Le FN susceptible de séduire un électeur sur trois : que compte donc faire Marine Le Pen de ce réservoir électoral ?

Publié le 1 Mai 2013

Alors que les militants du FN se rassemblent ce 1er mai, un sondage CSA pour BFMTV montre que si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Marine Le Pen accéderait au second tour avec 33% des suffrages contre 67% pour Nicolas Sarkozy.

Atlantico : Le jour du traditionnel rassemblement du Front national en l'honneur de Jeanne d'Arc, le 1er mai, Marine Le Pen engrange les sondages positifs. Un sondage CSA pour BFMTV montre que si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, François Hollande ne récolterait que 19% des voix, contre 34% pour Nicolas Sarkozy et 23% pour Marine Le Pen. Le candidat de gauche serait donc éliminé. Cela signifie-t-il pour autant que le FN  séduit majoritairement l’électorat de gauche ? Est-ce que Marine Le Pen progresse également à droite ?

 

Guillaume Bernard : La sociologie politique a distingué plusieurs facteurs explicatifs du vote. Au sein des variables socio-économiques, ce n’est pas le niveau de revenu mais le patrimoine qui est le plus prégnant. 

 

Ainsi, dans chaque catégorie sociale, il y a des personnes qui sont « naturellement » inclines à voter à droite ou à gauche ; ce qui explique le vote à droite, c’est la possession d’un patrimoine (et non les hauts revenus, comme l’illustre le phénomène « Bobo ») : parmi les revenus les plus bas, c’est le cas des agriculteurs ; parmi les revenus moyens, c’est le cas des commerçants ; parmi les revenus les plus élevés, c’est le cas des professions libérales.

 

Il va de soi que le patrimoine n’est pas le seul élément qui détermine le vote, même s’il est puissant : tous les notaires ne sont pas de droite comme tous les ouvriers ne sont pas de gauche. Ce que le populisme a parfaitement compris, c’est que le patrimoine n’est pas seulement matériel, mais aussi immatériel : c’est la culture, la langue, l’histoire. Il est donc capable de rallier des personnes inquiètes non seulement pour leur patrimoine matériel (à travers la question du niveau de vie), mais aussi pour leur patrimoine immatériel (c’est-à-dire pour leur mode de vie).

 

Un parti de type populiste comme le FN peut donc capter des voix non seulement à droite (où l’idée de l’enracinement historique est sans doute plus développée qu’à gauche puisque l’esprit de droite est rétif à l’idée du « progressisme »), mais aussi à gauche : nombre d’électeurs peuvent considérer que, matériellement démunis, ils n’ont comme protection que la patrie et que, face à la mondialisation et au multiculturalisme, leur identité est leur seul bien qui doit être préservé.

 

Marine Le Pen se présente comme le porte-parole des victimes de la crise. Pour cela, elle n’hésite pas à employer un vocabulaire emprunté à l’extrême gauche. Une stratégie contestée par certains cadres du FN qui préconisent plutôt de faire imploser l’UMP. La stratégie de Marine Le Pen peut-elle s’avérer payante sur le long terme ?

 

L’une des faiblesses du FN réside dans le fait que son électorat est en partie volatil (la sociologie politique parle d’électorat « flottant ») parce qu’une portion est commune avec l’UMP.

 

Quand les électeurs de droite modérée veulent manifester leur mécontentement vis-à-vis des élus de la droite parlementaire, ils se reportent sur le FN ; mais ils le quittent quand il s’agit de battre la gauche.

 

Le FN a donc, semble-t-il, bâti une stratégie pour conquérir d’autres électorats.

 

De même que Jean-Marie Le Pen a capté une partie de l’électorat du PC, sa fille tente de séduire une partie des forces de gauche, en l’occurrence celle du PS (fonctionnaires et retraités).

 

Plutôt que de chercher à rallier les classes moyennes de droite, elle semble viser celles de gauche afin, bien entendu, de grossir les rangs de ses électeurs mais aussi, et peut-être surtout, d’être moins dépendante de l’UMP.

 

Dans le cadre d’éventuelles négociations, elle serait ainsi plus forte. Si cette stratégie peut illustrer un aspect de ce que j’ai appelé le « mouvement dextrogyre » (puisqu’elle conduirait à grossir le FN et à repousser vers le centre une partie de l’UMP), son incertitude se situe dans la capacité de « convertir » cet électorat à une appréhension de droite des enjeux politiques :

 

il y a le risque d’une distorsion, voire d’une incompréhension, entre certains électeurs (s’ils restent de culture de gauche) et les cadres et élus du FN (s’ils continuent à être de droite).

 

Pour simplifier, la question est savoir si l’électorat de gauche rejoint le FN au nom d’intérêts catégoriels ou en raison d’enjeux nationaux.

 


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 03/05/2013 15:35


Ce qui me sidère, c'est que certains soient encore prêts à voter pour Sarkophage !

Yves IMBERT 03/05/2013 07:41


La timidité de MLP sur l'islam n'a d'équivalent que sa discrétion sur le mariage homo et l'enseignement de la théorie du genre, les 3 se situent pourtant dans la stratégie de démolition de notre
civilisation par les décérébrés du marxisme post 68 , pseudo révolution qui magnifiait les années les plus sombres des pays de l'est  et pronait la pédophilie


philippot le malsain  manque du bon sens élémentaire comme la plupart de nos pseudos intellectuels y compris agrégés en diverses matières puisque grâce à de Gaulle depuis 1945 nos
institutions sont gangrénées par le marxisme


Bre je crains que MLP et ses gourous nous déçoivent autant que les FILLON, JUPPE, NKM, JOUANO, vive le RPF de Christian Vaneste

Epicure 01/05/2013 19:48


Tout cela est vain. Il s'agit de changer de Système, pas de battre qui que ce soit.....Sinon cela reviendra au même...D'autres seront à la tête du Système et pas plus puissants face à l'étranger
et à l'économie en capilotade. il faut un Programme avec etude de faisabilité et une libération des initiatives entrepreuneuriales quitte ensuite à y apporter les Correctifs "anti esclavagistes"
que la liberté totale des patrons peut engendrer...(!) Mais pas avant d'avoir repris des marchés grâce aux créations d'entreprise et de postes d'emploi subséquents...


Tout le reste est bavardage politicien de distribution des voix et des fromages, subséquents aussi.

Claude Germain V 01/05/2013 19:41


Commentaire bizarre , car en cas d'elections sans etre hyper pessimiste , je ne vois pas ou Mle Pen aurait 33% et Sarko1er 67% , il y a dans cette prevision quelque chose de mal expliqué ou de
sous entendu ......comprend pas ...?