Le FIGARO révise l'islamisme - par Joachim Véliocas - Préface Gérard Brazon

Publié le 16 Juin 2011

Pendant que le Maire de Paris donne, avec la complicité des élus de droite comme de gauche, le nom d'un suicidé et non pas en l'honneur de la révolution tunisienne, cette révolution pourrait réserver des surprises pour les admirateurs de "Printemps arabes".

            Pour ma part, je suis convaincu que les peuples ne peuvent pas aller plus vite que la musique. Cette musique n'est pas écrite par n'importe quel révolutionnaire et que toutes les révolutions ont abouti à des dictatures bien plus forte. Il est à craindre que les dictatures qui vont venir après le "printemps" seront bien plus proche de la glaciation que de l'hiver précédent.

            Les peuples ne peuvent aller plus vite que la musique disais-je, car aussi loin que l'histoire que l'on peut encore nous enseigner, (cela ne va pas durer)  il y a des étapes nécessaires avant d'aboutir à une démocratie pleine et entière de type occidental même imparfaite comme la nôtre, qui respecte si peu les volontés d'un peuple quand par hasard, il est sollicité. (référendum de 2005). Grossièrement, on peut dire que l'Asie est sur le chemin, (mis à part la Corée du Nord et sans doute la Chine et la Birmanie) l'Afrique sort à peine du Moyen Âge sans avoir encore abordée la "Renaissance" et encore moins les siècles des lumières. Quand aux territoires sous dépendance de l'islam, c'est la période de l'inquisition, les bûchers, les procès en sorcellerie et les débiles mentaux de type Khomeiny avec ses préceptes que vous trouverez sur ce blog. 

            Alors la Tunisie. Le pays du Maghreb le plus avancé, le plus instruit nous dit-on? Il est à craindre qu'il suive la même pente et qu'il soit tiraillé entre le fait religieux et l'abandon à Allah qui, on le sait bien, a fait des 57 pays qui le vénèrent, 57 pays à la pointe du progrès et de la recherche et à la pointe du respect des droits de l'homme. La Tunisie devrait, si en effet son peuple est instruit, entrer dans le dix neuvième siècle peut-être le début du vingtième ou plonger de nouveau dans le Moyen Âge si la soumission à Allah prédomine sur l'instruction et la connaissance. 

            J'ai tendance à parier pour la deuxième hélas avec une pensée pour ce grand homme qu'était Habib Bourguiba qui doit se retourner dans sa tombe comme d'autres, comme notre général de Gaulle en écoutant les inepties des politiques actuels français.

            Quant au FIGARO, j'avais pu observé sa tournure façon bobo et politiquement correct dans ses pages "faits divers", désormais, c'est dans ses pages politiques qu'il se "droits-de-l’hommistes" façon "gôche caviar". C'est dommage.

 

Gérard Brazon

 

Le Figaro révise l'islamisme par l'observatoir de l'islamisation

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Dans un article intitulé Le nouveau pouvoir tunisien face à l'inconnue islamiste , Arielle Thedrel, grand reporter au service étranger du Figaro a présenté un visage délirant de l'islamisme tunisien, qui restera dans les annales de la désinformation. Voici quelques lignes valant leur pesant de cacahuètes :

 

"C'est une vieille habitude. Au lendemain des législatives d'avril 1989, à l'issue desquelles les islamistes avaient obtenu officiellement 14 % des suffrages, le président Ben Ali avait décidé d'exclure du champ politique le parti Ennahda.

La victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) en Algérie lors des élections de juin 1990 lui avait ensuite offert l'occasion d' exploiter   la menace d'un «effet domino». Présenté comme un péril pour la stabilité du pays, Ennahda avait été interdit et ses cadres torturés et emprisonnés. La légende de Ben Ali «rempart contre l'intégrisme» était née. Le fait est cependant qu'Ennahda, contrairement au mouvement islamiste algérien, n'a jamaisbasculé dans la violence et que cette formation était et demeure jusqu'ici plus proche des islamistes modérés de l'AKP turc que des barbus algériens du FIS."

