Le camp Copé se fissure

Publié le 2 Décembre 2012

JDD
Les amis de Jean-François Copé commencent à prendre leurs distances avec le président proclamé de l'UMP, qui ne souhaite toujours pas reprendre les discussions. Selon nos informations, Luc Chatel, numéro 2 du parti, a confié à un ancien collègue du gouvernement qu'il s'était "engueulé" avec Jean-François Copé et que "cela allait beaucoup trop loin".

Et si la position de Jean-François Copé rencontrait de moins en moins de soutien parmi les siens? Le secrétaire général a, coup sur coup, refuser deux solutions de médiation : celle d'Alain Juppé dimanche dernier et celle de Nicolas Sarkozy mercredi. Et le dialogue entre les deux parties de l'UMP est rompu. Une attitude qui commence à déranger certains copéistes. Dont Luc Chatel, vice-président de l'UMP et ami du patron contesté.

Mercredi après-midi, après un bureau politique où il a pris la parole pour demander que "chacun prenne ses responsabilités" dans le conflit, l'ancien ministre de l'Education a confié sa colère à un ex-collègue du gouvernement. Selon ce dernier, Luc Chatel s'est lâché : "Je me suis engueulé pour la première fois avec Jean-François. Ça va beaucoup trop loin. Il faut qu'on sorte de cette histoire", a raconté le député-maire de Chaumont. Et il a écorné la stratégie Copé en ne cachant pas à son interlocuteur qu'il fallait organiser un nouveau vote.

Bunkérisation?

Et l'éternel ami Christian Jacob aussi se lance dans des initiatives personnelles. A l'Assemblée, le président du groupe UMP légitimiste tente de maintenir le dialogue devant la fuite d'un tiers de ses troupes. Il a également souhaité la mise en place d'une commission "indépendante" afin d'organiser un référendum au sein du mouvement. Les deux hommes ont d'ailleurs été reçus jeudi au siège de l'UMP par Jean-François Copé.

Jeudi soir, c'est un autre allié, Jean-Pierre Raffarin, qui a pris un peu de distance. L'ancien Premier ministre, soutien indéfectible dans la campagne et muet depuis le début de la guerre, est sorti de son silence sur Canal + en demandant la réunion d'une commission de conciliation sur les élections et les statuts. Enfin, Rachida Dati, pourtant opposante numéro 1 à François Fillon, a proposé vendredi d'organiser une nouvelle élection, avec de nouveaux statuts et… de nouveaux candidats.

Des fissures qui commencent à se voir, surtout quand Jean-François Copé fait mine de ne plus s'occuper de l'invraisemblable situation interne à l'UMP, ne commentant plus que l'action du gouvernement. Une stratégie qui pourrait ressembler à de la bunkérisation, avec pour derniers fidèles son bras-droit Jérôme Lavrilleux, Michèle Tabarot, Roger Karoutchi, Valérie Debord et Sébastien Huyghe.

Une situation que les fillonistes veulent tirer à leur avantage. Le député Eric Ciotti, qui avait dirigé la campagne de François Fillon, a estimé vendredi auprès de l'AFP que "l'idée d'un nouveau vote" des adhérents progressait chez "les partisans de Jean-François Copé".

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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