Laïcité (suite): on devrait écouter plus attentivement "les savants musulmans" sur l'idée de la démocratie/ 2

Publié le 9 Juillet 2010

Le danger de la démocratie pour "les savants islamiques" (suite)


            L'auteur note aussi comme «un paradoxe» le fait que toutes les formes d'incroyance ayant menacé l'islam ont été vaincues avec l'aide des puissances occidentales, et plus spécifiquement des Etats-Unis. 
Le mouvement de modernisation du monde musulman a été définitivement discrédité lorsque les puissances impériales européennes ont exagéré leur domination en terre islamique, transformant ainsi ses élites occidentalisées en leurs «valets». Les nationalistes ont été battus et discrédités dans des guerres menées contre eux par différentes puissances occidentales ou, dans le cas du nassérisme en Egypte, par Israël.

            L'Occident a également contribué à défaire le socialisme et le communisme dans le monde musulman. L'exemple le plus frappant s'est produit lorsque l'Amérique a aidé les moudjahidins afghans à détruire le régime communiste et pro-soviétique de Kaboul. Et à présent, les Etats-Unis et leurs alliés britanniques ont détruit le baasisme en Irak, et l'ont peut-être fatalement sapé en Syrie.

            Ce que voit maintenant Al-Ayyeri, c'est un «champ de bataille net» sur lequel l'islam affronte une nouvelle forme d'incroyance. Il nomme celle-ci la «démocratie laïque.» Cette menace est «bien plus dangereuse pour l'islam» que toutes les précédentes additionnées. Il explique dans un chapitre entier que les raisons doivent en être trouvées dans les «capacités séductrices» de la démocratie.

            Cette forme d'incroyance persuade les gens qu'ils sont responsables de leur propre destin et que, en utilisant leur intelligence collective, ils peuvent choisir leur politique et voter les lois qu'ils estiment bonnes. Ce qui les amène à ignorer les «lois inaltérables» promulguées par Dieu pour l'humanité toute entière, et codifiées dans la loi islamique jusqu'à la fin des temps.

            Le but de la démocratie, selon Al-Ayyeri, est de faire en sorte que « les musulmans aiment ce monde, oublient le monde suivant et abandonnent le djihad.» Si elle était établie dans un pays musulman pendant une certaine période, la démocratie pourrait mener à la prospérité économique, ce qui à son tour rendrait les musulmans « peu disposés à mourir en martyrs» pour défendre leur foi.


            Il affirme qu'il est vital d'empêcher toute normalisation et toute stabilisation en Irak. Les militants islamiques devraient s'assurer que les Etats-Unis ne parviennent pas à organiser des élections en Irak et à créer un gouvernement démocratique. «Si la démocratie s'installe en Irak, la prochaine cible [de la démocratisation] sera la totalité du monde musulman», écrit Al-Ayyeri.

            L'idéologue d'Al-Qaïda affirme que le seul pays musulman déjà affecté par «le début de la démocratisation» et ainsi en «danger mortel» est la Turquie. «Voulons-nous que ce qui s'est produit en Turquie survienne dans tous les pays musulmans ?», demande-t-il. «Voulons-nous que les musulmans refusent de prendre part au djihad et se soumettent à la laïcité, ce mélange venu des Sionistes et des Croisés ?»

            Al-Ayyeri écrit que l'Irak deviendra le tombeau de la démocratie laïque, exactement comme l'Afghanistan est devenu le tombeau du communisme. 
 

            Son idée est que les Américains, confrontés à des pertes croissantes en Irak, vont «juste s'enfuir», comme l'ont fait les Soviétiques en Afghanistan. Ceci parce que les Américains aiment ce monde et ne s'inquiètent que de leur propre confort, alors que les musulmans rêvent des plaisirs que le martyr leur offre au paradis. 

           «Aujourd'hui, en Irak, il n'y a que deux camps», certifie Al-Ayyeri. «Nous avons un conflit entre deux visions du monde et du futur de l'humanité. Le camp prêt à accepter le plus de sacrifices va l'emporter.»

            L'analyse d'Al-Ayyeri peut sembler naïve ; il se trompe, en outre, dans la plupart des faits qu'il mentionne. Mais il a raison lorsqu'il rappelle au monde que ce qui se produit en Irak pourrait affecter d'autres pays arabes - et, en fait, la totalité du monde musulman.

Amir Taheri

© New York Post pour l'original anglais, et Check-Point 1998-2003, pour la traduction française.

Trouvé sur
http://voxdei2.free.fr/infos Point Final -

Mis en ligne le 25 novembre 2003 sur le site
http://www.upjf.org/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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