Pour les bons connaisseurs de l'islamisme tunisien, une telle densité de contre-vérités serait risible si le quotidien n'était si prestigieux et influent .  Alors que les ouvrages disséquant le parti Ennadha sont nombreux - en langue arabe ou en langue française- et que les spécialistes de l'islam politique tunisien  sont à portée d'un coup de téléphone ( Antoine Sfeir, Hamadi Redissi, Riyadh Sidaoui,  Abderrahim Lamchichi...) le degré d'incompétence est gravissime.

Première contre-vérité: Selon Arielle Thedrel, donc, Ennahda n'aurait jamais basculé dans la violence. Qu'elle médite sur ces faits historiques :

- Les nombreuses manifestations islamistes dans les universités, notamment à Tunis, furent émaillées de violences graves au long de l'année 1986. Celle du 23 avril 1986 fit un mort, policier. Les représentants du parti Destour (parti de Bourguiba) sont visés physiquement. A l'époque, la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) n'hésite pas à nommer le mal :

La Ligue tient à insister sur le caractère très grave qu'a pris la violence cette fois-ci. Ainsi, des groupes d'étudiants appartenant au Mouvement Ennahda, ont commis de façon délibérée et organisée une série d'actes de violence grave, comme l'incendie d'institution éducatives, appartenant au peuple, dans le but de paralyser l'université, de la prendre en otage et ce dans le cadre d'une confrontation globale avec le régime" (communiqué du directeur de la LTDH du 18 mai 1991)

Octobre 1987 : L'imam de la mosquée du Kram, Brahim el-Ouergui est vitriolé par des militants du MTI (mouvement de Ghannouchi fondé en 1981 qu'il rebaptisera Ennhada en 1989, constitué de la même direction) au crime d'être bourguibiste, il décède de ses blessures quelques jours plus tard. Quelques mois plus tard, un gardien de la paix de la région de Jendouba , Salah al-Manai, subit le même sort.

2 août 1986: quadruple attentat à la bombe dans des hôtels de Sousse et Monastir, qui firent treize blessés dont douze touristes britanniques et italiens. Le Monde du 2 septembre 1987 rapporte le contexte d'une montée aux extrêmes : " Avant même les attentats à l'explosif commis le 2 août dans les hôtels fréquentés par les touristes, les violences se multiplient. Des armes sont volées à des policiers en faction devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, des membres des forces de l'ordre sont battus à mort lors des manifestations, des magistrats sont vitriolés et des lettres de menaces arrivent chez des journalistes tunisiens". Le philosophe Mezri Haddad rapporte dans son ouvrage Non Delenda Carthago (Le Rocher, 2002)  que "Frappé de stupeur, fou de rage, Bourguiba exigeait la tête des hauts dirigeants de la secte islamiste. Il s'apprêtait ainsi à entrer dans le jeu diabolique des stratèges islamistes en leur offrant des martyrs. ' Si Dieu veut que je devienne le martyr des mosquées, qu'il en soit ainsi. Mais je vous dis que ma mort ne sera pas vaine et que de mon sang, naîtront des fleurs islamiques'  communiqua Ghannouchi (cité par Le Monde du 2 septembre 87). "

Condamné aux travaux forcés, ne dut la vie vie sauve qu'à Ben Ali décourageant Bourguiba de le condamner à mort afin de ne pas en faire un martyr. Erreur :

8 novembre 1987Tentative de coup d'état préparée par Ghannouchi et son bras droit Salah Karkar. En mai 1991, Abdallah Kallel qui fut ministre de l'Intérieur lors de la tentative avorté de coup d'état, révèle que "la décision de passer à l'action violente y compris le projet d'assassiner le président Ben Ali, a été probablement prise en mars 1988, lors du dernier congrès d'Ennhada"(rapporté par Libération du 23 mai 1991). Le premier à vendre la mèche sera l'ancien numéro deux de Ennhada, Abdelfattah Mourou dans Jeune Afrique du 12 juin 1991 : "Rached Ghannouchi a toujours refusé de dialoguer; il a choisi le recours à la violence" . Ce même  Mourou démissionna du mouvement "non violent" du Figaro à la suite de l'action terroriste du 17 février 1991 contre un local du parti RCD à Bab Souika.

