Le FN serait-il un troisième parti socialisant. Par Jean Robin

Publié le 25 Juin 2013

Après 35 ans de diabolisation du FN par la gauche pour diviser la droite, le PS sent le vent tourner depuis quelques années, avec le report des voix de gauche sur le FN lors d’élections importantes. Cela vient surtout du nouveau positionnement du FN à gauche de l’échiquier politique, laissant ainsi un trou béant à droite.

Par Jean Robin d'Enquêtes et Débats

hémicycle  

Nous l’avons déjà dit cent fois : le FN est devenu un parti de gauche avec Marine le Pen, et déjà avec Jean-Marie le Pen après sa défaite au 2nd tour de l’élection présidentielle. J’ai raconté la rencontre entre Florian Philippot et Marine le Pen, où le premier recommandait à la seconde que “le FN cible les fonctionnaires, clientèle selon lui oubliée par le PS et l’UMP”. Avant cette rencontre, le FN avait déjà accueilli par milliers les déçus du PCF, en tenant le même discours que Georges Marchais en 1980 : pour les valeurs, pour la nation, contre l’immigration, contre l’Union Européenne. Nous avions démontré que d’anti-étatiste en 1974, le FN était devenu étatiste en 2001. Nous avions prouvé par 10 points irréfutables que le FN roule pour la gauche.

Comment en vouloir à Marine le Pen : elle dirige un parti, elle a donc besoin de voix, or 75 ans de propagande communiste dans les médias et à l’éducation nationale (socialiste) ont rendu les Français socialistes. La présidente du FN prend donc acte de cette réalité et s’adapte à son électorat. C’est toute la différence entre un parti et un leader politique comme De Gaulle, qui a une vision pour son pays, que ne partage pas l’immense majorité de ses concitoyens, mais qui est juste. En 1940, ils étaient quelques centaines à le rejoindre à Londres. En 1944, toute la France était derrière lui.

Le curseur a basculé à gauche

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le curseur politique a clairement basculé à gauche. L’Etat n’a cessé de grossir, jusqu’à atteindre 57% du PIB aujourd’hui, contre 34% sous le Général de Gaulle. Avec l’Etat, c’est le socialisme qui n’a cessé de grossir, ainsi que la dette qui lui est due en grande partie. Tous ces fonctionnaires embauchés et payés avec l’argent du contribuable ont creusé les déficits, de même que la Sécurité sociale, la retraite par répartition, etc. Le FN ne dénonce plus jamais cela, contrairement à son discours dans les années 80, où Jean-Marie Le Pen se disait “reaganien”.

L’autre phénomène c’est la diabolisation du FN par la gauche pour diviser la droite, et faire oublier l’alliance de tous les instants du PS (ex-SFIO) avec le totalitarisme communiste. Cette diabolisation a fait passer un discours de droite, patriote et libéral, celui de Jean-Marie Le Pen dans les années 80 – 90 (si on enlève les outrances racistes), pour un discours d’extrême-droite. Cela décalait forcément la droite au centre, pour ne pas être assimilée à la prétendue extrême-droite. Quand on sait que François Mitterrand était un homme réellement d’extrême-droite, comme disait Georges Frêche, cette classification n’a pas grand sens.

Ce qui a du sens toutefois, c’est que la droite s’est retrouvée orpheline de tout parti patriote, libéral et conservateur. L’aile droite de l’UMP, la droite populaire, a été liquidée de l’intérieur, soit par des exclusions (la plus spectaculaire étant celle de Christian Vanneste) soit par des injonctions pour ne plus défendre certaines idées de droite. Comme le montre l’illustration de cet article, l’UMP et l’UDI sont au centre, et il n’existe aucun grand parti à droite en France. Et en fait l’UMP et l’UDI sont à la gauche des gauches européennes et de la gauche américaine.

Celle-ci serait même considérée d’extrême-droite si un parti défendait les mêmes positions que Barack Obama : peine de mort, liberté de port d’armes, liberté d’expression totale, non remboursement de l’avortement, etc.

Quand on lui pose la question, Jean-Marie Le Pen justifie ce virage à gauche par le fait que l’URSS n’existe plus, et que le nouvel ennemi est l’Union Européenne, ultra-libérale selon lui. Or si le monde devient plus libéral, la France devient plus socialiste (malgré l’Union Européenne qui n’est de toute façon pas ultralibérale mais ultratechnocratique), et s’enfonce de ce fait dans la crise bien plus que ses voisins européens du Nord, à commencer par l’Allemagne et l’Angleterre. L’écart ne cessera de se creuser car ces pays ont pris des mesures drastiques pour faire repartir leur économie, et limiter le poids de leur Etat, des retraites et des remboursements de santé. C’est même la gauche de ces pays qui a fait les réformes nécessaires, alors que l’UMP, qui se dit de droite, n’a pas été capable de les faire quand il était au pouvoir, préférant faire l’ouverture à gauche.

