain V 22/07/2011 19:32



MILLE MERCIS..



Francis CLAUDE 22/07/2011 18:59



L'algérie les pieds noirs les harkis, DeGaulle cette triste epoque de son régne , tout cela je pense qu'il faut tirer un trait dessus car comme de ressasser la période des collabos de la derniére
guerre ne sert pas a grand chose pas plus que de ressortir sur des articles ayant trait a nos compatriotes Juifs, l'etoile jaune .Il faut savoir que la guerre d'algérie fut pour la France un
drame et toutes les solutions pour la séparation de ces deux pays ne pouvait etre que mauvaises.La seule qui eut éte bonne eut été de trouver des hommes de bonnes volonté et chez les pieds noirs
et chez les arabes afin de crée un pays fait de ces deux populations main dans la main mais coté arabe le seul que j'ai pu apprécié pour sa sagesse fut l'émir abd el- Kadder mort bien avant cette
époque  du coté pieds noirs j'en ai connu beaucoup qui aurraient bien voulu trouver une solution entre eux avant que nous les métropolitains foutions la merde. Alors tous les massacres et
autres exactions barbares terrible et sanguinaires l'ont été beaucoup de notre faute nous les Français de métropole qui ne comprennions rien a rien sur les deux communautées vivant en
algérie. J'ai passé 18 mmois de ma vie militaire en algérie dans la region de Bougie et Sétif en petite Kabylie et j'affirme aujour'hui que les pieds noirs et les arabes vivaient dans une
relative bonne entente les uns ayant besoin des autres et inversement, mais plus le temp a passé et plus la haine c'est devellopée entre ces deux communautées jusqu"a en arrivé aux massacres que
nous avons connu.Et il est bien vrais que le  FLN n'etait fort que d'environ15.000 hommes (que nous avions militairement vaincus) mais une guerre mennées comme eux la fesait ne pouvait pas
etre comprise par les deux camps pieds noirs et arabes car il faut bien savoir que si le FLN a massacré bien des pieds noirs il a massacré encore plus je crois d'arabes algériens sans conpté les
Harkis ou nous avons la une grosse part de responsabillité.


tout cela pour aujourd'hui gardé nos forces pour nous préparer a la deuxiéme guerre d'algérie qui celle-cie ce déroulera sur notre sol et la vous verrez Français ce que sont capables les
islamistes et vous pleurerez vos enfants egorgés emasculéc vos femmes et vos filles viollées decoupées et autres bombes posées lachement dans les lieux publics fréquentés uniquement par les façes
de craie, oui c'est a cela qu'il faut vous attendre et vous péparer si vous laisser les musulmans (car il n'y a pas que les algériens qui sont musulmans sur notre sol)continuer a dictér leurs
lois sur notre belle France.


ceci est le fruit de ma réflexion aprés avoir passe plus de 40 ans de ma vie dans ces pays du magrheb et sub-sahéliens en recoupant tout ce que j'y ai appris et tout ce que je vois depuis deux
ans que je suis de retour dans ma chére France.


 



CARILLO 22/07/2011 18:23



Merci pour ces images d'archives; comme je me souviens de ce 5 juillet 1964 où nous partîmes mes parents et moi pour la France, sur le pont du bateau je voyais s'éloigner Oran, ma ville natale,
et je lui dis ADIEU. 



Claude Germain V 22/07/2011 17:43



Je veux rester humble et petit devant ce drame qui m'echappe ,seulement il y a quelques années ,je suis tombé sur un article qui disait que le plus scandaleux devant le probléme algeriens était
le fait que le nombre des  gens du FLN ne devait etre en réalité que de 10000 à 15000 personne et que faits plus graves leurs dirigeants venaient en majorité des écoles d'officiers et de
sous officiers en France .Ce qui personnellement me parait donc scandaleux.


J'étais jeune et a Biarritz mon coiffeur etait un Français pied-noir d'Oran ,un jour il me dit ,tu sais petit si la France avait vraiment voulu ...le probléme était tres rapidement réglé .Et l'on
retait là bas .Parait 'il également que pour raison politique exterieure les USA aidaient le FLN en fournissant des armes ???est ce vrai que tout cela .Si quelqu'un peut parler du sujet ,je ne
mourrais pas idiot. Merci