La République française doit condamner la « paternité anti-sioniste » du général de Gaulle, par Arnold Lagémi.

Publié le 21 Décembre 2012

C’est le général de Gaulle qui, après la « Guerre des Six Jours », a été le premier Chef d’Etat du « monde libre » à mettre en doute le droit des Juifs à « rentrer chez eux ».

 

Par Europe-israël

Une attitude et des propos qui laissaient sous entendre de manière explicite, que les Juifs avaient "volé" la terre aux Arabes.» "On pouvait se demander et on se demandait même chez beaucoup de Juifs si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et, au milieu de peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles n’allait pas entraîner d’innombrables, d’interminables frictions et conflits. 

 Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois qu’ils seraient rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix neuf siècles : l’an prochain à Jérusalem."

Cette sérieuse réserve, émise par « l’homme du 18 Juin » qui restait encore en 1967, « celui qui maintint l’honneur de la France comme un invincible songe », inaugura un processus de délégitimation de la souveraineté juive sur la terre d’Israël et accusa la rupture dans le vaste consensus pro israélien qui s’était installé en Europe depuis la création de l’Etat Juif.

Cette expression de délégitimation de la souveraineté juive s’est produite après l’avertissement du général donné à Abba Eban, Ministre israélien des Affaires Etrangères et, selon lequel, le pays qui déclenchera les hostilités sera désapprouvé par la France. Toutefois, lors de sa « fameuse » conférence de presse, le général de Gaulle se contentera d’évoquer l’initiative militaire, mais changera de registre en analysant, de façon négative, les fondements du sionisme.

Aussi, la mise en garde à Abba Eban est peu convaincante. Elle apparaît comme un prétexte et laisse à penser que la condamnation du sionisme eût été différée, si Israël n’avait pas désobéi à l’injonction gaullienne. Dans la mesure où Israël devient « rebelle » plus aucune raison ne s’oppose à désavouer le sionisme ! Ce n’est pas le pays qui a ouvert le conflit qui est condamné, c’est le Retour des Juifs sur leur terre qui se dévoile comme étant « plus ou moins justifiable »

Cette condamnation du sionisme accompagnée d’une définition révélatrice de l’identité juive plutôt équivoque conduira Raymond Aron à affirmerLe général de gaulle a sciemment, volontairement, ouvert une nouvelle période de l’histoire juive et peut être de l’antisémitisme. Tout redevient possible, tout recommence. Pas question, certes, de persécutions, seulement de la malveillance. Pas le temps du mépris : le temps du soupçon." (de Gaulle, Israël et les Juifs, Plon 1968).

Aucun Président, depuis Charles de Gaulle n’a désavoué, à ce jour, le point de vue du général qui reste donc, jusqu’à preuve du contraire, l’opinion de la France.

La crédibilité de la France impose cependant, à ceux qui sont en charge de la politique moyen orientale de la France, de comprendre qu’en l’absence de désaveu du point de vue gaullien sur la légitimité du sionisme, l’amitié proclamée envers Israël ne bénéficiera que d’un crédit très limité !

Source : Arnold Lagémi

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Epicure 21/12/2012 17:32


Encore une fois écrit vite sans lecture ni relecture....


marri et non mari...!


et puis tant pis pour le reste des fautes de frappe et d'orthographe....


"Le lecteur aura corrigé de lui-même"...


Merci

Epicure 21/12/2012 16:59


Charles de Gaulle, bourgeois catholique Maurassien et Barrèssien, de surcrpît militaire de carrière, est élevé dans les heures de l'anti-Dreyfusisme et ne saurait être exempt de l'antijudaïsme
ambiant (sauf à faire comme le Grand Péguy, un effort de conscience qu'il  n'a pas fait....C'est aussi un Militaire en Mission en Syrie-Liban entre les deux Guerres où il Contre laz Perfide
Albion et les "Juifs sionistes qui intriguent".....


On imagine lasuite.
A Londres, il voit affluer la Synagogue en masse mais pas les Cathédrales comme il le déclarera lui-même sans doute bien mari...


La France depuis François Ier Louis 14 et toute la suite ...va comploter avec le Turc (sauf à Alger...) contre l'Empire britannique qui promet la Déclaration Balfour en 1917,...alors que les
Français espèrent encore ne pas trop perdre la guerre...


On comprend le dépit gaulliens face à l'échec global et la défaiote récente et peu glorieuse en Algérie...(Certes Bigeard et Massu ont peut-être gagné, mais à quel prix moral et humain mais sans
résultat tangible ensuite...)


Il n'y a rien à attendre ni de l'opinion publique ni des politiciens pour Israël et les Juifs....L'essentiel sera : comment, par quels moyens, économiques, scientifiques (nouvelle invention style
Bombe Nucléaire (Rosnegerg a inventé la bombe à neutrons...on ne s'en est pas servi mais dans un "désespoir Varsovien", Israël, j'espère, n'hésitera pas à gagner avec...?! ne pas perdre la main
pour avoir les moyens de se battre malgré les blocus et les embargos....


Sinon, une autre fois, l'Occident aura assassiné les Juifs...et sera alors, condamné et détruit car  indéfendable...et indéfendu... face à l'Asie unie à l'Afrique ....


Voilà une "fin du monde" européen, en tout cas, bien plus plausible que celle du 21 courant....