Laïcité - La vérité sur le financement des mosquées.

Publié le 5 Juin 2014

Marine Le Pen a dénoncé dimanche dernier, au micro de RTL, le « financement public des mosquées », qui porte atteinte selon elle à la laïcité. L’Etat subventionne-t-il vraiment les lieux de culte musulmans ? Explications.

France-Soir

Qui finance, aujourd’hui, la construction des mosquées en France ? A en croire Marine Le Pen, qui a relancé la polémique, c’est le contribuable, par le biais de « financements publics, directs comme indirects » et des pays étrangers. 

Brandissant la loi sur la laïcité de 1905, qui préconise la stricte séparation entre l’Etat et les religions, la vice-présidente du FN considère que le financement des mosquées devrait incomber aux fidèles, et à eux seuls. La réalité du terrain montre que les choses sont beaucoup plus complexes.

Selon Bernard Godard, chargé de mission au bureau des cultes du ministère de l’Intérieur et l’un des architectes du Conseil français du culte musulman (CFCM), créé en 2003, « les fidèles financent déjà au moins à 60 % la construction et la location de leurs mosquées ». Simplement, dans la majorité des cas, cela ne se fait pas sans un coup de pouce initial des pouvoirs publics. (Ce qui est interdit par la loi. Doit-on penser que l'on peut déroger à la loi en fonction d'intérêts particuliers? )

Un « coup de pouce » soit des municipalités (qui délivrent les permis de construire) soit des conseils régionaux. Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur considère qu’aujourd’hui « tout se joue essentiellement à l’échelon local, où les maires sont parmi les premiers à aider à la construction de mosquées ».

« Ce sont des subventions déguisées »

Pour cela, les municipalités disposent de plusieurs outils, parfois considérés par leurs détracteurs comme des « subventions déguisées ». A commencer par les baux emphytéotiques, d’une durée maximale de 99 ans, qui permettent aux mairies de louer aux fidèles un terrain acquis par la municipalité en échange d’un loyer parfois très symbolique de quelques euros. 
A Puteaux dans le 92, la Mairie loue un terrain lui appartenant, de 1245 m2 à l'association cultuelle islamique, qu'elle a équipé d'un chapiteau recouvrant l'ensemble e terrain. Elle fournit le chauffage et l'eau pour la modique somme de 1000€ forfaitaires par mois soit 80 centimes d'euros par mois charges incluses. 

Dans plusieurs cas, comme à Marseille ou à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), l’extrême droite (sic) a porté l’affaire devant la justice pour atteinte à la laïcité et « subventions déguisées ». 

Ce qui oblige désormais les mairies à revoir leurs loyers à la hausse. « Entre 12.000 et 24.000 € par an, ce qui n’est rien par rapport à ce que coûterait une location privée », note Bernard Godard. Autre possibilité, comme dans le XVIIIe arrondissement de Paris : subventionner directement l’achat de locaux à vocation « culturelle » (salon de thé, centres culturels), dont certaines salles peuvent ensuite être transformées en lieux de prière (voir nos éditions du 18 décembre).(Bonjour les faux-culs)

L’un des problèmes auquels se heurtent aujourd’hui les musulmans est « la méfiance des bailleurs de fonds, moins enclins à financer les mosquées, par peur de financer du même coup le terrorisme », explique le sociologue Mohammed Telhine, auteur de L’Islam et les musulmans en France. Une histoire de mosquées (éd. L’Harmattan, juin 2010). Mais cela n’empêche pas que de plus en plus d’initiatives locales soient aujourd’hui financées intégralement par des fidèles, comme à Bondy (Seine-Saint-Denis) ou à Créteil (Val-de-Marne).

« Féodalisme et clientélisme »

 En revanche, la création d’un fond à l’échelle nationale est, elle, restée jusqu’ici lettre morte. La Fondation pour les œuvres de l’islam de France, créée en 2005, sous l’égide du CFCM et à l’initiative du ministre des Cultes de l’époque, Dominique de Villepin, n’a jamais réellement abouti, faute de bailleurs de fonds potentiels. Un échec que l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, impute « aux composantes du CFCM qui souhaitent garder la gestion financière dans le secret du féodalisme et du clientélisme ».


Pour Françoise Duthu, ancienne députée européenne (les Verts), sociologue et auteur du Maire et la Mosquée (éd. L’Harmattan, 2009), l’investissement récent des maires sur ce dossier sensible peut aussi être parfois facteur de blocages : les pressions de riverains hostiles à l’édification d’une mosquée dans leur quartier ont, dans le passé, poussé parfois les maires à préempter des terrains que la communauté musulmane était prête à racheter. 

« Ceci est un peu moins vrai aujourd’hui, estime Bernard Godard. Mais dans le cas de prêts à titre gracieux de certaines salles municipales, il peut y avoir des pressions de la mairie pour imposer tel ou tel imam ou représentant de communauté. En revanche les baux emphytéotiques garantissent une vraie indépendance. »

Le cas de l’Alsace-Moselle

Quant aux financements étrangers, depuis les attentats du 11 Septembre, les autorités françaises, sans les interdire, tentent de les encadrer au maximum, par le biais de négociations engagées au plus haut niveau de l’Etat. A la mosquée de Créteil, on explique qu’il est aujourd’hui quasiment « impossible qu’un pays à lui tout seul puisse subventionner la construction d’une mosquée en France ». A l’inverse de celles de Mantes-La-Jolie, presque entièrement financée avec de l’argent libyen et saoudien, ou d’Evry, certaines mosquées refusent d’ailleurs, par volonté d’indépendance, l’ingérence de l’étranger. 

La mosquée d’Ermont (Val-d’Oise), inaugurée en août 2010, a ainsi décliné l’aide du Maroc qui lui faisait miroiter 100.000 €. Elle a préféré faire le tour de ses fidèles et s’appuyer sur le bail emphytéotique octroyé par la municipalité. Un choix que peuvent se permettre surtout « les petites mosquées » affirme Mohammed Telhine. Car « pour ce qui est des grandes structures, il est à l’heure actuelle difficile pour les musulmans de se financer seuls à 100 % ». Pour la sociologue, « s’il y a une seule et vraie entorse à la loi de 1905, c’est le statut concordataire qui prévaut toujours en Alsace-Moselle ». (Ben voyons. Sociologue de gauche, il ne fallait pas s'attendre à moins)
Un anachronisme hérité du XIXe siècle qui permet encore aujourd’hui aux municipalités de l’Est de la France de subventionner directement les lieux de cultes, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.


Par Noémie Taylor

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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L'EN SAIGNANT 12/06/2014 10:53


Toute vraie RÉPUBLIQUE et DÉMOCRATIE devrait INTERDIRE les MOSQUÉES lieux de propagande POLITICO-RELIGIEUSE et l'ISLAM qui n'est pas qu'une simple religion mais une IDÉOLOGIE TOTALITAIRE liant
intimement la CROYANCE RELIGIEUSE à la GESTION PUBLIQUE. C'est inadmissible de TOLÉRER CE DANGER INOUÏ dans le pays des droits de l'homme et du citoyen.


 

Marie-claire Muller 05/06/2014 18:43


http://youtu.be/txugqRul-JY SAMUEL LAURENT  LES JIHADISTES PRÊTS A FRAPPER LA FRANCE ( Observatoire de l islamisation)