3 élections avec report de voix FN – PS

Il faut donc désormais compter sur une gauche omniprésente en France, un parti unique, une oligarchie qui est d’accord sur l’essentiel, à savoir l’antilibéralisme et la défense des avantages acquis d’une classe privilégiée, le public, au détriment du privé, pourtant majoritaire en nombre. La propagande de gauche a tellement bien fonctionné que les Français eux-mêmes, y compris du privé, votent contre leurs intérêts aux différentes élections, faute de pouvoir voter pour un parti incarnant la défense de leurs intérêts.

Quant aux électeurs du FN, d’anciens communistes et des défenseurs de l’Etat et de ses serviteurs pour la majorité d’entre eux, ils votent massivement pour le PS quand le FN n’est plus là. Cela se vérifie également pour les électeurs du PS, qui ne sont plus effrayés par le discours de Marine le Pen, qui est un discours en effet pour le moins socialiste, et qui a pour mérite selon eux de critiquer l’Union européenne sur ses aspects les moins socialistes.

Prenons l’exemple de la présidentielle de 2012, nous avions déjà démontré que François Hollande avait été élu grâce aux voix du FN, qui avaient fait défaut à Nicolas Sarkozy. La patronne du FN n’avait d’ailleurs pas appelé à voter pour la droite officielle, laissant la liberté à ses électeurs de voter PS. (Faut-il rappeler à Jean Robin que l'UMP n'a pas cessé de refuser une éventuelle alliance avec le FN ! Force d'appoint oui, avec l'électorat, mais pas de partenariat ni d'alliance ! Ce mépris est désastreux. Ndlr Gérard Brazon)

Autre exemple, plus récent, cette fois c’est une majorité de voix de gauche qui s’étaient reportées sur le candidat FN au 2ème tour de la législative partielle dans l’Oise. Joël Gombin, doctorant en sciences politiques sur le vote FN à l’université d’Amiens, qui a utilisé sur son blog un modèle statistique qui permet d’estimer les reports de voix probables commune par commune (196 bureaux de vote concernés pour 175 communes), analysait les choses ainsi : «Entre 40% et 45% des électeurs socialistes ont voté pour Florence Italiani [candidate FN] –et il faut remarquer que cela semble se vérifier dans toutes les communes de la circonscription. On voit ainsi que sur les 13.000 et quelques voix que recueille Florence Italiani au second tour, environ 2.500 proviennent des électeurs de Sylvie Houssin [PS], environ 2.000 de ceux de Jean-François Mancel (l’impact de la mise en examen de Nicolas Sarkozy?), et presque 3.500 d’électeurs qui s’étaient abstenus au premier tour. Tout le monde a donc un peu raison: la progression de la candidate frontiste provient aussi bien d’une meilleure mobilisation de son électorat potentiel que de transferts, non seulement d’électeurs socialistes, mais aussi UMP

Dernier exemple avec cette législative partielle à Villeneuve-sur-lot, avec le même genre de report de voix sur le candidat FN, en dépit des consignes données par le PS pour voter UMP. Bizarrement, et le FN et le PS refusent de constater une réalité qui crève les yeux, et que l’UMP ne manque pas de dénoncer, puisque cela l’arrange. Mais il faudra désormais compter sur une France de gauche, quel que soit le parti choisi, à l’instar de la prochaine élection à la mairie de Paris, entre deux femmes de gauche.

Commentaire:

Il ne faut pas s'étonner que le FN se positionne dans le ni droite ni gauche mais patriote ! Cette donnée n'est pas prise en compte et justifie l'éclatement des schémas habituels face à une Europe liberticide et imposante sur tous les plans. Le Front National énième parti "de gauche" qui ferait que la gauche serait majoritaire nie le fait de ce qui sépare la Droite, la Gauche et la Droite National. Les deux premiers ont abdiqués la Nation, la souveraineté, la liberté des peuples et le troisième veut faire revivre l'ensemble. Est-ce de droite ou de gauche? 

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Francis NERI 26/06/2013 13:41


@ ESCLFIT !