Mieux, dans un livre d'entretien avec les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi intitulé Notre ami Ben Ali, sorti en 2002 à la Découverte, Salah Karkar (bras droit de Ghannouchi) avoue carrément : "Les sympathisants du MTI au sein de l'armée préparaient un coup d'Etat, prévu pour le 8 novembre (...) cette décision a été adoptée par le bureau politique du mouvement islamiste (...) Nous n'avions d'autres issues (...) le régime nous avait déclaré la guerre". Karkar explique qu'il quitta la Tunisie pour "obtenir l'accord des Frères Musulmans égyptiens et syriens et de certains milieux algériens pour le coup d'Etat" (page 41)

Heureusement à l'époque, cette machination qui impliqua des policiers et militaires  islamistes infiltrés, formant un groupe secret dénommé le "Groupe sécuritaire" (Mjmoua amniyya) échoua, 73 d'entre eux furent immédiatement arrêtés. La confiscation de la démocratie par une théocratie islamique était le but avéré. "Il n'y a pas lieu de concevoir une société islamique laique, ou un musulman laic, sauf si il abandonne ce qu'il y a de fondamental dans l'islam [...] une société ne peut être islamique que si elle n'est pas laique" expliquait Ghannouchi à Algérie Actualité (n°1252) en 1989 lors de son exil   D'ailleurs, Abdelfattah Mourou (numéro 2 de Ennhada à l'époque) ne cachait pas d'instrumentaliser le "processus parlementaire" pour des "raisons tactiques" , islam et démocratie occidentale étant "antinomiques" (propos issus d' une vidéo que révéla l'hebdommadaire Le Maghreb en juin 1990). 

Salah  Karkar, numéro trois de Ennhada tint ces propos plus qu'ambigus, rapportés par Le Figaro du 8 novembre 1993 (madame Thedrel devrait pouvoir vérifier facilement) : "La violence? Je ne peux pas la conseiller...mais je ne peux pas la désapprouver" (sic) . On ne s'étonne donc pas qu'il fut soupçonné d'importer des armes en Tunisie en provenance d'Allemagne par la police tunisienne.

Selon Mohamed-Chérif Ferjani qui a analysé le discours de Ghannouchi dans son livre Islamisme, laicité, droits de l'homme "Quant aux moyens à utiliser pour combattre la "mécréance" et l'"injustice", R. Ghannouchi préconise le Jihad qui "varie selon l'étape" de l'action pour un "régime islamique"(pages 212-213). "Islamisme modéré", ah bon madame Thedrel ?

 

 Deuxième contre-vérité: Arielle Thedrel laisse aussi entendre que Ennahda n'aurait jamais eu de liens proches et très privilégiés avec le FIS, faisant de lui un parti islamo-conservateur démocratique comme l'AKP (si tant est que l'AKP corresponde à cette définition). Qu'elle médite donc sur ces quelques faits historiques :

- Lors de son exil à Alger en 1990 c'est Ghannouchi en personne qui a rédigé la plate-forme électorale du FIS pour les élections municipales algérienne de 1990, révèle Roland Jacquard dans son livre Au nom d'Oussama Ben Laden paru chez l'éditeur Jean Picollec en 2001. Mieux, c'est Ennhada qui a aidé le FIS à rencontrer les bailleurs de fonds au sein des monarchies arabes à la veille de la guerre du Golfe ajoute Jacquard toujours excellement informé. Selon un conseiller des Nations-Unies en matière de terrorisme, "en 1990 et 1991, Ennahda a envoyé de nombreux cadres en Algérie pour aider les militants du FIS dans leur campagne électorale". Le Nouvel Observateur du 14 juin 2001 a questionné Hichem Aboud (ancien directeur de cabinet de la Sécurité militaire algérienne) qui révéla "Lorsque les Tunisiens ont proposé, dans le cadre de la coopération, de filer Ghannouchi quand il venait rencontrer les gens du FIS, les services algériens ont refusé au nom de la démocratie [...] Les Tunisiens n'en revenaient pas : l'ambassadeur d'Arabie Séoudite allait au siège du FIS et rencontrait ses dirigeants (la direction de Ennahda). On savait pourtant que le FIS était financé par l'Arabie Séoudite. On laissait faire. On ne bougeait pas"

Pour des gens qui ne sont pas très proches du FIS selon Thedrel, c'est quand même bizarre !

