Le gaz naturel pour l’Europe : Bruxelles ne cherche pas de voies faciles.

Publié le 21 Mai 2014

On a persuadé Kiev : l’Ukraine se dit être d’accord pour discuter encore une fois le problème des livraisons de gaz avec des représentants de l’UE et de la Russie.

La Voix de la Russie

La rencontre aura, probablement, lieu le 26 mai à Berlin, ont informé à l’issue des pourparlers bilatéraux le ministre russe de l’Energie et son homologue de la Commission Européenne. Kiev ne se dépêche pas de payer sa dette de trois milliards de dollars pour le gaz naturel russe livré, même si Moscou lui a donné jusqu’à 3 juin pour le faire. Finalement l’Europe peut rester sans gaz naturel russe.

L’endettement de l’Ukraine devant Gazprom se chiffre déjà à 3,5 milliards de dollars. Aux termes du contrat, le consortium gazier entend passer au prépaiement. Au lieu d’une discussion rationnelle les autorités à Kiev pour le moment ne font qu’avancer des exigences – revenir à « l’ancien prix du gaz ». Or ce prix reste le même depuis déjà plusieurs années, conformément au contrat signé en 2009. C’est autre chose que la Russie accordait à l’Ukraine de fortes remises sur ce prix – or à présent grâce à sa politique entre guillemets sage et à son refus de payer Kiev en a perdu le droit. Moscou n’entend pas revoir le prix de base, mais sur d’autres paramètres est prête à négocier, a déclaré le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak.

« Nous nous sommes entendus d’examiner dans une semaine à part des questions, liées à l’endettement et au remboursement, celles touchant le programme d’aide financière à l’Ukraine que proposera la Commission Européenne. L’Ukraine a des problèmes avec l’économie nationale et la solvabilité. Et nous voudrions comprendre quelles seront les sources pour payer les livraisons en cours du gaz naturel. »

Günther Oettinger a dû, lui aussi, reconnaître : 286 dollars est un chiffre fabuleux, qui n’a rien à voir avec la formation des prix de marché. Le grand problème est que Kiev n’entend pas rembourser sa dette même en partant de l’ancien prix, et cela après avoir obtenu 3 milliards d’euros d’aide financière de l’UE. Où cet argent est allé ? Seuls M. Tourtchinov et M. Iatseniouk qui se sont retranchés à Kiev le savent. Au lieu du remboursement la dette ukrainienne ces messieurs adressent à Moscou les châtiments les plus terribles – jusque de saisir la Cour d’arbitrage de Stockholm de leur cas. Ces menaces n’restent sans effet sur le chef de Gazprom Alexeï Miller.

« Il faut comprendre que la Cour d’arbitrage à Stockholm n’aidera pas et ne sauvera pas. Le problème avec l’endettement n’est pas celui des rapports de deux sociétés, Gazprom et Naftogaz d’Ukraine. C’est le problème de l’économie ukrainienne. L’Ukraine a fait faillite. Et c’est là un très grave problème systémique. »

Le président russe a déjà adressé à deux reprises un avertissement aux leaders européens: il faut résoudre le problème du transit du gaz par l’Ukraine. Bruxelles accorde trop d’attention à la politique en négligeant des choses essentielles – et comme résultat, peut rester sans le gaz russe. A présent l’UE s’est ravisée et cherche fébrilement la façon de livrer le gaz naturel russe en Europe. Bien qu’il y a des moyens pour en faire acheminer : un gazoduc est déjà construit l’autre est en voie de construction. Les politiciens européens ont eux-mêmes compliqué le problème, en limitant les livraisons par le fameux « troisième paquet énergétique », remarque Alexandre Novak.
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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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