La tentation de SARKOZY : effacer Marine LE PEN de la présidentielle ! par Jean COCHET

Publié le 9 Février 2012

Par Jean COCHET - Publié par le gaulois.info

 

Mais comment gommer ses millions d’électeurs ?

Certes, la semaine dernière (voir l’article de Jeanne Smits dans Présent de samedi 4 février) Marine Le Pen a réussi à frapper un grand coup en obtenant qu‘à propos « de l’anonymat des signatures » parrainant les candidats à l’Élysée, le Conseil d’État consente à transmettre, en priorité, cette question devant le Conseil constitutionnel. Ce dernier se prononcera donc le 22 février prochain sur la constitutionnalité de cette demande d’anonymat. Bravo.

Cette démarche a le mérite de souligner officiellement un dysfonctionnement du système en vigueur : les difficultés de plus en plus grandes pour recueillir leurs cinq cents cautions que rencontrent les candidats – du moins ceux qui entendent se situer en dehors des clous fixés par l’UMPS, dont bien sûr le Front national, le plus ostracisé de tous –, auprès d’élus dont le libre choix est désormais plus captif que jamais.

Lors des présidentielles passées, le suspens a toujours existé autour des parrainages pour Jean-Marie Le Pen. Mais celui-ci finissait toujours par les décrocher in extremis. Sauf en 1981, mais à cette époque-là le Front national était encore à l’état groupusculaire. Par la suite : 1989, 1995, 2002, 2007, Jean-Marie Le Pen avait obtenu ses signatures, même si c’était sur le fil du rasoir. Aujourd’hui existe toutefois une difficulté supplémentaire : l’intercommunalité. La réforme du 16 décembre 2010 – bien joué Sarko ! –, sous prétexte de résoudre l’émiettement de nos communes, trop lentes au goût des technocrates qui nous administrent à fusionner entre elles, oblige les municipalités à se regrouper dans des structures communes, afin de coopérer « plus efficacement » dans plusieurs domaines, comme par exemple la gestion de l’eau, le ramassage des ordures ménagères, la lutte contre les incendies ou le développement d’équipements publics. Des syndicats communaux en quelque sorte, mais dans lesquels les maires perdent forcément de leur indépendance. Comme les gouvernants nationaux une fois entrés dans l’Europe. Les structures ne sont pas tout à fait les mêmes, mais les contraintes qui en découlent, sont, à peu de chose près, parfaitement identiques. Les maires de petites communes qui jadis donnaient leurs signatures au candidat du mouvement national craignent aujourd’hui (depuis décembre 2010) de subir des représailles financières de la part d’autres élus pesant plus qu’eux à la tête de l’intercommunale. Ils s’exposent même par avance aux reproches de leurs conseillers municipaux : « Attention, si tu parraines la candidate du FN, on n’obtiendra jamais la subvention que machin (ou machine), qui est l’élu le plus influent de l’intercommunale, nous a promise… » Un bel instrument de contrainte, cette intercommunalité ! Facile à manipuler pour ceux qui en détiennent le tableau de bord.

 

Les pesanteurs de l’intercommunalité

 

Si la « dédiabolisation » de la candidate du FN a eu lieu dans une partie — une partie seulement — de l’électorat français, il n’en est rien dans le monde politique, où l’apartheid contre les idées du mouvement national (et ceux qui les portent) est plus que jamais en vigueur. Les médias invitent Marine Le Pen ? Certes. C’est bon pour l’audimat. Mais ils l’invitent avec l’espoir de la piéger sur « un détail » quelconque afin de discréditer son discours. On l’a encore vu dimanche soir sur M6, lors de l’émission Capital consacrée à la sortie de l’euro, où la candidate du FN, malgré toutes les tentatives faites pour la décrédibiliser, a été excellente. Elle s’est toujours, jusqu’ici, sortie avec aisance des guets-apens médiatiques. C’est sans doute ce que Nietzsche appelait La danse du pied léger. Sans rapport bien sûr avec l’accusation de « valse brune » (dansée récemment par une belle blonde dans un bal de Vienne) que certains journalistes de gauche se sont ingéniés, en vain, à lancer contre elle.

Malgré le nouvel obstacle de l’intercommunalité mettant les édiles de France sous surveillance accrue, je pensais pour ma part que la candidate du Front national aurait, même à l’arrachée, ses signatures. Pour au moins deux bonnes raisons. D’abord sauver les apparences d’un système qui se veut « démocratique » et « équitable ». En excluant une candidate mesurée entre 15 et 20 % dans les sondages, l’anomalie serait par trop flagrante. Autre raison, relevant celle-ci du pragmatisme politicien : s’il réussissait à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy ne pourrait pas être réélu sans l’apport d’une bonne partie des voix du Front national. Mais pour que des suffrages puissent, le cas échéant se « reporter », il faut d’abord qu’ils puissent se « porter ». Nécessité donc pour les gens au pouvoir de déverrouiller un peu leur système de parrainage afin d’éviter que le « décalage » soit trop fort entre la fiction revendiquée (« expressions pluralistes » et autres billevesées démocratiques prônées par le régime) et sa réalité beaucoup plus restrictive et arbitraire.

