La visite de Hollande en Chine vue par Éric Zemmour : «Hollande, un gardien de musée»

Publié le 27 Avril 2013

Par  le 26 avr, 2013 @ 11:13

Éric Zemmour : «Hollande, un gardien de musée»Le Zemmour du vendredi. « Il faut croire que nos présidents sont devenus comme des petits enfants qui n’aiment pas dormir en dehors de chez eux. L’Élysée est leur doudou, leur avion présidentiel leur nounours, loin d’eux le noir les inquiète. Hollande en Chine est resté aussi peu longtemps que Sarkozy, vous vous en souvenez, en Inde. Il est vrai que la Chine comme l’Inde sont deux petits pays dérisoires aux populations réduites, civilisations ridicules qu’on balaye d’un revers de main , marchés économiques à dédaigner au vue de nos faramineux excédents commerciaux. Hollande n’était jamais venu en Chine auparavant, comme Sarkozy ne connaissait rien de l’Inde. Ils ne veulent pas voir du pays, nos présidents, ils vont vers l’Orient compliqué avec un simple réveil dans la tête. Pourtant, le rapport au temps est là-bas différent : prendre son temps est signe de reconnaissance, de respect. La vitesse n’est pas synonyme d’efficacité mais de mépris. Nos hommes pressés croient pouvoir établir la confiance par un contact immédiat, instantané, comme avec un dirigeant allemand ou italien. Quand le Général de Gaulle, vieil homme de 74 ans, visitait le Mexique pour inciter ce grand peuple à un mano en la mano, il restait huit jours ! Les Mexicains s’en souviennent encore…

« Les Chinois se diront avec tristesse que, décidément, pas un président français n’aura su exploiter la formidable percée diplomatique du Général de Gaulle reconnaissant en 1964 la Chine populaire. »

Tout le monde en Europe ne commet pas cette erreur. Angela Merkel a pris une carte d’abonnement sur Berlin-Pékin : deux fois rien que cette année. À chaque fois, elle demeure plusieurs jours, se balade même dans les provinces, accompagnée de son armada d’industriels. Hollande n’a pas embêté ni dérangé en Chine. Il a mis un mouchoir sur les habituelles leçons de morale droitdelhommistes des socialistes, il a répété qu’il refusait tout protectionnisme – les Chinois ont bien dû rire sous cape devant tant d’ingénuité, eux qui ne respectent aucune règle de l’OMC et manipulent leur monnaie à leur guise. Le président français a essayé de placer nos avions et centrales nucléaires que les Chinois veulent fabriquer eux-mêmes, il ne nous reste plus que le luxe, l’agroalimentaire, tandis que les voitures allemandes inondent les rues de Pékin et que les machines-outilsmade in Germany équipent leurs usines. À défaut de faire du bien, Hollande ne fait pas de mal. Les Chinois l’oublieront aussitôt qu’il sera reparti. Ils se diront avec tristesse que, décidément, pas un président français n’aura su exploiter la formidable percée diplomatique du Général de Gaulle reconnaissant en 1964 la Chine populaire alors que les États-Unis l’interdisaient à tous leurs alliés. Alors, Hollande célébrera l’année prochaine ce coup d’État diplomatique avec le même faste froid qu’il a consacré au début de cette année à l’anniversaire du Traité franco-allemand. Heureusement qu’Hollande a le Général de Gaulle pour avoir quelque chose de grand à faire, un peu comme un gardien de musée. Il n’y a pas de sot métier… »

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article

henri 27/04/2013 15:28


A-t'il pris sa caisse de bricolage au moins ???

Dorothee13 27/04/2013 08:59


Normal, il a peur de se prendre les baguettes dans le c...., il préfère emmené sa dulcinée au magreh, voilée : vue invisible !

LA GAULOISE 27/04/2013 08:43


TOUJOURS AUSSI LUCIDE NOTRE AMI ERIC . IL FAUDRA SONGER A LUI, LORSQU ON AURA VIRER CE GOUVERNEMENT , POUR LE POSTE DE " MONSIEUR LOYAL " .