Le centre de soins des "sans carte vitale". On n'arrête pas le progrès!

Publié le 7 Octobre 2012

 

Voici un article dont j'ignore s'il vous fera plaisir... je crois que non finalement mais il doit être utile à votre éclairage.

Gérard Brazon

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A première vue le CASO de Saint-Denis ressemble à un centre médical improvisé. Sauf qu’ici, tous sont bénévoles. De l’agent d’accueil au médecin qui prodigue des soins aux malades migrants sans couverture maladie.

Une bénévole aidant une famille à remplir les documents

Une bénévole aidant une famille à remplir les documents

Rue des Blés, Plaine Saint-Denis. Une pluie qui n’est pas la bienvenue s’abat sur cet espace en transition où des bureaux décrépis côtoient de nouveaux immeubles pour migrants pendulaires.

Par leurs fenêtres, les cadres regardent les migrants, les vrais, ceux fraîchement arrivés du Pakistan, du Mali ou de Roumanie qui viennent jusqu’ici chercher ce que l’Etat ne leur offre plus ailleurs.

Depuis l’aube ils attendent. Quatre heures debout dans le froid à se balancer d’une jambe sur l’autre. Le Centre d’Accueil de Soins et d’Orientation (CASO) de Médecins du Monde n’a pas encore ouvert ses portes. Pourtant ces malades exclus du système n’ont pas d’autre choix. S’ils n’arrivent pas à inscrire leur nom en haut de la liste autogérée, ils ne seront pas soignés. Dénués de toute protection maladie, ils ne peuvent se rendre ni à l’hôpital ni chez un médecin de ville. (Je leur proposerai bien un retour au pays mais il paraît que ce serait raciste de le faire. ndlr Gérard Brazon)

C’est en réaction (Là, petit couplet habituel sur la misère et la culpabilité de ces français qui reçoivent mal cette "richesse de la France" Ndlr Gérard Brazon) à la misère des bidonvilles franciliens que la Mission Banlieue de l’association fut créée dans les années 1990. Le centre compte aujourd’hui une cinquantaine de bénévoles et sept salariés. A l’accueil, Alain oriente les demandes et distribuent des cartes numérotées : « orange pour les consultations médicales, rose pour les démarches administratives (Qu'est-ce que c'est exactement?) et bleue  pour la pneumologie». Une équipe de médecins bénévoles se relaie afin d’assurer une permanence permettant d’effectuer 12 à 18 consultations par demi-journées. Le mardi, un camion du Conseil général (aux frais des contribuables du 93 bien sûr.) permet de réaliser des radiographies alors que le jeudi un autre s’occupe d’examens dentaires. Des psychiatres, une ophtalmologue et une gynécologue viennent compléter l’équipe soignante.

Sophie Morel, la coordinatrice du centre rappelle pourtant que les soins ne sont pas la principale mission du centre : « on accueille ces individus déracinés, souvent perdus, et on cherche à les orienter, à les réintégrer dans les circuits de droit commun ». (Ce n'est pas de la responsabilité de la France que je sache? )

Dans de petites alcôves anonymes, les bénévoles accueillent des hommes seuls et parfois des familles entières afin de les guider à travers la forêt administrative française. (Ce qui fait que l'immigré en sait plus sur ses droits que le français lambda qui lui peut crever dans son coin.)

Avec près de 98% de primo-arrivants en situation irrégulière, les bénéficiaires du centre sont rarement francophones. Lorsque l’anglais et l’espagnol ne permettent pas aux volontaires de se faire comprendre, ils font appel à Pervin et Livia, deux bénévoles maîtrisant respectivement l’hindi, l’ourdou et le roumain. Cependant, cela se révèle souvent insuffisant et en en 2011, il a été nécessaire d’appeler un interprète pour 55,8 % des patients et 54,2 % des visites, creusant le budget de 20 000 euros supplémentaires. (A la charge de qui? je vous laisse deviner.)

Ce matin, Jaspreet est venu avec son père et sa mère. Ne tenant pas en place sur son siège, l’adolescent indien joue avec le scratch de l’attèle maintenant son poignet luxé lors d’une partie de foot de rue. La famille a pris le premier bus pour être sûr d’être reçue aujourd’hui. C’est Jaspreet qui sert d’interprète entre la volontaire, Céline, prof de banlieue en disponibilité, et ses parents. Son père Kuljit a travaillé un an sur des chantiers espagnols avant d’emmener sa famille plus au nord, loin de la morosité ibérique.  C’est donc dans un espagnol hésitant que les démarches s’effectuent pour cette famille dont le second enfant a réussi à être scolarisé au lycée. (Là aussi au frais des contribuables.)

