Le crime de «féminicide» reconnu au Nicaragua

Publié le 3 Décembre 2011

Société

Après le Pérou et la Bolivie, le Nicaragua est le troisième pays latino-américain à adopter ces dernières semaines le crime de « féminicide », homicide aggravé du fait de la qualité de femme de la victime, puni de 30 ans de prison. ( ELMER MARTINEZ / AFP )

 

Après le Pérou et la Bolivie, le Nicaragua est le troisième pays latino-américain à adopter ces dernières semaines le de « féminicide », homicide aggravé du fait de la qualité de femme de la victime, puni de 30 ans de prison. La loi a été approuvée mercredi par le du Nicaragua pour punir spécifiquement les violences commises contre les femmes.
Selon le texte, le « féminicide » est notamment « l'expression maximum de la violence de genre commise par des personnes qui sont ou ont été liées à la femme par le sang, le mariage ou les conjoints et ex-conjoints, partenaires et ex-partenaires ».

Le « féminicide » sera puni de 20 à 30 ans de prison (peine maximum dans ce pays). « La violence intrafamiliale est un problème grave au Nicaragua et va en augmentant. Cela montre l'inégalité de pouvoir entre hommes et femmes », a indiqué devant les élus la présidente de la Commission de la femme au parlement, Maria Dolores Aleman. Selon des chiffres officiels, 89 femmes dont neuf fillettes ont été tuées en 2010 dans ce pays de 6 millions d'habitants.

En , le combat de Jean-Michel Bouvier

Père de Cassandre, 29 ans, violée et assassinée en juillet dernier, sur les hauteurs de Salta, en Argentine, avec son amie, Houria Moumni, 21 ans, Jean-Michel Bouvier a fait de la reconnaissance du féminicide dans le droit pénal français, un combat. « Quand je suis retourné à Buenos Aires, j’ai discuté avec le personnel de l’ambassade et j’ai découvert l’existence du crime de « féminicide » (feminicida en espagnol). Je me suis dit qu’il fallait introduire cette notion dans le Code pénal en France. Par « féminicide », j’entends le fait de battre, violer et assassiner une femme, expliquait-il dans nos colonnes en septembre dernier. A l’époque de la Rome antique, on devait penser qu’abolir l’esclavage ne tenait pas juridiquement! Désormais, c’est mon combat. C’est le cri d’un père. »

En Amérique Latine, plusieurs autres pays comme le Pérou, Bolivie, Chili, Costa Rica, Colombie, Salvador, Guatemala, Mexique, de la zone ont déjà ou sont en train d'intégrer ce type de crime dans leur droit pénal.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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