Foin des apparences

Mais l’affolement est tel en haut lieu que nous ne sommes plus, actuellement, dans cette logique-là. Samedi Jeanne Smits soulignait les propos de François Fillon, lors de son intervention télévisée sur France 2, à l’égard de Marine Le Pen, assurant que cette dernière « bluffait ». Le Premier ministre a aussi laissé entendre ce soir-là que si Marine Le Pen éprouvait tant de difficultés à recueillir ses signatures, c’était bien de sa faute. Parce que les prises de positions de son parti « choquaient » beaucoup d’élus. Ou leurs entourages. Changez d’idée Mme Le Pen, et vous aurez vos 500 signatures ! Huit jours auparavant Nicolas Sarkozy avait fait une déclaration du même genre Ponce Pilate : « Ce n’est tout de même pas à moi d’aider Mme Le Pen. » Deux déclarations tombées du sommet de l’État et auxquelles des ministres ont fait écho durant toute la semaine dernière. Comme le ministre de l’Économie, François Baroin : « Ma position est très simple, on a une loi, qu’elle se débrouille toute seule. » Traduction : nous, on continuera de verrouiller jusqu’au bout…

Et si l’on zappait le Front national ?

Et puis, surtout, il y a eu dans le dernier numéro du JDD ce sondage révélateur de la tentation élyséenne. Une tentation qui n’est plus celle de Venise, chère à Juppé, mais bien celle, titillant un Sarkozy aux abois, d’éliminer purement et simplement le Front national de la compétition pour l’Élysée. En empêchant carrément sa candidate de prendre le départ.

Dans cette perspective, une enquête d’opinion a donc été faite « sans la participation du FN ».

Le sondage qui change tout, titrait triomphalement le JDD. Et effectivement il change le paysage politique, du moins celui que prétendent nous peindre les sondeurs, dans leur série quotidienne de tableaux changeants.

Dans l’hypothèse « sans le Front »: Nicolas Sarkozy se retrouve donc à égalité avec François Hollande, à 33 % chacun : (+3,5 % des suffrages pour ce dernier et plus 8,5 % pour le président sortant). Avec François Bayrou à 17 % (plus 4 %) et Jean-Luc Mélenchon à 9 % (plus 1 %). Une redistribution de cartes aux perspectives beaucoup plus favorables pour Nicolas Sarkozy. Et tant pis s’il s’agit de cartes biseautées…

Le directeur d’un institut de sondage analyse : « Ce scénario modifierait radicalement le rapport de force électoral. Pour la première fois depuis le début de la précampagne, Nicolas Sarkozy parviendrait en tête, à égalité avec François Hollande. » Tandis qu’un autre explique : « Avec 33-33 au premier tour, cela laisse plus d’espoir au président sortant pour le second. La dynamique Hollande serait cassée. Même si Nicolas Sarkozy enregistre malgré l’absence de Marine Le Pen des scores ridiculement faibles auprès de la France du travail. »

Le score de Nicolas Sarkozy risquerait d’être encore bien plus faible si les électeurs floués de la droite nationale devaient se retrouver, par mauvaise volonté et cynisme des princes qui nous gouvernent, sans représentant à la prochaine présidentielle. Un subterfuge ressemblant à une sorte de dépouille électorale. C’est pourtant pour cette solution « destroy » que Nicolas Sarkozy, dans son affolement, semble vouloir pencher. Au diable les apparences démocratiques ! Et bas les masques !

Mais gare alors au retour de manivelle. Fillon donne, paraît-il, à Nicolas Sarkozy, en aparté, et bien qu’il dise le contraire à la télévision, « 20 % de chances » d’être réélu. En cas de coup de torchon contre la candidate du Front national, ces 20 % de chances seraient réellement en voie de totale désintégration…

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 10/02/2012 18:35


Dans ce cas ,si j'étais Marine je demanderais aux électeurs du FN de voter massivement pour Dupont M qui se retrouverait au 2eme tour à sa place car le FN a en réalité bien plus que 20/°!

Marie-Claire Muller 09/02/2012 21:00





quinctius cincinnatus
@wanadoo.fr

Commentaire sur LES 4 VERITES




 mercredi 08 février 2012 15:32 de
---.w90-56.abo.wanadoo.fr

au soir de l'élection présidentielle pourquoi ne pas aller manifester en masse devant l'Elysée ou le Palais Bourbon au cris de ... " Nous sommes
le Peuple" ( Wir sind das Volk ") ... Car il faut se rendre à cette (cruelle) évidence qu'aucun des deux présidentiables pré-désignés n'a les capacités et facultés
intellectuelles , morales , physiques ni la force de caractère pour sauver la France *...des "médiocres"

                                      * veuillez noter que je ne dis pas la
république !



Marie-Claire Muller 09/02/2012 18:43


Pourquoi vouloir imiter les républiques bananiéres d'Afrique?La place est si bonne qu'on est prêt à toutes les bassesses? ECOEURANT!!! mais attention au retour de flammes qui pourrait se
transformer en incendie!

marco 09/02/2012 13:20


Je ne suis pas certain qu'il sorte gagnant de sa combinaison truquée,Sarkozy,rien ne dit que les voix du FN se reporteront sur lui,une vacherie en appelle une autre,il suffirait que les
sympathisants FN s'abstiennent ou vote blanc pour que tout soit remis en question.Et ce ne serait que justice..Et si les voix du FN se reportaient sur la gauche???ou sur Bayrou???

Francis Claude 09/02/2012 10:04


et si 6 millions de Français, descendaient dans la rue que diraient les ploitiques, et de toutes façons si >Marine n'est pas candidate le futur Président sera élu par de sFrançais au rabais et
ne representera pas la France, qu'ils s'attende a de graves problémes!!!!