Le chômage explose en Bretagne

Publié le 26 Octobre 2012

39% de hausse du chômage sur l’ensemble des cinq départements Bretons, en catégorie A sur le mois de septembre. Ou comment l’économie salue à sa façon le flou politique qui régit la France. La Bretagne compte désormais près de 187.700 chômeurs, six mille de plus que le mois précédent.

La plus forte hausse se constate en Ille-et-Vilaine, avec 1966 chômeurs de plus (5%), suivie de près par les Côtes d’Armor (830, 3.70%), la Loire-Atlantique (1597, 3.0%), le Finistère (1151, 3.1%) et achevée par leMorbihan (617, 2.10%).

La hausse serait due à la fin massive des contrats d’intérim et CDD d’été, mais encore, pour les départements de la Basse-Bretagne, aux licenciés de chez Doux (ceux du moins qui n’ont pas choisi le dispositif de formation et reconversion, soit environ 20% de l’effectif), et en Ille-et-Vilaine aux départs de chez PSA. Le chômage devrait continuer à augmenter dans les prochains mois, tant en Bretagne qu’en France, et devrait être tempérée dans le secteur marchand et l’industrie par les contrats temporaires dus au surcroît d’activité pour les fêtes, puis pour les soldes et les inventaires.

En France, il y a fin septembre 3.057.900 chômeurs, une hausse de 1.6% sur un mois. 13% des 46.900 nouveaux chômeurs sont Bretons. Même si le mois prochain la hausse est moindre, le pic atteint en 2009 (3.073.200) devrait être mécaniquement dépassé. A la lumière des chiffres provenant d’autres régions de France, la hausse du chômage est principalement nourrie par les départements du nord-ouest du pays, du grand Est et du centre. Avec des évolutions qui atteignent 5.4% dans le Maine-et-Loire, 5.0% dans la Sarthe, 5.2% en Haute-Saône, 6.4% en Corrèze, 2.6% dans les Ardennes ou 3% dans l’Eure.

Ajustements massifs des statistiques par les pouvoirs publics

Le site Agoravox  relance la polémique sur la crédibilité de ces chiffres officiels. En effet, le gouvernement a joué sur tous les leviers pour atténuer la hausse. Ainsi, au niveau national, 64% des sorties de Pole Emploi sont dues à des radiations. Soit 295.100 personnes concernées, dont 37 400 radiations administratives; une partie de ces derniers réintégreront donc les statistiques en octobre, si leur radiation est reconnue comme abusive par les services de Pole Emploi ou par la justice. A peine 20% des sorties de Pole Emploi sont représentées par les reprises effectives d’emploi (pour 92.200 personnes), et encore, en comptant les emplois aidés etc. Les stages explosent, +37.5% ce mois-ci, pour 41.100 personnes au total. Le site fait aussi la liste des « demandeurs d’emploi invisible » pour arriver à un discutable total de 8.5 millions de chômeurs en France, qui reste à prouver statistiquement. En sachant qu’une grande part des chômeurs, visibles (dans les catégories A à E) ou non, travaille « au noir » dans ce qu’on appelle « l’économie grise » (30% des emplois à Marseille, 20% dans le Nord), les 8.5 millions de chômeurs, s’ils existent, ne signifient pas 8.5 millions de désoeuvrés. Les bourgeois peuvent dormir tranquilles, les barricades au faubourg Saint-Antoine  ce n’est pas pour demain.

Rappel du bulletin d’août 2011

En août 2012, la hausse du chômage en Bretagne se poursuit pour le 7e mois consécutif. Notre pays a 870 chômeurs de plus en catégorie A, soit une hausse de 0.48%. L’emploi saisonnier et la baisse du chômage dans les Côtes d’Armor contribuent à sauver les meubles. L’emploi des jeunes s’améliore, ce qui n’est pas le cas de celui des seniors.

Les Côtes d’Armor perdent 190 chômeurs (-0.84%), l’Ille-et-Vilaine en gagne 60 (+0.15%), le Morbihan 170 (+0.58%). Le Finistère (+0.95% soit 350 chômeurs de plus) et la Loire-Atlantique (+0.91% soit 480 chômeurs) fournissent, eux, les plus gros contingents de chômeurs Bretons. Depuis février 2012, début de la hausse ininterrompue du chômage, le nombre de chômeurs Bretons augmente de 6.3 % pour atteindre 181.526 personnes.

En France, le nombre de chômeurs augmente de 0.8% sur un mois pour dépasser 3 millions de chômeurs. Le chômage augmente presque deux fois moins en Bretagne qu’en France. C’est le 2e mois consécutif où le chômage augmente moins vite en Bretagne qu’en France.

Dans le détail  les fins de mission d’intérim et de CDD contribuent de plus en plus à l’accroissement du nombre de chômeurs. Partout sauf en Ille-et-Vilaine (+0.6%), du fait de l’emploi saisonnier, le chômage des jeunes diminue, par exemple de 3.7% pour les jeunes femmes en Côtes d’ Armor. Dans ce même département, le nombre d’offre d’emplois non durables, inférieurs à six mois, s’effondre (-6.3%) sur un mois. Dans le Finistère, le chômage des seniors continue à augmenter, et ce sont les offres d’emploi durables cette fois qui diminuent drastiquement (-7.3%), un mouvement commun à toute la Bretagne, hors Loire-Atlantique, qui en dit long sur la morosité des employeurs. Le chômage des seniors (+ de 50 ans) augmente en moyenne de 2%. Seul le département capitale de Bretagne échappe à la baisse des offres d’emplois collectées   (pages 13 et 14) puisqu’elles augmentent de 12% sur un mois.

Rappel du bulletin de juillet 2012

Les mois passent et la hausse du chômage continue. Depuis 15 mois pour la France qui compte désormais 2.987.100 chômeurs de catégorie A (2.806.444 sans les Bretons)  et le chômage y augmente de 1.4% avec 41.300 chômeurs de plus. Depuis 6 mois pour la Bretagne où le chômage croît de 1.16% avec 2076 nouveaux chômeurs.

Mais contrairement au mois dernier où la hausse avait atteint 1.66% en Bretagne, le double de celle enregistrée en France (0.81%), ce mois-ci, les chômeurs Bretons qui représentent 6% des chômeurs français ne contribuent qu’à hauteur de 5% à la hausse du chômage. Si bien que pour une fois, le chômage s’accroit moins en Bretagne qu’en France. Pourvu que cela dure… Dans le détail, l’Ille-et-Vilaine qui plombait les statistiques bretonnes depuis des mois ne gagne en juillet que 120 chômeurs (+0.31%), la Loire-Atlantique 566 (+1.08%), le Finistère 480 (+1.32%), les Côtes d’Armor 330 (+1.48%) et le Morbihan 580 (+2.03%). Il est important de savoir qu’avec ses 52 766 chômeurs, la Loire-Atlantique représente presque 30% des chômeurs Bretons.

La hausse du chômage touche en priorité, en Loire-Atlantique (pages 1-2 et 13-14 ), les jeunes de moins de 25 ans des deux sexes. Dans les Côtes d’Armor, ce sont les hommes de plus de 50 ans les plus concernés (+4.4% sur un mois). Dans le Finistère, ce sont aussi les seniors hommes les plus précarisés (+2.8 %). Du fait des emplois saisonniers notamment, le chômage des moins de 25 ans n’augmente pas, voire décroît fortement comme en Ille-et-Vilaine chez les jeunes filles (-4.5% sur un mois). Le Morbihan connaît une évolution inverse avec +5% de hausse chez les jeunes des deux sexes.

BREIZH JOURNAL

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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