Le Caire invite Israël et le Hamas à négocier la paix. Par Voix de la Russie.

Publié le 6 Août 2014

Le 5 août au matin une nouvelle trêve est entrée en vigueur à Gaza après un mois de bombardements israéliens. Israël et le Hamas ont accepté la proposition de l'Egypte d'instaurer un cessez-le-feu de 72 heures et d'envoyer leurs représentants au Caire pour discuter des moyens de relancer le règlement israélo-palestinien. Les Palestiniens se trouvent au Caire depuis dimanche. La délégation israélienne doit arriver d'un moment à l'autre.

 

Source Voix de la Russie  - Le ministère russe des Affaires étrangères a salué l'accord sur le cessez-le-feu à Gaza et appelé toutes les parties à le respecter inconditionnellement. Les experts du Proche-Orient estiment que la médiation de l'Egypte signifie son retour complet dans le processus de règlement arabo-israélien en tant qu'acteur majeur après la pause de ces dernières années liée à la révolution.

Israël a déjà commencé le retrait de ses troupes de la bande de Gaza après avoir déclaré qu'elles avaient accompli la mission majeure, à savoir détruire la plupart des tunnels par lesquels les terroristes du Hamas s'introduisaient sur le territoire israélien, ainsi que causer un préjudice irréparable à l'infrastructure et au commandement du Hamas. A peu près la même chose a été déclarée par Tsahal lors de l'opération précédente de 2009.

Le directeur du Centre palestinien des droits de l'homme à Gaza Raji Sourani a déclaré dans un entretien à La Voix de la Russie que la bande de Gaza connaissait actuellement une catastrophe humanitaire. Selon lui, plus de 400 000 Palestiniens, soit un habitant sur cinq, ont dû quitter leur foyer.

« Il faut noter qu'avant même l'opération israélienne, les conditions de vie dans l'enclave laissaient à désirer à cause du blocus. Sa raison officielle consistait dans la volonté d'affaiblir le Hamas, mais c'étaient les simples Palestiniens qui en souffraient en premier lieu. 90 % des habitants de Gaza vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 85 % subsistent grâce à l'aide humanitaire étrangère. En plus, en 2009 et en 2012 Gaza a déjà subi des opérations d'Israël. L'infrastructure détruite au cours de ces conflits n'a pas été rétablie complètement. Pour ce qui est de la guerre actuelle, il est devenu clair dès ses premières heures que les habitants de Gaza étaient la cible principale d'Israël ».

(Comment expliquer les millions d'euros qu'il a fallu pour construire les tunnels en dur, en bèton. Comment expliquer les agissements d'une armée équipée et armée de terroristes du hamas? Comment ne pas se poser des questions sur ces dépôts d'armes dans les écoles et les hôpitaux ? Comment expliquer que ces millions d'euros n'ont pas servi en priorité aux palestiniens de Gaza. Comment ne pas se poser des questions sur les milliers de missiles au lieu du pain. Comment expliquer les voitures de luxe sur ce territoire. Comment expliquer que les chefs du hamas circulent comme ils le veulent et fréquentent les palaces du Moyen-orient. Comment ne pas prendre conscience que tous ces morts "civils" sont utile au hamas qui s'en sert pour sa propagande... ndlr Gérard Brazon)

En réalité, Israël a été forcé d'arrêter son opération suite à la vague d'indignation soulevée dans le monde par le nombre disproportionné de victimes parmi la population civile de la bande de Gaza actuellement en ruines. D'après les "données palestiniennes", en 29 jours d'opération israélienne plus de 1 800 personnes ont été tuées et 9 000 autres ont été blessées. Tsahal a beau affirmer que plus de la moitié des tués sont des terroristes, les Palestiniens et l'ONU estiment que les deux tiers sont des habitants civils, dont des femmes et des enfants. Plus de 4000 bâtiments civils ont été détruits, une dizaine d'écoles de l'ONU hébergeant des réfugiés comprise. Côté israélien on recense 63 soldats et officiers tués.

De par son ampleur et le nombre des victimes cette dernière opération dépasse de deux fois celle de 2009. Les Etats-Unis et l'UE ont fait comprendre au gouvernement de Benjamin Netanyahu qu'il s'était rapproché de la ligne rouge au-delà de laquelle l'Occident ne pourrait plus soutenir les actions israéliennes.

Benjamin Netanyahu a accepté de stopper l'opération avec un mécontentement évident. A cet effet, les journaux américains relatent un épisode instructif de la conversation du dimanche 3 août entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et Benjamin Netanyahu. Le département d'Etat a annoncé que la conversation avait été interrompue à cause des « problèmes de liaison ». Les reporters ne se sont pas laissés berner par ces balivernes et estiment que Netanyahu irrité par les propos de Kerry a tout simplement raccroché le combiné.

Pour Hillary Mann Leverett, professeur à l'American University de Washington et ancienne spécialiste du Proche-Orient au département d'Etat américain, le retour sur la scène du règlement proche-oriental de la grande puissance régionale qu’est l'Egypte est évident. Mme Mann Leverett estime que Washington et l'administration Obama n'ont plus rien à proposer aux parties au conflit. Leurs « portefeuilles sont vides » et l'administration américaine en place n'a aucune idée neuve pour parvenir à la paix israélo-palestinienne ou israélo-arabe.

« Je pense que l'Egypte, l'Arabie saoudite – et j'ajouterais la Turquie – ces trois Etats clés pour la région, des alliés importants des Etats-Unis, sont particulièrement intéressés par la reprise du processus de paix. Ils ont du mal à maintenir des relations normales avec les Etats-Unis tant qu'Israël tue des Palestiniens littéralement chaque jour. Le temps des épreuves critiques est venu pour ces pays. Les Etats-Unis sont une puissance en perte d'influence. C'est une puissance dont les positions se déprécient au Proche-Orient. Ces pays doivent maintenant prouver leur capacité de s'entendre sur un cessez-le-feu durable. »

Pour inciter Netanyahu à entamer les négociations avec les Palestiniens Washington a promis d'accorder à Israël 225 millions de dollars supplémentaires. Cette somme servira à moderniser le système anti-missile Dôme de fer qu'Israël utilise pour parer les tirs de roquettes du Hamas. 
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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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