La rigueur, mauvaise recette. Alors, quelle autre issue?

Publié le 1 Mars 2013

Jean-Michel Aphatie

Surprisitude! Le résultat des élections législatives italiennes montre que la politique de rigueur financière adoptée par plusieurs gouvernements européens est rejetée par les peuples. Comment cela se faisse? Explications.



La rigueur, ça ne marche pas. Ben non. Pourquoi? Parce que ça n'est pas fait pour marcher. Simple, non?

1/ Pourquoi les gouvernements choisissent-ils la rigueur? Parce qu'ils n'ont pas le choix. Les États ont tellement dépensé à tort à travers, en Italie, en Espagne, en Grèce, au Portugal, en France, et pendant des décennies, qu'à un moment, notamment sous la pression des prêteurs qui ne veulent plus prêter, ces États doivent serrer la dépense et augmenter les impôts.

2/ Si vous dépensez moins et si vous prélevez plus, fatalement, l'activité économique se rétracte, le chômage augmente et les comptes publics que vous voulez assainir peuvent se dégrader. Voilà pourquoi, généralement, la rigueur ça ne marche pas.

3/ Les États européens peuvent-ils faire autre chose que de la rigueur qui ne marche pas? La réponse est claire: non. L'Espagne, par exemple, a tellement menti pendant des années, bulle immobilière scandaleuse, corruption et gaspillage, qu'elle est obligée désormais de réduire des dépenses publiques qui n'ont été que de la gabegie. L'Italie et la France, sœurs jumelles, ont tellement tardé à réguler leurs comptes publics, ont tellement arrosé le sable de dépenses improductives, qu'elles sont obligées l'une et l'autre de contracter leurs budgets publics, et donc de gérer la récession que cela provoque. Le problème, ce n'est pas la rigueur, mais le laisser aller criminel de gouvernements successifs. 

4/ A ce propos, cette interview trop peu repérée d’Édouard Balladur, Figaro du 22 février qui dit "qu'en dix années de pouvoir, la droite française (...) a été indifférente aux déficits."

5/ Pourquoi dire que les États ne peuvent pas faire autre chose qu'une politique de rigueur qui ne marche pas? Parce que l'inverse de la politique de rigueur, c'est la politique de poursuite des dépenses. Et cela est impossible parce que nous n'avons pas l'argent pour le faire. Cet argent, ce sont les prêteurs qui l'ont, et ils ne veulent plus prêter aux États qui continuent de dépenser à fonds perdus.

6/ Une solution existe, c'est vrai: faire marcher la planche à billets, fabriquer l'argent que nous n'avons pas et que l'on ne veut plus nous prêter les yeux fermés. La proposition a deux inconvénients. Le premier est formel. Les pays européens concernés ont perdu leur souveraineté monétaire depuis la création de l'euro.  Deuxième inconvénient plus fondamental. Fabriquer de la monnaie revient à s'injecter une drogue dure en intraveineuse. L'effet euphorisant des premiers temps s'efface derrière la douleur de la création de  monnaie sans lien avec la création de valeur économique. Il s'ensuit une inflation féroce qui ruine épargnants et retraités et provoque une crise violente avec un effet retard qui en accroit la douleur. La planche à billets est la pire des réponses à apporter, sauf à l'accompagner d'une fermeture stricte des frontières.

7/ L'avenir de l'Europe peut-il être dans l'imitation de la Corée du Nord? Je ramasse les copies dans une heure.

8/ Autre piste possible: dire aux prêteurs qu'ils aillent se faire voir, s’asseoir sur la dette, dénoncer le capitalisme qui nous ruine et nous affame. Pourquoi pas... Ce serait un peu équivalent du saut dans l'espace de Félix Baumgartner, mais sans oxygène. Uniquement pour amateurs de sensation forte.

9/ Autre variante: la sortie de l'euro. Bonne idée. Aussi sec, la dette libellée en euro se trouve multipliée par 6. Voir point précédent. En plus, les marchés ajusteront le nouveau franc au ras des pâquerettes en regard de la désindustrialisation, du chômage et du caractère désormais chronique de nos déficits sociaux. Quitter l'euro aujourd'hui, c'est la garantie d'être tous ruinés demain.

10/ Conclusion: la rigueur, ça ne marche pas, et on ne sait pas quoi faire à la place. Ce genre d'impasse porte un nom: l'Histoire, ou signale un phénomène: la fabrication d'une crise dont nous ne soupçonnons ni la violence ni les formes...


NB: pas de nouveaux billets sur ce blog avant le 11 mars

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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aziliz 02/03/2013 09:29


J'ai oublié : 1/ plus d'allocs pour les étrangers 2/ plus de retraites pour les étrangers de 65 ans n'ayant jamais cotisés 3/ plus de SS pour les étrangers illégaux 4/ suppression de la
nationalité française pour les déliquants et retour au pays d'orignine 5/ puisque nous ne serions plus UE, économie de l'argent payé à ce monstre dénaturant de notre identité etc.


