La Russie et le Coran: il y a de l'eau dans le gaz...

Publié le 23 Septembre 2013

Petite revue de presse par l'excellent Roger Heurtebise

 

Une affaire qui fait peu de bruit en France

Des troubles pourraient éclater dans la communauté musulmane de Russie faute d'une invalidation du verdict ordonnant la destruction d'une traduction du coran prononcée par la justice, a averti vendredi le Conseil des muftis de la Fédération.
 
  
L'interdiction et l'ordre de destruction de cette version très lue ont été prononcés mardi par un tribunal de Novorossik en vertu d'une législation contre les dérives extrémistes.
  

Cette version du Coran en russe a été interdite au même titre que Mein Kampf, des écrits de Goebbels, etc. Le jugement pourrait faire jurisprudence dans toute la Russie, mais le traducteur a fait appel de la décision de justice.

« Des troubles pourraient éclater dans la communauté musulmane de Russie et dans le monde entier faute d’une invalidation du verdict ordonnant la destruction du coran prononcée par la justice », a averti vendredi le Conseil des muftis de la Fédération.

Mardi dernier, indique une dépêche de Reuters, un tribunal de Novorossiysk, une ville située au sud de la Russie, a déclaré illégal une version du coran (la plus vendue) qui contrevient à la loi contre l’extrémisme.

Les organisations de défense des Droits de l’homme ont indiqué que la décision, qui doit s’appliquer dans l’ensemble du pays, et si elle est confirmée en appel, est très proche d’aboutir à une interdiction totale du coran lui-même.

Le conseil des muftis de Russie a sonné l’alarme, dans une lettre ouverte envoyée ce vendredi 20 septembre au président Vladimir Poutine, et l’a mis en garde que si la décision de justice était confirmée, des tensions ethniques pourraient « déchirer la Russie ».

(Toujours les mêmes pleureuses et les mêmes menaces de destructions.ndlr Gérard Brazon)

« Les musulmans russes sont très fortement indignés d’une décision aussi outrancière » a déclaré Rushan Abbyasov, le chef du conseil musulman, qui entretient des liens privilégiés avec le Kremlin, explique Reuters.

« Si la décision de justice est mise en œuvre », a menacé le leader religieux, « il y aura des troubles, non seulement en Russie, mais dans le monde entier, car il est question de la destruction du coran ».

Dans sa lettre adressée à Poutine, le conseil a fait un parallèle avec les violences qui ont éclaté au Moyen Orient et en Afghanistan après le geste d’un pasteur américain, Terry Jones, qui a menacé de brûler le coran le 11 septembre 2010.

JPG : Le conseil n’a pas, en revanche, fait un parallèle entre le manque de réaction au Moyen Orient et en Afghanistan après que des sunnites ont fait exploser des mosquées shiite, et inversement, brûlants ainsi des centaines de coran.

Un avocat représentant l’auteur du coran concerné par l’interdiction, le théologien Elmir Kuliyev, a déclaré qu’il allait faire appel de la décision de justice, qui a frappé le coran d’interdiction et a exigé que toutes les copies soient saisies et détruites.

« C’est une pure idiotie. Des groupes ont envoyé un coran au tribunal local, et ils ont décidé d’interdire le livre saint » a déclaré à Reuters Murat Musayev, l’avocat, qui dispose d’un mois pour faire appel.

« D’un coté, ils annoncent la liberté de religion en Russie, et de l’autre, ils interdisent les textes fondamentaux » dit l’avocat.

« Ils sont à deux doigts d’interdire le coran », a déclaré Akhmed Yarlikapov, un expert de l’islam à l’académie des sciences de Russie, ajoutant : « vous pourriez interdire également la Bible, car elle a des passages qui parlent de répandre le sang ».

JPG : la bible a des passages historiques qui parlent de sang répandu, tandis que le coran a des passages qui donnent l’ordre actuel au musulman de le répandre, afin d’être un bon musulman.

Poutine, qui a remporté son bras de fer contre Obama et s’est assurée le leadership au Moyen-Orient, ne devrait pas mettre en danger ces acquis géostratégiques, et il y a fort à parier qu’il donnera l’ordre d’inverser la décision de justice.

D’autant que s’il a vanté les hauts mérites de l’église orthodoxe russe comme « guide de la Russie », il a également souhaité l’harmonie dans la Russie multiculturelle, et mis en garde contre les risques de conflits religieux avec sa minorité musulmane, estimée à 15% de la population totale. Le gouvernement russe est en guerre contre l’insurrection au nord du Caucase, envenimée par les séparatistes musulmans thchétchènes, et les frictions avec la minorité musulmane sont présentes un peu partout en Russie.

