Le chômage français - Par Jean Louis Caccomo

Publié le 6 Août 2014

Pour appréhender la question du chômage, il faut au préalable poser une définition précise du chômeur. La classification d’un individu comme chômeur varie selon les définitions utilisées. La définition la plus usuelle est la suivante : un chômeur est généralement un individu qui appartient à la population active, qui n’a pas d’emploi, et qui en cherche un activement. Cette définition fut proposée par l’Organisation internationale du travail (OIT, ex-BIT). 

 Franchouillard Par Jean Louis Caccomo Gens Réflexion-4

Cependant, elle est assez floue et sujette à des variations dans son interprétation. En novembre 2007, l’Insee a fait évoluer sa méthodologie pour coller à l’interprétation d’Eurostat. La définition s’est alors affinée : est « chômeur » une personne en âge de travailler (16 ans ou plus) qui est : - sans emploi (ne pas avoir travaillé, même une heure, pendant une semaine de référence) ; - à la recherche active d'un emploi ; - disponible dans les quinze jours.

Une seconde définition du chômage existe, celle de Pôle emploi, selon laquelle est un « demandeur d'emploi », un chômeur qui, en France, est inscrit à Pôle emploi. 

 

Le gouvernement, lorsqu'il communique les chiffres du chômage, parle uniquement des inscrits de la catégorie A de Pôle emploi. Armée d’une définition, on peut alors passer à l’estimation du nombre de chômeurs. En France, le taux de chômage (nombre de chômeurs/population active) se monte à 9.7 %.

A la fin juin 2014, cela porte le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A à 3 398 300.

Au total, le nombre de demandeurs d’emplois de catégories A, B, C s’établit à 5 043 200.

 Le niveau et la persistance d’un tel chômage défit non seulement une grande partie des experts mais aussi l’ensemble de la classe politique de telle sorte qu’aucun gouvernement n’a réussi à endiguer durablement ce fléau. 

 

Il convient donc de revenir sur la dimension théorique pour redonner à l’action toute son efficacité. En la matière, il existe un foisonnement de théories qui se sont attaquées à l’explication du chômage avec plus ou moins de succès. Notamment à partir des années 80, on a pu assister à une renaissance des modèles partiels explicatifs de telle ou telle situation de sous-emploi (chômage keynésien, chômage classique, chômage lié aux différentes rigidités du marché du travail, chômage lié aux conditions d’information imparfaite). 

 

Malgré cette richesse théorique, la recherche a rarement débouché sur des politiques et des actions concrètes efficaces en matière de lutte contre le chômage. Il y deux raisons principales à cet état de fait : soit que les théories en question étaient trop abstraites, soit que les décideurs politiques sont restés sourds aux enseignements de la théorie quand ils n'allaient pas dans leur sens. De plus, et notamment en France, l’analyse du chômage a généralement emprunté un cheminement keynésien qui débouche sur le raisonnement suivant : à cause d’une consommation des ménages faible, la croissance économique est ralentie ; en conséquence, le chômage augmente ou ne peut pas baisser. 

 

Il s’en suit qu’il faudrait relancer la consommation des ménages, seule moteur de la croissance selon cette perspective.

Si une telle perspective analytique est de nature à expliquer le chômage à court-terme (encore appelé « chômage conjoncturel »), elle s’avère dépassée pour rendre compte du chômage de long-terme (lui-même appelé « chômage structurel »). Or, notre pays souffre de la persistance, depuis des décennies, d’un chômage structurel. Dans cette optique, il convient de renverser l’ordre des causalités : c’est la faiblesse de la croissance qui mine à la fois la consommation et l’investissement, entraînant du même coup une explosion et une persistance du chômage

 

 

Tant que l’on raisonnera à l’envers, confondant la cause avec les effets, on ne parviendra jamais à réduire de manière significative et durable le niveau et le taux de chômage dans notre pays. Pour diminuer le chômage, il faut libérer la croissance. Les ménages consomment moins car ils sont devenus plus pauvres à cause de la chute structurelle du taux de croissance économique depuis trois décennies. La consommation des ménages ne se décrète pas.

Mais nous récoltons aujourd’hui les fruits d’un immobilisme suicidaire à force d’avoir retardé, depuis les années 80, les réformes nécessaires, au retour d’une croissance économique viable et pérenne.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 10/08/2014 20:39


Le chômage s'est installé de façon définitive pendant le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, et depuis, il continue d'augmenter.


Rien d'étonnant à cela, puisque ce président indigne, en + d'avoir instauré le regroupement familial, a aussi instauré un nouvel impôt pour le patronat, la taxe
professionnelle. C'était en 1975. Un an + tard, deuxième choc pétrolier, qui verra nombre d'entreprises mettre la clé sous la porte. En + de devoir faire face à des coûts de
production + importants, elles devaient en outre s'acquitter de ce nouvel impôt... Malgré tout, il ne sera pas supprimé, ce qui incitera les patrons à embaucher moins qu'ils le devraient,
contrairement aux années précédentes... Et comme avec le temps, cette taxe n'en finira pas d'augmenter, poussant les multinationales à délocaliser, la crise s'aggravera, sans qu'aucun des
dirigeants politiques ait le courage de s'attaquer à la fiscalité. Seuls Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen oseront dénoncer cette imposition démentielle. Ils ne seront pas écoutés,
et ce n'est pas demain la veille que les choses vont s'arranger !