Laïcité négative ? Selon Jean-Louis Bianco « La France n’a pas de problème avec sa laïcité ». Ben voyons!

Publié le 25 Juillet 2013

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Dans un entretien accordé au journal Le Monde1, le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, ose affirmer que « ces dernières années, on a eu tendance à faire de la laïcité une référence commode, une “réponse-valise” à tous les problèmes de la société » et que « les atteintes à la laïcité ont peut-être été surestimées ».

Par Malika Sorel

On connaît bien ce refrain pour l’avoir maintes fois entendu au sujet des questions d’insécurité. C’est le cerveau des Français, sujet aux mirages, qui leur jouerait des tours. Dormez, braves gens !
 

 

Ayant fait partie de la « mission laïcité » du Haut Conseil à l’intégration jusque très récemment – c’est-à-dire jusqu’à ce que la Présidence de la République la dégage, pour cause de persistance de certains de ses membres à défendre la laïcité et à refuser d’enfourcher le cheval des accommodements dits « raisonnables » importés du Québec, où ils ont rencontré le succès que l’on sait –, je suis des mieux placés pour affirmer que la situation qui est décrite dans cet entretien ne correspond pas à la réalité et que, bien au contraire, la laïcité a été, toutes ces dernières années, la cible privilégiée d’offensives répétées et de moins en moins feutrées. Les tabous ont sauté, la gêne et la mesure se sont envolées. Les rapports publiés par le HCI en attestent : aucun domaine, aucune sphère, aucun lieu n’est épargné.
 

 

Jean-Louis Bianco est-il un cas isolé ? Dans une note émanant de Matignon et destinée à préparer, avec les ministères concernés dont celui de l’Intérieur, la refondation de la politique d’intégration, on peut lire que va être mis en œuvre « un vaste travail de refondation de la politique d’intégration, qui pourra prendre en compte les pistes ouvertes par Thierry Tuot2».

Cette note stipule, entre autres, qu’« il est donc temps d’opérer un déplacement, un pas de côté dans la façon de concevoir ces questions. Ne pas maîtriser la langue française après des années de séjour, porter le foulard, afficher ostensiblement sa différence dans la sphère publique etc., ces éléments peuvent alors se comprendre comme autre chose qu’une tradition maintenue ». Avant d’affirmer que « refonder notre politique d’intégration suppose de répondre à l’attente des personnes immigrées et de leurs descendants : être considérés comme n’importe quel Français ».

Pourquoi cette propension à systématiquement mentir aux immigrés et à leurs descendants ?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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