Salle de consultation

Salle de consultation

La quasi-intégralité des patients étant dépourvue  de couverture santé, les volontaires les accompagnent dans leur demande d’Aide Médicale d’Etat ou AME. (Prés de 800 millions d'euros en 2011 et pendant ce temps là on dérembourse des médicaments à nos vieux et autres)

Cette aide vise à prendre en charge les dépenses médicales des étrangers en situation irrégulière et sans ressources résidant en France. Pour cela, les familles doivent résider en France depuis au moins trois mois, disposer d’une adresse pour correspondre et avoir des revenus inférieurs au barème de la CMUC (environ 600 euros par personne). Une fois les dossiers remplis, c’est aux bénéficiaires d’aller les déposer eux-mêmes à la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie), ce afin de les responsabiliser un maximum. (Les pauvres petits)

La jeune responsable du centre me semble exaspérée par l’attitude des pouvoirs publics. « Sur fond de paranoïa de la fraude, nous devons nous battre à chaque étape de la constitution du dossier ». Puisque les Centres Communaux d’Actions Sociales refusent de donner une adresse administrative aux personnes sans domicile, c’est Médecins du Monde qui se charge de cette prérogative. Avec 2 600 ménages domiciliés, cette activité encombre fortement les locaux du centre et ralentit son fonctionnement. Lorsqu’un prétendant à l’AME parvient à réunir tous les documents nécessaires, il devra aussi compter sur la bonne volonté de la CPAM dont il dépend : « celle de Paris est juste impossible, ils demandent des documents qu’ils ne devraient pas demander, jusqu’à trois pièces où les textes n’en demandent qu’une ». (Si vous découvrez comme moi qu'en donnant à Médecin du Monde, ceux-ci allaient soigner dans le Monde et bien comprenez que c'est le Monde et sa misère qui vient se faire soigner en France par ces "Médecins du Monde". Pour ma part, je ne donnerai plus un rond à ces gens là. ndlr Gérard Brazon)

Pour Sophie Morel, cette suspicion généralisée a abouti l’an dernier à la loi du gouvernement Fillon instituant une charge de 30 euros pour pouvoir bénéficier de l’AME. Bien qu’elle n’attende pas de miracle de la part de la nouvelle administration, elle reconnait que cette dernière a envoyé le bon signal en supprimant cette ultime barrière dont de nombreuses personnes ne pouvaient pas s’acquitter. Mais l’ensemble des bénévoles n’attend qu’une chose des autorités :  ramener dans le droit commun des prérogatives qui ont trop longtemps été déléguées à des associations. « Dans un monde idéal, nous n’existerions pas ».

Rémi Hattinguais

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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lombard 09/10/2012 18:31


bonjour


j'espere qu un jour le peuple pourra regler ses comptes et mettre les compteurs a zero avec cette puante bien pensante olligarchie politico mediatique bobosocialo...lorsque l on voit déja les
milliards perdus et gaspillé de cette gabjie politique incompetante...combien de mois encore avant que nous les chassions...a oui j'allais oublier le repport des municipales de 12 mois!!!!

rosalie 07/10/2012 16:45


Je l'ai découvert sur Bondy juste avant de le voir ici et en lisant les commentaires de certains, mon sang a commencé à bouillir et voici le commentaire que je viens de poster:


Cet article est-il fait pour attester que les pauvres français sans le sou sont des racistes ou pour stigmatiser (mot à la mode) les travailleurs français, cotisants
et interdits de réponse par cette idiot(e) "aux pleureuses"qui estiment qu'il faut écrire sans faute pour avoir le droit de donner son avis? Bien sûr que cette histoire est révoltante pour tous
ceux qui ne peuvent plus se soigner et j'en connais autour de moi, des gens sans dents, sans lunettes, atteints d'arthrose ou de maladies du vieillissement qui supportent leur mal en silence et
n'ont ni AME, ni CMU pour leur venir en aide. Ils n'ont qu'une carte verte bien rangée dans leur portefeuille qu'ils n'utiliseront qu'en cas de péril. Ces gens que l'on soigne pour répondre à aux
pleureuses, savent-ils écrire le français, même avec des fautes, savent-ils le lire? NON mais parce qu'ils sont illégaux chez nous, ils ont droit à tous les égards. A quand un nouvel article pour
nous montrer à quel point ils sont maltraités quant ils doivent attendre si longtemps leur tour, debout, dans le froid? Cet article ne saurait tarder avec l'hiver qui arrive. S'il faut soigner
ces illégaux sous peine qu'ils nous contaminent, alors faisons le minimum utile et renvoyons les chez eux. C'est beau d'être généreux avec l'argent des autres! Comment expliquer que ces personnes
arrivent de plus en plus nombreuses? Mais ne désespérons pas, d'autres associations de bénévoles sont là pour leur expliquer ce à quoi ils ont droit d'office sans rien donner en retour et dans
peu de temps certains enfants seront scolarisés pour éviter le renvoi chez eux. Elle est pas belle la France? Mais elle en a marre de se faire ponctionner avec l'appui de ces bénévoles au grand
coeur qui estiment normal que ces immigrés passent avant les français qui se sont crevés toute une vie pour une petite retraite qui ne leur permet plus d'avoir accès aux soins.

mika 07/10/2012 10:57


La CARTE VITALE "GOLD" ...Un article pour y voir + clair...


Les 2 font la Paire…de lunettes à 12 000 euros !
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/641511-audrey-pulvar-et-ses-lunettes-a-12-000-euros-naissance-d-un-symbole-devastateur.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obindomain