La toile d’araignée ferroviaire israélienne, futur cauchemar de l’UE. Par Samuel Guedj

Publié le 26 Juillet 2013

Un responsable israélien du ministère de la Défense a indiqué que l’administration militaire israélienne a donné son feu vert à la poursuite d’un projet de construction d’un réseau de 473 km de lignes de chemin de fer qui servirait aux Israéliens comme aux Palestiniens afin de « répondre aux besoins de transports des résidents locaux et d’autres passagers ».

Par Le Monde Juif

Le projet élaboré par le ministère israélien des Transports et l’administration militaire prévoit 11 lignes ferroviaires,  30 gares et des dizaines de ponts et tunnels en raison de la topographie accidentée de la Judée-Samarie (Cisjordanie).

Le futur réseau ferroviaire comprendrait une ligne passant par Jénine, Shrem (Naplouse), Ramallah, Jérusalem, Ma’aleh Adumim, Bethléhem et Hébron. Une autre desservirait le long de la frontière avec la Jordanie, de Eilat à la mer Morte, Jéricho et Beit She’an (au nord-est de Jénine), et de là, partirait vers Haïfa.

RAILWAY-ISRAEL

Le plan proposé prévoit aussi des trajets plus courts, comme de Shrem à Tulkarem en Judée-Samarie (Cisjordanie), et de Ramallah au Pont Allenby, vers la Jordanie. A l’étude également, une autre ligne qui rendrait possible la liaison de Ramallah à la bande de Gaza à l’aide de trains israéliens.

Les autorités israéliennes ont sollicité à plusieurs reprises la collaboration de l’Autorité palestinienne qui a refusé toute discussion ou coopération sur ce projet.

Les Palestiniens considèrent ce projet comme illégal et contraire au droit international en raison de l’occupation israélienne.

Une position désavouée par un arrêt de la Cour d’appel de Versailles, en date du 22 mars 2013, dans lequel la justice française rappelait un point important du droit international relatif au droit de la guerre à savoir que l’occupation est légale et est reconnue par le droit international, attribuant par conséquent des droits et des devoirs à la puissance étatique administrant des territoires autres que ceux qui lui sont reconnus par la communauté internationale.

La Cour d’appel a motivé son jugement en s’appuyant sur l’article 43 du Règlement sur les lois et les coutumes de la guerre sur terre, annexé à la 4éme Convention de La Haye de 1907 qui précise les droits et obligations en pays occupé. Sur la base de cet article, il a été considéré qu’Israël pouvait et même, devait rétablir une activité publique normale des territoires sous son contrôle, et admis que les mesures d’administration pouvaient concerner toutes les activités généralement exercées par les autorités étatiques (vie sociale, économique et commerciale) (1947 control commission court of criminal appeal).

Ce projet risque d’accroître les tensions diplomatiques entre Israël et la communauté internationale, en particulier avec l’Union européenne, qui a mis en place, vendredi 19 juillet, une directive contraignante pour l’Etat hébreu, les implantations israéliennes ne pourront plus désormais bénéficier de nouveaux projets de coopération économique, financements, bourses, programmes de recherches ou prix, émanant de l’Union ou de ses États membres.

L’administration israélienne des affaires civiles de Judée-Samarie a décidé mercredi de publier ce plan afin que le public puisse présenter ses objections dans un délai de 60 jours.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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