La victoire d’Alain Finkielkraut me réjouit ! Par Philippe Bilger

Publié le 20 Avril 2014

La bêtise n’étant pas son fort, il a triomphé d’elle. Personnalité exceptionnelle et heureusement discutée, sa victoire a réjoui bien au-delà de ses amis et alliés habituels […]

 Par Philippe BilgerParce qu’on peut être en désaccord avec lui, comme je l’ai été sur les affaires Fofana et El Shennawy et au sujet de Dieudonné, sans cesser de l’estimer, de l’admirer.

Parce que sa surabondance médiatique ne nous gêne pas puisqu’elle ne sera jamais vide de sens.

Parce qu’il a su être courageux intellectuellement en défendant Renaud Camus […]

Parce qu’il parle magnifiquement la langue française […]

Parce qu’il n’a pas peur de dénoncer ce qui risque de mortellement nous atteindre, parce qu’il se bat pour qu’on ne laisse pas aller à vau l’eau une société, une civilisation dignes d’un plus beau sort, d’un destin plus éclatant.

Parce qu’elles sont des chefs-d’œuvre en péril et que ce n’est pas être décliniste que d’être lucide et, aussi, vaillant sur ce front.

Parce qu’il énonce des évidences comme, parfois, Français de souche.

Parce que là où il passe, où il parle, une certaine qualité, une profondeur, une grâce, une conviction douloureuse et fière se manifestent et qu’on est heureux de faire partie de son monde.

Parce que je l’ai questionné durant quarante minutes et que j’en garde un souvenir étincelant, ébloui.

Parce qu’en faisant son éloge, on sait qu’on aura à ses basques une bande de ricaneurs et d’aigres personnages qui ne lui arrivent pas à l’esprit.

Parce que, comme l’a très bien dit Ivan Rioufol, il est « un Alceste qui aime être aimé » et qu’en chacun de nous, sans doute, il y a un peu d’Alceste et, dans chacune de nos sensibilités, une envie folle, aussi, d’être aimé (Figaro Magazine, Valeurs actuelles).

Parce que, dans la cabale qui prétendait lui faire barrage, il y avait Danièle Sallenave, que je n’imaginais pas dans ce triste rôle, et Michel Serres, que j’imaginais bien dans cette perfidie, tant les penseurs courtisés, doucereux et médiatiques sont capables du pire.

Parce que, parmi ses soutiens, il y avait Jean d’Ormesson que j’ai apprécié absolument pour une fois, et ce miracle de la classe et de la finesse françaises qu’est Michel Déon.

Parce qu’il a réveillé une institution qui a accueilli un Dabadie et prétendait refuser un Finkielkraut.

Parce qu’il va continuer à pourfendre le vulgaire et la dérision et qu’il portera haut l’honneur d’être homme, français, de droite ou de gauche je ne sais, mais obsédé par la vérité et hostile aux dérives subtiles ou ostensibles présentées comme des progrès.

Parce qu’il n’y a pas tant de personnalités, dans notre France déchirée, qui méritent le respect et suscitent une adhésion à proportion même de leur force de caractère et de leur vigueur intellectuelle et morale.

Parce qu’il peut être agaçant et que c’est bien.

Parce que l’Académie ne le tuera pas mais qu’il la fera renaître, la belle endormie quiète.

Parce que tout simplement sa gloire est un peu la nôtre et qu’on ne m’arrachera pas de l’idée que ses idées, ses sentiments, ses détestations, ses nostalgies et ses espoirs représentent une sorte de fonds commun à beaucoup de citoyens.

Parce qu’il est Alain Finkielkraut et qu’il a cette modestie orgueilleuse des timides et des remarquables.

Parce que l’Académie française ne m’a pas démenti.

Puisqu’il y a longtemps qu’il se trouve au premier rang dans mon Académie.

Extrait de : Alain Finkielkraut dans mon Académie

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Du côté des médias

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mika 21/04/2014 01:01


Pascal Bruckner 
invité de Ruquier est interrogé par Aymeric Caron sur les idées controversées de son ami Alain Finkielkraut


 


http://www.myboox.fr/actualite/onpc-le-livre-de-pascal-bruckner-encense-par-aymeric-caron-ac-29651.html