Le Jihâd selon Ibn Khaldûn.

Publié le 5 Février 2013

Observatoire de l'islamisation

ump,ps,MoDem,jeunes populaires,politique,france,2007 (Archive initialement publiée en juin 2007)

Spécialiste du jihâd, Majid Khadduri est l’ auteur d’un livre phare sur la question (malheureusement non disponible en langue française),  «  War and peace in the law of Islam » (The Johns Hopkins Press, Baltimore et Londres, 1979)

Le chapitre V, est consacré à la doctrine du jihâd, qui, quoiqu’en disent Malek Chebel, Eric Geoffroy et autres désinformateurs de l’opinion publique française, est loin d’être un seul « effort spirituel intérieur de dépassement de soi »…

Khadduri se réfère justement au plus grand historien musulman de tous les temps , Ibn Khaldûn (1406 +) :

(P.70) «  Les guerres, selon ibn Khaldûn, sont de 4 sortes.

La première est la guerre  tribale, telle qu’elle existait parmi les tribus arabes.

Deuxièmement, les querelles  (feuds) et les escarmouches (raids) propres aux peuples primitifs.

Troisièmement, les guerres prescrites par la Sharia,i-e, le Jihâd.

Quatrièmement, les guerres contre les rebelles (déviationnistes, réformistes, schismatiques insoumis à l’autorité islamique[1]) et les dissidents.

Ibn Khaldûn soutient que si les deux premières sont injustifiées, car elles sont des guerres de désobéissance, les deux autres sont des guerres justes. »

Ibn Khaldun qui notait justement dans ses fameux Prolégomènes (Muqqadima) :

« Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but »

Ibn Khaldoun, Les Prolégomènes, tred. M. G. de Stane, Paris 1862-1868, t. I, p.469

Ibn Khaldoun enseignait en son temps  la charia à l’université islamique Al-Azhar en Egypte…Cette université avec laquelle le Ministère de l'Intérieur veut établir un partenariat pour former les imams "de" France, n'a pas modifié son enseignement concernant le jihâd. Voir le chapitre IV de mon étude, consacré à Al-Azhar.

[1] Précision personnelle, la catégorie des « rebelles » fait l’objet d’une définition précise dans les Statuts Gouvernementaux de El-Mawerdi (1058 +) , ouvrage majeur du droit public musulman.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

Commenter cet article