La loi contre l’extrémisme a été promulguée en 2002, avec pour objectif de mater les menaces extrémistes, et plus de 2 000 textes et publications ont été placés sur la liste noire du ministère de l’intérieur et interdits. On y trouve notamment la propagande de Joseph Goebbels, le Mein Kampf d’Hitler, les livres du thélogien turc Said Nursi, un autre écrit de Kuliyev, dont le coran est visé par cette décision de justice, la collection des hadith du prophète Muhammad, et les textes de base des témoins de Jéhovah.

Selon la loi, sitôt qu’un tribunal juge un texte extrémiste, il est automatiquement ajouté à la liste noire dans l’ensemble du pays. « La loi sur l’extrémisme fonctionne comme un mécanisme impossible à arrêter dès qu’un tribunal a interdit un texte » déclarait Geraldine Fagan, une spécialiste et auteur d’un livre sur les règles religieuses en Russie. « Cette affaire est gigantesque. Elle pourrait tout bouleverser et déclencher une tendance générale, bien que j’en serai très surprise », ajoutait Fagan, qui conclut en disant :

 « il ne semble pas y avoir la moindre volonté politique d’empêcher cela d’arriver, malgré des critiques au plus hauts sommets de l’Etat »

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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christophe 24/09/2013 13:20


Madame Marie-Claire Muller


Je n'ai rien contre la publication de mes textes par les autres bloggers. Simplement, soyez aimables de citer la source :


http://reveil-et-vous.fr/article-de-quoi-obtenir-le-prix-nobel-de-la-paix.html


Cordialement, Christophe


 

Marie-claire Muller 23/09/2013 18:33


Lettre historique de Vladimir Poutine !


Classé dans : Uncategorized —
francaisdefrance @ 17:01



De quoi obtenir le prix Nobel de la paix !



Publié le 21 septembre
2013 par Christophe dans Revue de presse.







La lettre de Vladimir Poutine adressée à l’opinion américaine restera dans l’histoire comme un coup de maître tant sur le plan diplomatique que géostratégique ou encore humanitaire.


Le président russe vient en effet de faire échouer l’agenda géopolitique de l’Occident américano-centré visant à détruire la Syrie d’Assad. La proposition russe a contribué à sauver la
paix et la stabilité dans la région, elle l’a fait au prix de mettre devant ses contradictions un Occident qui s’est finalement piégé tout seul en mettant volontairement en péril le droit
international et donc sa légitimité. En quelques semaines, il est intéressant de voir comment l’image de la Russie à évolué. De dictature froide cautionnant les massacres du Tyran syrien
et refusant d’aider le bienfaiteur Snowden, la Russie apparaît désormais de nouveau comme le pays aidant les faibles et les pays agressés, son président médiatiquement détesté devenant
même un potentiel candidat pour recevoir le prix Nobel de la paix, comme Gorbatchev en son temps.



Lettre de Vladimir Poutine à la presse Américaine



Moscou


Les récents événements autour de la Syrie m’ont incité à parler directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important d’agir ainsi à une époque où la
communication entre nos sociétés est déficiente.


Nos relations sont passées par plusieurs étapes. Nous nous confrontions pendant la guerre froide. Mais nous avion été alliés pour nous défendre ensemble contre les nazis. L’organisation
universelle des Nations Unies a alors été fondée pour éviter qu’une telle dévastation surgisse à nouveau.


Les fondateurs de l’ONU comprirent que les décisions sur la guerre et la paix devaient être prises par consensus uniquement et le veto des membres permanents du Conseil de Sécurité fut
introduit avec l’accord des Américains dans la Charte des Nations Unies. Cette grande sagesse a permis de stabiliser les relations internationales pendant des dizaines d’années.


Personne ne souhaite que les Nations Unies subissent le destin de la SDN qui s’effondra faute d’un réel soutien. C’est possible si des pays influents court-circuitent les Nations Unie et
entreprennent des actions militaires sans l’autorisation du Conseil de Sécurité.


