Le malaise des CRS? Quinze question à poser à un ami des forces de l'ordre que vous connaissez.

Publié le 3 Juin 2013

Quinze questions politiquement douteuses à ne pas poser à votre voisin CRS, ni avant, ni après une manifestation.

Vous vous méfiez d’abord :
- d’une ballerine rose abandonnée sur une pelouse ?
- de baskets de marque vendues sous le manteau à Barbès ?

Vous contrôlez en priorité :
- un rasta aux yeux flous portant un T-shirt décoré d’une immense feuille de shit ?
- une fraîche étudiante portant un polo siglé la Manif pour tous ?

Vous dressez votre première contravention du matin : 
- à un véhicule aux pneus lisses chargé d’un mètre de bagages sous une bâche bleue ?
- à la berline familiale qui stationne à 100 mètres de la préfecture le jour de la visite d’un ministre ?

Votre odorat de fin limier vous mène directement :
- vers une dame en tailleur fuchsia, fleurant bon le Chanel 5 ?
- vers un junkie vomissant ses vingt cannettes de bière ?

Vous hésitez à jeter au sol et à menotter :
- un pasteur défendant une « communauté du voyage » installée illégalement sur un terrain privé ?
- un prêtre en soutane chantant des refrains scouts devant les Invalides ?

Vous vous approchez doucement, pour ne pas l’effrayer :
- d’un vendeur à la sauvette de tours Eiffel chinoises ?
- d’une mère de famille qui distribue des chocos à la fin d’une manifestation autorisée ?

Vous considérez comme une arme interdite :
- un couteau à cran d’arrêt saisi au Trocadéro ?
- la clé qui permet de verrouiller une poussette double ?

Vous évitez de jalouser votre collègue Jennifer qui se vante :
- d’avoir maté les seins nus d’une Femen ?
- d’avoir respiré l’eau de toilette d’une Antigone en robe blanche ?

Pour vous, le comble de la subversion, c’est :
- un drapeau français porté par un septuagénaire dans un bourg de l’Oise ?
- 200 drapeaux algériens balayant les Champs-Élysées ?

Vous accompagnez à destination, toutes sirènes hurlantes :
- un car de 40 touristes bloqués au Trocadéro, dont les cales sont pleines d’achats siglés ?
- un panier à salade occupé par 40 jeunes Français indûment interpellés ?

Vous confiez en priorité à la DASS pour la nuit :
- un adolescent de 17 ans et demi, qui a perdu sa sœur aînée dans la dispersion musclée d’une manifestation ?
- un petit mendiant de 8 ans, affamé et déscolarisé, qui tente d’attirer l’attention des voyageurs dans le RER ?

Quel objet contondant préférez-vous ne pas recevoir sur le casque :
- un Flanby périmé de trois semaines ?
- un frigo balancé du toit d’une cité ?

Vous cherchez à coincer en priorité :
- les voleurs de métaux qui pillent les cimetières ?
- les militants LMPT qui déploient une banderole au-dessus d’une autoroute ?

Vous détournez pudiquement le regard quand :
- vingt voyous dévalisent des boutiques de luxe ?
- dix Hommen bâillonnent une statue de la République ?

Vous êtes déstabilisé quand on vous interpelle d’un :
- nique ta race, sale céfran, sors-toi de la téci !
- s’il vous plaît, monsieur, pouvez-vous m’indiquer l’itinéraire le plus rapide pour rejoindre l’Élysée ?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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mika 03/06/2013 12:38


Un copain CRS me confiait durant les manifs de 68.


 


« D’abord t’es peinard en train de dormir quand on te réveille à 2 plombes du mat à cause d’une bande de cons qui foutent le bordel. Après on te largue sur place avec l’ordre de ne pas
riposter. Tu subis, tu attends, tu observe les agresseurs et tu as dans le collimateur les plus dangereux. Quand arrive le feu vert pour charger, à ton avis, c’est qui le premier qu’on va essayer
d’attraper ! »