La télévision au service de la bien pensance? Méfiez-vous des discours... par Gérard Brazon

Publié le 16 Août 2011


GérardL’avantage ou le désavantage, lorsque l’on va dans la famille ou chez des amis, c’est que vous « subissez » le programme de ceux-ci. Normal vous êtes chez eux me direz-vous! Cela dit, tout ce négocie dans les projets de balades ou autres activités.

Quand je parle de programmes, c’est ceux de la télévision. Je regarde en général assez peu la télévision ou plutôt… je choisis mon programme télévision.  Toujours en soirée, jamais en journée. Ce n’est pas une règle, c’est une habitude. La télévision c’est en soirée pour passer un bon moment en famille ou en solitaire, mais jamais en continu. Alors, quand dès le matin avec le café et les tartines, vous avez en plus la télévision, vous faîtes un sourire un peu jaune.  Là, on vous demande gentiment si vous avez bien dormi. Comment dire que ce n’est pas le sommeil qui vous a manqué, mais le programme qui défile devant vos yeux qui est en trop. Tout celà sans vexer la grand-mère ou l’oncle ou que sais-je encore.

Vous tentez de repérer ou se trouve la télécommande, puis d’un geste rapide autant que furtif, vous la subtilisez. Vous avez une furieuse envie de l’éteindre tout de suite cette télé du matin mais… vous n’êtes pas chez vous ! Cela ne se fait pas ! Il arrive souvent qu’en plus, la grand-mère est sourde et qu’elle aime bien le bruit de fond. C’est une compagnie. Allez-vous lui supprimer cette compagnie ? Ben oui… mais en douceur.  Je ne suis pas un chien tout de même !

Je commence par baisser le son. Puis, je parle plus fort pour lui demander ce qu’elle fait dans la cuisine pour ce midi (après le petit déjeuner, il y a le déjeuner!). Au moment de sa réponse, je coupe sous prétexte que je ne l’entends pas bien. Bon je sais, c’est vache mais quel soulagement de ne plus voir ces compagnons du matin avec leur sourire niaiseux, leur blagues à deux balles qu’ils balancent devant un public absent la plupart du temps. Sauf moi ce matin là où, véritablement ce n’était pas le moment. Dans sa réponse sur ce que l’on allait manger le midi,  ma belle-mère n’a rien entendu du silence de son compagnon télévisuel. Je lui ai cloué le bec à celui-là et j’en suis ravi. "Déjeuner en paix" ! Réflexion de vieux con ? J’assume !  

A peine avalé mon café, je tombe sur la revue télé. Je suis incapable de laisser mes yeux tranquilles ! Dès qu’il y a un truc à lire pas loin, je tombe dessus.  Parfois, c’est du n’importe quoi.  Ce jour là, c’était du grand n’importe quoi !

Un programme qui me fait bondir à la page "projet de téléfilm" pour la fin de l’année 2011 ou début 2012. Un film en tournage sur la vie de Toussaint Louverture en Haïti. Le journaliste était d’une platitude, d’une bien pensance que je ne pouvais pas imaginer. Je savais que les programmes de télés n’étaient pas des livres d’histoires mais là, c’était à pleurer de rage.

Ah, la France de 1791 ! Proche de la révolution certes, mais rien à voir avec Haïti et la grandeur de Toussaint Louverture. Les haïtiens se révoltent, ils en ont assez de l’esclavage et je les comprends. Mais était-ce nécessaire de faire un discours aussi négatif, si actuel, si politiquement correct, si anti académique, si bobos sur les salauds de blancs comme l’a fait la productrice?

Tous les Historiens et ceux qui aiment l’Histoire pour ce qu’elle est, ne jugent jamais des comportements, des attitudes, des actes avec le regard et les connaissances de leurs époques. Il faut toujours tenir compte du contexte et des mentalités de l’époque étudiée.

Nos bien pensants traversent les âges et jugent des femmes et des hommes avec un regard du 21 ième siècles. Grave erreur ! Ou plutôt, profonde manipulation des esprits.  Qu’importe cette aberration pour ces donneurs de leçons.

Qu’en est-il d’après eux en Haïti en 1791? Des blancs qui, devant cette révolte des noirs contre leur condition d’esclave, allaient se comporter comme de véritables tortionnaires, des bourreaux et qui défilèrent avec des têtes noirs coupées, plantaient sur des pics, pour défendre leurs privilèges. Les mêmes scènes que les révolutionnaires de 1789-1793 dans les rue de Paris avec les têtes des aristocrates !

