Le Canard Enchaîné jugé pour diffamation à l'encontre de Marine Le Pen

Publié le 23 Octobre 2012

Le tribunal correctionnel de Paris examine ce mardi une affaire opposant la présidente du Front national à l'hebdomadaire satirique, selon lequel elle aurait insulté un policier en 2003. 

 

 

Le Canard enchaîné jugé pour diffamation à l'encontre de Marine Le Pen

JUSTICE - "Trous du cul! Vous nous faîtes chier. Il est plus facile de s'en prendre à de bons français qu'aux bougnoules!" C'est en ces termes crus que Marine Le Pen aurait insulté un agent de police, un soir de février 2003, d'après un dossier spécial du Canard enchaîné intitulé "les dégâts de Marine", paru en juillet 2011.

afp.com/Jacques Demarthon 

 "Trous du cul! Vous nous faîtes chier. Il est plus facile de s'en prendre à de bons français qu'aux bougnoules!" C'est en ces termes crus que Marine Le Pen aurait insulté un agent de police, un soir de février 2003, d'après un dossier spécial du Canard enchaîné intitulé "les dégâts de Marine", paru en juillet 2011.

La présidente du FN conteste les faits et poursuit Michel Gaillard, directeur de la publication de l'hebdomadaire, ce mardi, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Pour Me Wallerand de Saint-Just, avocat du FN, il s'agit là d'accusations mensongères, de "vieilles lunes" avancées sans aucune preuve. Selon MeAntoine Comte, avocat de Michel Gaillard, les journalistes sont bien décidés à maintenir ce qu'ils ont écrit.  

Maitre Comte considère que ce procès vise avant tout à lisser l'image d'un parti en pleine "opération de blanchiment politique". (Rien que ce propos de blanchiment qui fait penser à la drogue et à la mafia est condamnable et démontre la haine et la peur de la bien pensance face à la montée du Rassemblement Bleu Marine.ndlr Gérard Brazon). Une analyse que partage David Noël, secrétaire du Parti communiste français (PCF) d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) qui, pour avoir repris sur un blog les affirmations du Canard, comparaissait, jeudi 18 octobre, devant le même tribunal, à la suite d'une autre plainte de Marine Le Pen. (Un PC qui devrait se retourner sur son passé et balayer devant sa porte. Ndlr Gérard Brazon). 

Le 20 juillet dernier, sur le blog de la section locale du PCF, David Noël avait repris les révélations du Canard sous le titre Quand Marine Le Pen, 'la lofteuse du FN' insultait les policiers, un titre qui a "choqué" la présidente du FN, d'après son avocat. De son côté, le militant communiste soutient n'avoir fait que reproduire les termes du journal. Mais la reproduction d'une information fausse constitue "en soi" une diffamation, rétorque l'avocat du FN.   

 

"Simple blogueur" 

Interrogé par L'Express, David Noël se défend en tant que "simple blogueur", et dit avoir fait confiance aux informations divulguées par l'hebdomadaire sans chercher à les vérifier. (là, il abuse car rien n'empêche de vérifier ses infos sur internet et au moins donner plusieurs liens en cas de doute ou pour le moins y mettre des guillemets. Ndlr Gérard Brazon).

Pour lui, le procès traduit la volonté du FN de passer pour un parti politique "fréquentable" et s'inscrit dans un contexte local très particulier, marqué à la fois par une bataille politique (le FN contre le Front de gauche et la fédération socialiste) et les "affaires" qui minent une partie de la gauche.

Rappelons en effet que l'ex-maire socialiste d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville est poursuivi pour faux, usage de faux, détournements de fonds, et corruption.

David Noël, en tant qu'ex-adjoint communiste au maire, estime que l'extrême-droite tente de l'associer à cette affaire. "J'étais au contraire un élu anti-corruption" soutient-il, "mais depuis, le FN ne cesse de me coller l'étiquette de bras droit de Dalongeville, avec un message subliminal "la gauche, tous pourris".

Dans ce volet de l'affaire, le tribunal rendra son jugement à la fin du mois de novembre.  

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Du côté des médias

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