Je suis sur le fond d'accord avec Epicure, les français Bobos et ceux encore en sommeil, ne réagiront que quand il n'y aura plus rien dans leur fridge et plus de carburant pour leur toto mais ne
faut-il pas quand même espérer et se battre chaque jour un peu plus ?

Epicure 01/03/2013 22:40


Pivoine a raison: la dette est déjà payée depuis longtemps aux Investisssuers Massifs Premiers. Ils sont payés en Cinq ans maximum et la dette financiarisée court elle encore 10 ans et plus en
spoliant les derniers venus à la Bourse qui s'efffondre. Si nous ne remboursons pas les banquiers ne sentiront pratiquement rien et les Epargnants seront ruinés. De toutes façons ils seront
euthanasiés par Banques à plus nlong terme si on continue de payer la dette impayable...


Choisir entre peste et choléra, voilà notre destin.


Cesser tout paiement et vivre en autarcie et déboulonner le SYSTEME pour créer enfin un semblant de démocratie comme l'Islande est LA solution mais il  faut que les Français ne bouffent que
ce qu'ils produiront à la main......


Les Français veulent même mourir à la guerre, mais pas de faim....


Je les vois donc mal partis: ruinés ET affamés et sans système politique digne.


Sombres perspectives en effet.


les solutions financières de aziliz sont dérisoires il ne se rend pas compte qu'il évoque des centaines de millions alors que nous devons des centianes de Milliards!

aziliz 01/03/2013 21:00


D'accord avec Dorothée. 1/ Dissolution de toutes les assos droit de l'hommiste leucophobe (anti-blancs), 2/ le CESE 3/ Arrêt immédiat de toutes subventions à la Presse. 4/ Arrêt immédiat de
toutes subventions aux syndicats 5/ Dissolution de tous les comités Théodule. 6/ Réduction des députés et sénateurs (1 à 2 par département) 7/ Réduction au 2/3 du personnel des 2 assemblées. 8/
Amaigrissement drastique du Mammouth E.N. 9/ Départ dare-dare de l'UE et abandon de l'Euro. 10/ Refus de payer la dette. Qui d'autres a des idées ??


 

Dorothee13 01/03/2013 20:36


Que je sache, l'Island est bien sortie de l'euro, taux de chômage dérisoire, pourquoi chez les autres celà marche et chez nous non. Et quand aux économies, que l'on commence par diminuer les
subventions d'associations "bidons" SOS RACISME, que l'on supprime tous les avantages fiscaux et autres des sénateurs et députés, que l'on divise minimum par 2 le nombre de députés et sénateurs,
que l'on restructure les collectivités et autres. La liste serait longue et pas besoin de sortir de HEC. Mais là on touche aux privilèges de l'ensemble des politichiens, et quand à Bruxelles
alors là directement le caterpillar !

Epicure 01/03/2013 18:48


la solution que les peuples et les riches vont devoir adopter nolens volens c'est le RATIONNEMENT.


Les industriels et les investisseurs aussi. Les banques, de n'être pas remboursées comme un vulgaire bsitrotier ou épicier à qui il ne rest qu'à effacer  toutes les ardoises de mr mme truc
et machin et vendre ses ardoises encore utiles aux gamins qui doivent encore apprendre à lire pour reconnaître les tickets de rationnements sur les feuilles distribuées par les Kommandanturen des
quartiers quand on les neverra acheter du pain et des topinambours.


Voilà la solution que je tiens à  votre disposition liobre et choisie avant qu'on ne vous l'envoie dans la gueule à coups de Schlague.


Avec mon Programme, je me présente aux prochaines élections qu suffrage universel sacré et béni des démocraties.


Bonne et heureuse année.


 


 

Pivoine 01/03/2013 15:25


Autre variante : la sortie de l'euro. Bonne idée. Aussi sec, la dette libellée en euro se trouve multipliée par 6.


Et si on refusait de la payer ? Après tout, les financiers empruntent eux-mêmes cet argent à la banque européenne, qu'ils prêtent aux Etats avec intérêts. Et quand on sait que nous versons chaque
année 50 milliards d'intérêts à ces financiers... Ils ont eu tout le temps de s'engraisser !


En plus, les marchés ajusteront le nouveau franc au ras des pâquerettes en regard de la désindustrialisation, du chômage et du caractère désormais chronique de
nos déficits sociaux.


Et si on réindustrialisait ? Cela doit pouvoir être possible de repartir de zéro, non ? Bien sûr, tout cela prendrait quelques années, mais avec de la volonté, on devrait pouvoir y arriver, à
moins que... une guerre règle le problème.