La frappe éventuelle des Etats-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et de personnalités politiques et religieuses de premier plan, y compris le Pape, aura
pour résultat d’accroître le nombre de victimes innocentes et une escalade qui peut étendre le conflit bien au-delà des frontières syriennes. Une telle frappe augmenterait la violence et
déchaînerait une nouvelle vague de terrorisme. Cela peut détruire les efforts multilatéraux pour résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israëlo-palestinien et déstabiliser
un peu plus le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Cela pourrait déséquilibrer le système entier du droit et de l’ordre international.


On n’assiste pas en Syrie à une bataille pour ou contre la démocratie mais à une guerre civile entre le gouvernement et l’opposition dans un pays multi-religieux. Il y a peu de militants
de la démocratie en Syrie. Mais il y a pléthore de combattants d’Al Qaida et d’extrémistes de tout poil combattant le gouvernement. Le département d’Etat américain lui-même a désigné le
Front Al Nusra et l’Etat islamique en Irak et au Levant comme des organisations terroristes. La guerre civile, alimentée par les armes étrangères livrées à l’opposition, est une des plus
sanglantes au monde.


Les mercenaires des pays arabes qui combattent là et les centaines de djihadistes qui viennent des pays occidentaux, et même de Russie, sont une vraie préoccupation pour nous. Ne
risquent-ils pas de revenir dans nos pays avec l’expérience acquise en Syrie ? Après tout, des extrémistes sont bien partis au Mali après avoir combattue en Libye. C’est une menace
pour nous tous.


Dès le début, la Russie a poussé au dialogue pacifique pour permettre aux Syriens d’établir un plan de compromis pour leur propre avenir. Nous ne sommes pas en train de protéger le
gouvernement syrien mais le droit international. Nous avons besoin d’utiliser le Conseil de Sécurité des Nations Unies et nous croyons que préserver la loi et l’ordre dans notre actuel
monde complexe et turbulent est un des rares moyens d’empêcher les relations internationales de tomber dans le chaos. La loi est la loi et nous devons la suivre, qu’elle nous plaise ou
non. Selon la loi internationale en vigueur, la force n’est autorisée qu’en cas d’auto-défense ou par décision du Conseil de Sécurité. Toute autre chose n’est pas autorisée par la Charte
des Nations Unies et constituerait un acte d’agression.


Personne ne doute qu’on ait utilisé des gaz empoisonnés en Syrie. Mais on a toutes les raisons de croire qu’ils n’ont pas été utilisés par l’Armée syrienne mais par les forces de
l’opposition, pour provoquer l’intervention de leurs puissants parrains étrangers, qui seraient du même côté que les fondamentalistes. Les sources selon lesquelles des djihadistes
prépareraient une autre attaque, cette fois contre Israël, ne peuvent être ignorées.


C’est inquiétant que l’intervention militaire dans les conflits intérieurs des pays étrangers soit devenue une banalité pour les Etats-Unis. Est-ce l’intérêt à long terme de
l’Amérique ? J’en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de moins en moins l’Amérique comme un modèle de démocratie mais comme un Etat qui ne croit que dans la force
brute, fabriquant des coalitions sous le slogan « vous êtes avec nous ou contre nous ».


Mais la force a montré qu’elle est vaine et inefficace. L’Afghanistan est laissé à lui-même et personne ne sait ce qui va se passer lors du retrait des forces internationales. La Libye
est divisée entre ses tribus et ses clans. En Iraq, la guerre civile continue avec des douzaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, beaucoup établissent une analogie entre l’Irak et la
Syrie et se demandent pourquoi leur gouvernement voudrait répéter les erreurs du passé.


Quels que soient les objectifs et la sophistication des armes, on n’évitera pas les victimes civiles, y compris les vieillards et les enfants, que les frappes sont censées protéger.


Le monde réagit en se posant la question : si vous ne pouvez pas compter sur le droit international, il faut trouver d’autres moyens d’assurer sa propre sécurité. Ainsi, de plus en
plus de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. C’est logique : si vous avez la bombe atomique, personne ne vous attaquera. Il nous reste à faire des discours sur
la nécessité de la non-prolifération quand en réalité, elle est grignotée.


Nous devons donc arrêter d’utiliser le langage de la force et revenir sur le chemin du règlement des problèmes de façon civilisée, diplomatique et politique.


Une nouvelle chance d&




Marie-claire Muller 23/09/2013 16:32


Vladimir Poutine est quelqu'un qui en a....!!!! comparé à tous ces lâches qui nous imposent cette idéologie mortifére!Marine qui en a aussi ne s'y est pas trompée!SOUTENONS LE;  IL LE
MERITE!!!!!!!!!!!!!!