Est-ce la vérité historique à Haïti ? Est-ce que des blancs coupèrent des têtes noires pour les planter sur des pics et défiler dans les rues? Ma foi, je n’en sais rien. Mais il me semble que l’on est dans l’ordre de la symbolique. Dans une inversion de l’image. Ce seraient donc des aristos, des bourgeois, des colons, des esclavagistes contre révolutionnaire qui se seraient comporté en révolutionnaires de 1793! D’autant plus, qu’ils étaient ultra minoritaires,  j’ai quand même quelques doutes sur cette vision de la révolution noire en Haïti. Il va falloir que je creuse cette période!

Quand je songe que cela va passer sur nos télévisions en fin d’année ou juste avant les élections présidentielles, cela  sera du plus grand effet ! Sans doute pour favoriser la diversité et la mixité des nouveaux citoyens Français.  Plus sûrement pour culpabiliser encore un peu plus ces salauds de blancs racistes.

Ce téléfilm est tourné en Martinique. Il paraît que les Martiniquais apprécient le tournage. Mais la productrice, martiniquaise elle-même, (est-ce un hasard ?) est étonnée du mépris que portent les Martiniquais envers les haïtiens. Elle en conclue qu’il y a encore du boulot. Ce faisant, elle avoue le but premier qui est la lutte anti raciste ! Pas celle contre les blancs bien sûr. Il ne faudrait tout de même pas rêver !  D’abord, s’occuper des blancs, bien les culpabiliser et puis on verra comment faire pour lutter, "un de ces jours", contre le racisme des noirs envers les blancs, envers les arabes et… envers d’autres noirs. Je sais que sur ce blog, il y a des lecteurs qui connaissent bien l’Afrique. Ils vont comprendre tout de suite ce à quoi je pense.

Pour avoir fréquenté le milieu antillais et africains, je ne crains pas d’enfoncer une porte ouverte en disant qu’il n’y a pas pire raciste que certains africains vis-à-vis des antillais. Combien d’antillais se sont fait traiter de Bounty, (Noir dehors, Blanc dedans), du méprisant  fils d’esclave,(alors que c’est leurs ancêtres qui les ont vendu aux négriers blancs) ! Fils d’esclaves par rapport à eux qui se seraient décolonisés. Comme s’ils avaient combattu pour se libérer.

J’ai entendu des discours qu’un blanc n’aurait jamais émis. J’ai vu des noirs insulter des femmes noires parce qu’elles sortaient avec des blancs. Mais tout cela, la productrice de télé n’en parlera jamais. Ce n’est pas politiquement correct.

Je n’arrive toujours pas à comprendre que des antillais ne puissent pas parler de leur culture sans faire référence à l’Afrique. Aux racines africaines alors même qu’ils méprisent au pire les racines européennes. Ce sang des blancs qui coule également dans leurs veines.

Les Antillais ont réalisé une culture forte et réelle. Langue, musique, livres, poésies, danses, cuisine. Ils n’ont rien à envier à l’Africain d’aujourd’hui, encore moins à celui d’hier, celui qui les a vendu pour quelques broutilles. Ils ont fait de leur origine d’esclave, de cette horreur sans nom, quelque chose de grand ! Cependant, dans les cités, dans certains quartiers, c’est l’Antillais qui s’africanise ! Quelle déception pour leurs ancêtres créateurs de cette culture !

Je dis cela haut et fort, pensant obtenir l’approbation de la grand-mère. Que nenni, elle s’en moque et rallume la télé! Bigre, en me déplaçant,  j’avais omis de garder  la télécommande avec moi. Celle-ci, prenant conscience du silence malgré mes râlements l’a rallumé.

Que vois-je, en trempant ma tartine dans le café ? Le festival Celtique de Lorient. J’aime ce festival, sa musique, les uniformes. Je me suis dit qu’après tout, un peu de musique celtique au petit déjeuner c’est pas mal ! J’ignore pourquoi, mais j’aime bien cette  musique. Mais tout de suite après, je m’étrangle. Des antillaises défilent en avant des joueurs de cornemuses. Ils sont accompagnés par un groupe de musiciens guadeloupéens. Qu’est-ce qu’ils viennent faire là dedans dis-je à la grand-mère ? Elle va finir par me prendre pour un raciste ! Avant même qu’elle me réponde, un présentateur nous explique que la musique est reine. Toutes les musiques ont leur place et pourquoi pas la musique antillaise dans ce festival celtique. Personne pour lui demander en réponse, en quoi cette musique serait celtique ? Les seuls celtes qu’il y a peut-être encore en Guadeloupe sont les ancêtres des békés, les descendants des esclavagistes ou des propriétaires de champs de canne à sucre ! Etonnant tout de même !

