Le multiculturalisme détruit la diversité - par Oskar Freysinger

Publié le 5 Août 2011

Imaginez: un Sioux à cheval dans le manège du Cirque Knie. Un cheik arabe derrière le comptoir d’un magasin de denrées coloniales à Winterthur. Une geisha comme hôtesse d’accueil d’un restaurant de sushi à Olten. Ou un derviche tourneur lors d’une foire à Berne. La réalité est réduite à un cliché. La complaisance de la réalité envers des lieux communs. La culture, qui se singe elle-même, devient la vitrine d’un vrai monde exotique qui se déroule ailleurs et qui est ancré ailleurs. 

La société multiculturelle tellement vantée est un musée de cire dégradant, car il lui manque les caractéristiques les plus importantes qui définissent une cultureparticulière: la profondeur, la durée, l’ancrage dans un paysage culturel avec son histoire et la propre expérience des hommes restés fidèlement dans leur milieu d’origine. Le quotidien à Bombay, Mexico ou Tunis, sans se donner une apparence, sans s’exhiber. La vraie vie. L’engagement. Souvent la pauvreté, le tragique de l’existence, l’injustice. Cela seul garantit la diversité. 

Par contre, le fait de déplacer des clichés culturels au-delà des frontières ne constitue pas encore la diversité. En particulier lorsque ces clichés ont été nettoyés de tout ce qui est déplaisant, en quelque sorte stérilisés, pour ne pas provoquer de choc culturel et pour donner l’impression à la population du pays d’immigration que le monde ne serait rien d’autre que l’incarnation de ce qu’ils imaginent. La diversité a besoin de délimitation et d’une distance respectueuse entre des mondes, des perceptions et des cultures différents. La diversité ne peut être sauvée que si chacun reste lui-même et non pas s’il met en scène ce qu’un milieu étranger attend de lui dans son imagination. 

Le multiculturalisme n’est pas comme un bircher muesli déjà tout prêt qui doit plaire à tous les palais

D’où qu’ils viennent, les clowns se ressemblent tous. Le bateleur aussi. Et le hamburger à plus forte raison. Le multiculturalisme n’est pas comme un bircher muesli déjà tout prêt qui doit plaire à tous les palais. D’où le manque de goût. Ce qui plaît à tout le monde, ce sont les produits de masse. Il leur manque la saveur de ce qui est unique, extraordinaire, irrévocable. 

Le multiculturalisme se répète indéfiniment et partout parce qu’il se produit dans le vide et mélange les identités de telle sorte que personne ne sache plus qui il est vraiment. 

Craignant tellement la perte d’identité et l’aliénation de soi, les personnes déracinées se rappellent de plus en plus de ce qu’elles ont perdu ou ce qu’elles croient avoir perdu. Reconstruire un domicile de substitution dans un environnement hostile. Non pas dans le but de vivre ensemble, mais au contraire pour se protéger du vide, pour résister à l’intégration et à une trop grande exigence imposée par les standards culturels du pays d’accueil. Ainsi, les ghettos se développent sur le terrain du multiculturalisme, dans lequel règne la monoculture pure et où on ne laisse plus rien entrer d’exotique. Résultat? Des monocultures qui existent en parallèle et qui se contemplent d’un air soupçonneux. Le multiculturalisme devient le serpent qui se mord la queue.

Tribune de Genève

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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Nancy VERDIER 05/08/2011 18:26



C'est toujours très rafraîchissant de lire Oskar Freysinger. C'est clair et directe. Multiculturalisme de façade, style Disney World...Stéréotypes et gadgets...Vous allez à Las Vegas, avec Tour
Eiffel et Châteaux de la Loire. Mais vous n'êtes pas en France pour autant.
Cette folie multiculturelle ne durera pas, car elle est artificielle et contraire à l'évolution d'un individu. Tous ceux qui sont partis faire leur carrière à l'étranger, n'ont qu'une hâte :
revenir au bercail. "Heureux qui comme Ulysse". Seulement, il ne faudrait pas qu'entre temps, le bercail se soit transformé en Goulag ou en Bled africain ou en Ghourbi ....La Suisse est un
petit pays, qui a ses traditions bien établies et qui contrôle bien les flux des nouveaux venus. Cependant, l'insécurité peut régner et la population commence à s'en inquiéter (vols, meurtres).
Beaucoup de migrants sont venus de l'Ex Yougoslavie.
Il est certain que les immigrés ne peuvent se sentir heureux dès qu'ils viennent chez nous. Emigrer est un immense effort, changer de cadre de vie, d'habitudes, d'amis aussi. Il n'y a que le
système social français qui tente ces nouveaux migrants. Ils n'ont nullement - sauf exceptions- l'envie ou les moyens intellectuels et financiers de s'intéger rapidement. Et d'ailleurs,
même l'intégration est une souffrance. On ne peut se couper de son passé, de ses racines, de sa culture d'origine.



Gregor 05/08/2011 13:31



La Suisse est un très bon exemple, ayant beaucoup de famille dans ce pays j'y suis assez souvent, je trouve leur
façon d'accueillir l'immigré très réussi, en Suisse c'est simple tu t'intègre ou tu rentre chez toi, ce ne serait absolument pas un problème de faire de même dans le reste de l'Europe seulement
faut oser rompre avec certaines habitudes laxistes envers les immigrés.