Vous vous trompez mon ami votre analyse est à revoir. Marine le Pen contrairement à son père qui disait que les 5 piliers de l’Islam
 pouvait être compatibles avec la république et la démocratie, nous dit « que le multiculturalisme n’est ni possible ni souhaitable. L'islam serait donc intrinsèquement incompatible
avec un développement sur le sol français et elle le voit comme une culture, pas comme une religion : les musulmans "sociologiques", non pratiquants ou athées, même eux, restent assignés à la
condition de musulman par le discours du FN.


Ne tombez pas dans le piège UMPS. La gauche et une partie non négligeable de l’UMP ont développé une autre vision : ils considèrent 
l'islam comme une forme de résistance à la mondialisation libérale et à l'hégémonie américaine, ainsi qu'une forme de tradition et d'identité. (A l’exemple d’Edgard Morin et bien d’autres
gauchistes- libéraux)


La plupart se disent : « Quand ils vont à la mosquée ils ne nous posent pas de problèmes » Ce n’est pas pour rien qu’ils ont
inventé les « grands frères » et qu’ils croient toujours que grâce à eux ils vont « pacifier » les banlieues.


Francis NERI

ESCLAFIT 25/06/2013 23:51


J'aimerai bien connaitre le fond de la pensée des dirigeants du F N sur le grand danger de l'islamisation de la France. Personne du F N n'a encore défloré le sujet, c'est portant le voeux de
nombreux patriotes qui votent pour lui.

Francis NERI 25/06/2013 09:53


Et je préciserai...ma représentation !


Si le FN est ce qu'il dit vouloir être alors il ne devrait être qu'une étape vers la Démocratie nationale (et européenne) vers une solution NPON ELECTORALISTE. Sinon il ne sera que la formule
nationale socialiste qui dérivera à son tour vers une position autoritaire. La défense nationale  et la lutte contre un capitalisme dévoyé, semble une urgence mais la structure  de
la politique et de l'Etat (la position autoritaire de l’Etat semble inévitable) est aussi l'essentiel de base d'une réforme dont les
millions de fonctionnaires Associations et Parasitaires sociaux  (15millions de citoyens qui émargent, ne veulent pas... (à cause de çà
justement !)


 


Les autres partis n'ayant pas de programme D'ACTION EFFECTIVE, le boulevard ouvert   pour le FN est plus large  que long... ( englober
et dépasser le FN pour l’allonger...le couloir )

Francis NERI 25/06/2013 09:31


Exact Epicure bien rectifié ! Mais il faut à mon sens rajouter un élément qui comme toujours est oublié dans l'analyse d'une « analyse » ou celle d’un événement. Pris séparément un
événement peut ne pas avoir grande signification pour l’observateur ou l’acteur. Mais conjugué à d’autres, apprécié dans ses relations, interactions et rétroactions il prend vite une autre
signification et alors nous pouvons deviner « l’intention » qui se cache derrière « l’objet » examiné.
Dans le cas du texte de Jean Robin, il faut alors se poser la question de QUI est ce dernier et QUE cherche t’il à nous « vendre ». Si l’on sait que « l’observateur » fait
partie du problème, c’est à dire que ce qu’il décrit fait partie de SA problématique, l’on comprend vite qu’il ne peut en aucun cas faire partie de LA solution Marine. Ce MONSIEUR est à oublier
donc immédiatement et son « journal » par la même occasion.        

Epicure 25/06/2013 08:52


Se rappeler que selon la courbe de Gauss de la société, la Majorité est très pauvre pauvre moyenne moyennemnt aisée ou aisée-dépendante (salariés fonctionniares, faux-libéraux (santé) etc et donc
Objectivement de Gauche sauf Convictions religieuses et Nationales contrariées.


Il faut donc cesser de penser la Démocratie comme équilibrée mais au contraire la pensée Partisane en est une vision obviée et antinoimique. La négociation et le compromis restent inévitables
dans tous les cas de figure et  l'Union Sacrée reste   un leurre faramineux.

Epicure 25/06/2013 08:44


Si le FN est ce qu'il dit vouloir être alors il ne devrait être qu'une étape vers la Démocratie nationale (et euroipéenne) vers une solutuion NPON ELECTORALISTE. Sinon il ne sera que la formule
nationale socialiste qui dérivera à son tour vers une position autoritaire. La défense nationale   et la lutte contre un capitalisme dévoyé, semble une urgence mais la structure
 de la politique et de l'Etat est aussi l'essentiel de base d'une réforme dont les millions de fonctionnaires Associations et Parasitaires sociaux  (15millions de citoyens qui émargent,
ne veulent pas...


Les autres partis n'ayant pas de programme D'ACTION EFFECTIVE, le boulevard ouvert pour le FN est plus large  que long...