Plus loin, nous voyons des groupes de musiciens celtes venus du Portugal ou la celtitude est forte, d’Irlande, de France et même d’Amériques du Sud. Des latinos qui ont créés des groupes celtiques aux noms de ceux qui se sont battus en  Europe lors des dernières  guerres et ont voulu commémorer, à leurs manières, cette fraternité d’armes. Chacun avait des raisons solides d’être là. Parce que  celte ou historique. Mais je n’ai pas eu de réponses au sujet des antillais. Que faisaient là les joueurs de Gwo Ka ? La diversité sans doute?  La mixité, la multiculturalité j’imagine? Ce crédo qui envahit la télévision jusqu’au vomissement.

Je me demande ce que diraient les animateurs du festival antillais de Pointe à Pitre si on leur soumettait l’idée de mettre des joueurs de cornemuses, des danseuses et danseurs bretons en premier, dans leur défilé.

De guerre lasse, je me lève, débarrasse ma table, fais un bisou à la grand-mère  et je m’évade ! Si j’avais oublié depuis quelques temps pourquoi je ne regardais plus trop la télé, j’ai eu à ce moment là ma piqure de rappel. La télévision est pleine de ses expressions bien pensante de type "issus de la diversité", "banlieues difficiles", "jeunes en grande voire très grande difficulté", "mixité", "multiculturalité", etc.

Je me demande bien lorsque les "issus de la diversité" seront majoritaires dans 30 ans, si les "français de souche" auront droit à ces qualificatifs biens pensants !

Internet est (encore ?) une source de liberté, une façon de s’évader pour les uns, de laisser des opinions s’exprimer pour les autres. Une façon d’échanger, de râler, de planter éventuellement une graine dans l’esprit encore fertile d’un lecteur à charge pour lui de la faire germer ou de la jeter à la poubelle. De prendre conscience des limites de nos barreaux ! Celle de notre cage bien sûr, de nos limites personnelles ou celles que l’on nous a imposées insidieusement.

Il faut croire ce n’est pas couru d’avance face à cette machine à lobotomiser qu’est la télévision. Surtout quand celle-ci est devenue la seule source "d’informations" de beaucoup de Français qui ont perdu leurs curiosités, leurs désirs de savoir, leurs doutes. Comme ces grands-mères et grands pères que je connais! Internet ? C’est quoi ? C’est trop compliqué, trop ci, trop ça !

Je songe à eux, mais j’ai aussi une pensée pour tous ceux, bien plus jeunes, qui sont accrocs à ces lessiveuses de cerveaux, à ces laveuses d’idées à la javel, et qui en redemandent tous les jours. Ils avalent et digèrent, sans même comprendre, cette bouillie de la bien pensance et vote pour Yannick Noah comme personnalité préféré des français parce qu’il a un beau sourire ou incluent Christine Lagarde qui favorise la charia islamique dans les finances et Martine Aubry-Brochen que l’on ne peut décidément pas dire favorable à la liberté d’expression! C’est à désespérer de mes compatriotes

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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philbert 17/08/2011 10:11



"Je suis incapable de laisser mes yeux tranquilles ! Dès qu’il y a un truc à lire pas loin, je tombe dessus.
 Parfois, c’est du n’importe quoi.  "


ça c'est bien vrai ! Quand on lit votre site régulièrement on s'en aperçoit facilement.



francis Claude 16/08/2011 18:33



le racisme a l'atat pur et dur c'est ce que nos belles antilles a de meilleur dans son sein et remonté le taux de natalité FRançaise pour l"'argent braguette", mais tout cela est de notre faute
nous n'avons jamais su gerer tout ce beau monde en faisant du paternalisme que seul ceux qui le dispencent comprennent


 



Claude Germain V 16/08/2011 13:20



Attention ....simple question : qui peut me dire pourquoi la plupart des Martiniquais n'aiment pas les Africains ????


Ayant eu une personne martiniquaise dans ma famille ,c'est une situation que j'ai constaté 2 ou 3 fois ......Bizarre ????



marco 16/08/2011 08:54



Votre réflexion est ho! combien exact,j'ai vécu moi-même 8 ans en afrique noire,a part l'exotisme je n'en ai pas rapporté beaucoup d'amis ni de souvenirs impérissables loin s'en faut,malgré moi
la différence de culture a fait la "différence",d'autant qu'ils ont souvent la détestable habitude de quémander même s'ils ont déjà ce qui leur faut.