Le Front National veut partir à la conquête de l’Europe. Par Michel Ciardi

Publié le 25 Juin 2012

 Par Michel Ciardi Président de l’Union des Français Juifs (UFJ)

Candidat Front National aux législatives à Paris.

 

Cet article intéressant, sur Marine Le Pen et l’Europe, est paru sur le site “Slate”.

Mais, au-delà de l’Europe, même si par « ricochet » cela joue un rôle, il est important d’analyser certains points capitaux de la doctrine du Front National en matière de politique étrangère et plus particulièrement concernant le Moyen-Orient. 

Sa position dans ce domaine le range du coté des partis de gauche comme de droite qui sont poliment “antisionistes”, et cela contrairement aux autres partis populistes européens.

Le logiciel d’appréhension de la politique étrangère de Marine Le Pen est toujours celui d’Alain Soral, une sorte de marshmallow altermondialiste, présentant la politique mondiale comme l’otage de la grande conspiration israélo-américaine. Certes un pays n’a pas d’amis, uniquement des intérêts, mais vouloir à tout prix présenter Israël comme l’ennemi de la paix au Moyen-Orient, voire dans le monde, va-t-il dans le sens des intérêts de la France ?

Les deux États nations que sont la France et Israël ont plus de points communs que la France et les pays arabes, pour qui la notion de frontières est religieuse et non géographique — il n’y a pas des peuples arabes, il y a un peuple musulman qui est appelé à islamiser de gré ou de force l’Europe puis le monde entier. Ainsi, Sarkozy, sans que cela lui soit reproché par la gauche, a vendu, à la découpe, une grande partie de la France aux Emirats Arabes, au Qatar, à l’Arabie Saoudite, sans compter les avantages offerts aux pays du Maghreb, ce qui fait de la France dans l’imaginaire arabe le premier pays européen à islamiser.

La position de Marine Le Pen concernant le Moyen-Orient se trouve dans ses réponses à une enquête du Nouvel Observateur sur la politique au Moyen-Orient parue le 17 avril 2012 :

elle y déclarait que Jérusalem devait avoir un statut de ville internationale, que la Judée-Samarie (nom exact de ce qui est mensongèrement appelé « Cisjordanie » par les médias français) devait être entièrement rendue à ses “pauvres habitants palestiniens”, et elle ajoutait, concernant le programme nucléaire iranien : “Par ailleurs, qu’entend-on au juste par « sites nucléaires iraniens »? Il n’existe, à ce jour, aucune preuve que les Iraniens conduisent un programme nucléaire autre que civil, et quand bien même ce serait le cas, ils ne seraient pas les premiers à le faire sans se préoccuper de ce que les « puissances nucléaires installées » en pensent. Que je sache, aucune nation disposant de l’arme atomique n’a jamais demandé l’autorisation à qui que ce soit, ni les Etats-Unis, ni la France, ni Israël, ni le Pakistan. Faudra-t-il alors précipiter le monde dans une guerre dont nous ne maîtriserons pas l’ampleur parce que certains pays étrangers nous le demandent ?“, le pays étranger en question étant Israël. Puis dans l’ambiguïté, elle répondait à la question suivante : “Etes-vous prête à reconnaître un Etat de Palestine proclamé unilatéralement ? — Oui. Nous défendons les peuples dans leur droit à l’existence souveraine et à leur sécurité. Israël a droit à un Etat, les Palestiniens aussi. Le mot « unilatéralement » est trompeur. Dans l’histoire du monde, aucun peuple n’a été installé par l’extérieur. Tous se sont pris en main et ont fait valoir leur droit. Ce que nous condamnons fermement, en revanche, c’est le terrorisme comme moyen d’obtention d’un but politique. Nous avons toujours été très clairs sur ce point. Tuer des civils innocents n’est pas compatible avec notre vision du combat politique. Malheureusement ce n’est pas l’apanage des terrorismes arabes ou islamiques puisque l’OTAN a beaucoup tué d’innocents en Serbie, en Irak, en Afghanistan, en Libye! »

Il s’agit là d’un argument de même type que ceux de Jean-Luc Mélenchon, qui soutient la reconnaissance d’un état palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, et qui estime que l’accord entre Israël et l’Union Européenne doit être suspendu tant qu’Israël ne se plie pas aux diktats palestiniens. D’autre part, dans ce texte du Nouvel Observateur, Marine Le Pen ne parlait pas de la reconnaissance du caractère juif de l’état d’Israël, alors qu’elle se répand à juste titre sur les racines chrétiennes de l’Europe et de la France contre l’islamisation de moins en moins rampante. Si l’on suivait la logique que Marine Le Pen développait dans ses réponses, pourquoi ne pas demander que Rome soit également déclarée ville internationale, compte tenu de la présence du Vatican, ou que Paris, qui doit plus pour son début et son extension aux Gallo-Romains, soit rebaptisée Lutèce ?

Vérité en-deçà du Jourdain, mensonge au-delà…

C’est cette ambiguïté — “je défends l’islam quand il est contre les Israéliens et je le combats quand il est contre la France” — qui caractérise la vision moyen-orientale de Marine Le Pen. Rappelons que ceux qui en Europe sont dénommés « partis populistes », sont tous pro-israéliens et philosémites, car dirigés par des gens portés par l’amour de leur pays et de la civilisation judéo-chrétienne et gréco-latine qui est le terreau commun des peuples et des nations de la civilisation occidentale dont Israël fait partie.

Paradoxalement, c’est Jean Daniel (icône de gauche s’il en est) qui leur donne raison en déclarant son embarras  le 23 juin dans l’émission de Alain Finkelkraut « répliques » dont le sujet était la nation » Si l’on retire l’antisémitisme au front National, alors on va trouvez (avec le Front National) des valeurs communes à toute la France », ainsi ce que dis l’Union des français Juifs depuis sa création se vérifie : si Marine Le Pen avait une vision claire de ce qui se joue pour elle avec l’antisionisme, qui est l’antisémitisme du grammaticalement correct, elle n’aurait pas exigé de Michel Thooris qu’il quitte la 8e circonscription qui comprend Israël, du fait qu‘il ait osé rappeler la vérité historique ; la Judée Samarie est juive, et de plus elle  aurait accepter que notre association soit autre chose qu’un faire valoir utilisé avec des gants.

En réalité, Marine Le Pen a du mal a sortir de sa gangue « folklorique soralienne », ce qui est dommage pour le Front National et dommage pour la France, où désormais la politique étrangère est dictée par l’importance de la communauté musulmane et donc par son poids électoral, poids auquel aucun parti, de droite comme de gauche, n’a le courage de s’opposer. En ayant une position juste sur le Moyen-Orient, en décrétant Jérusalem capitale éternelle du peuple juif, et Israël terre des Juifs, non du fait de la Shoah mais de l’Histoire qui vit depuis plus de 3000 ans les Juifs y être toujours plus nombreux que les Arabes et que les musulmans (1), Marine Le Pen ne mettra pas les musulmans de France de son coté, mais espère t-elle que malgré cela ils puissent un jour l’être ?

 Michel Ciardi

Président de l’Union des Français Juifs (UFJ 

(1) voir par exemple : « Palaestina », ouvrage de Hadriani Relandi paru en 1695, et tous les ouvrages du 19e siècle relatant les voyages en Orient de Mark Twain, Gérard de Nerval, Lamartine, etc.)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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marco 26/06/2012 21:13


Je ne partage pas tous les points de vue de Marine le Pen c'est certain.Pour moi l'Etat d'israel est un et indivisible?la Palestie des palestiniens c'est en terre Jordanienne point.