Pour finir, on apprendra à Arielle Thedrel les liens entretenus entre l'Iran des Pasdarans avec Ghannouchi, afin de parfaire ses fiches pour ses prochains papiers sur l'islamisme  tunisien . Car pour information, voici la retranscription de l'allocution de Ghannouchi au 1er congrès islamique tenu à Téhéran du 4 au 6 décembre 1990 :

" Les premières lueurs de l'islam apparaissent, ainsi que les promesses d'un islam victorieux, avec un Etat islamique international [...] un islam qui règlera leur compte aux armées juives criminelles qui poursuivent leur croisade contre notre Umma [...] l'adversité est de nature à éveiller notre nation, et à l'inciter au djihad, à l'union et au combat contre ces régimes traitres qui nous oppriment"

Le Figaro peut faire un papier d'excuse ou de rectification...et/ou me demander quelques piges afin que ces énormités ne se reproduisent plus.Le Figaro avait déjà dû s'excuser platement l'année dernière pour un article d'Arielle Thedrel contenant des fausses allégations sur un homme d'affaire ukrainienRinat Akhmetov.

Joachim Véliocas, directeur de l'Observatoire de l'islamisation. Dernier ouvrage paru, Ces maires qui courtisent l'islamisme (Tatamis, 2010)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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antiMouton 20/07/2016 01:02

Je suis sidéré en voyant toutes les remarques et commentaires sur la question de "blasphème" ...
Comment Est-ce possible qu'un état parle de blasphème ?????? et en plus contre une autre religion ?? on marche sur la tête !
La question n'est pas de savoir si Mohamed était , ou pas, pédophile .. même un homme du passé ne peut pas être jugé avec la loi d'aujourd'hui .. alors un prophète d'une autre religion ????
Ceci s'appelle un changement de référentiel ..
ceci s'appelle l'installation progressive, l'installation de la "charia" dans des pays catholiques par des juges considérés comme laïcs !!
Cherchez l'erreur !!!

rosalie 16/06/2011 19:26



J'ai abandonné le forum du figaro pour les mêmes raisons et je pense ne pas être la seule. Il est donc inintéressant d'aller sur ces forums quant on connaît la censure qui s'y pratique.
D'ailleurs tous les commentaires sont sur la même ligne de pensée! On nous manipule!



Loly 16/06/2011 12:42



Qu'ajouter de plus!!!


http://www.philippebilger.com/blog/2011/06/que-des-drucker-.html



Robert le Miro 16/06/2011 11:27



J'ai abandonné le forum du Figaro non pas à cause de la modération mais d'une véritable censure gérée par Concileo, sous-traitant de la Rédaction du Figaro.


 


Il n'est pas question en effet de rétablir certaines vérités historiques volontairement passées aux oubliettes parce que venant contrarier la dictature actuelle de la pensée.


Il n'est pas question non plus de remettre en cause les "bienfaits" de l'immigration maghrébine et africaine subsaharienne (puisqu'il est désormais incorrect de parler d'Afrique noire ;
d'ailleurs, certains bien-pensants ne voient même pas qu'un noir est noir tellement ils ne sont pas racistes)


Pourtant, c'est bien de cette immigration dont il est sans arrêt question de façon lancinante dans les forums, pas de l'immigration d'origine asiatique !


Pourquoi ? Oserais-je demander naïvement !


 


Mais pour en revenir au Figaro, la censure est telle qu'à partir du moment où l'on est repéré comme étant un "mauvais esprit", voire un "déviant", il n'est même plus possible d'écrire qu'il fait
jour à midi (au cas peut-être où ce soit un code)


 


Comme dirait Gérard Brazon : C'est dommage !


Oui et d'autant plus que la maxime du Figaro se trouve être "Sans la liberté de blâmer............."


Mais peut-être n'avons-nous pas la même notion de la Liberté !