Le multiculturalisme, une formidable machine à désintégrer la société

Publié le 10 Septembre 2012

Retour sur la nature et les fondements du multiculturalisme avec l'exemple du Québec

Matthieu Bock-Coté, sociologue.


Texte de l’intervention :
« On a chassé la religion des écoles et elle revient par le biais du multiculturalisme. L’état (québécois), dans les faits aujourd’hui, a intériorisé le multiculturalisme comme idéologie (…) Il faut voir dans les ministères comment cette philosophie imprègne la pratique du gouvernement. Ça veut dire que l’on inverse le devoir d’intégration.

«On renverse le devoir d’intégration.

Désormais, pour mieux intégrer, la société d’accueil doit s’effacer (…) et chaque communauté voit l’état comme un buffet ou elle peut aller se servir»

Auparavant, la vocation du nouvel arrivant, c’était de prendre le pli de la société qu’il rejoignait. Plus il s’intégrait culturellement, plus il pouvait bénéficier des avantages de la société. Là, on renverse le devoir d’intégration. Désormais, pour mieux intégrer, la société d’accueil doit s’effacer. La société d’accueil s’efface, cherche à disparaitre de ses propres institutions et chaque communauté voit l’état comme un buffet et peut aller se servir, et mettre ses propres traditions, et ne pas s’intégrer à travers l’état buffet, à travers cet espèce d’état qui renonce à assumer quoi que ce soit.

Au nom des droits, ce sont de formidables machines à désintégrer la société. Chacun, désormais, peut transformer en droit fondamental sa volonté de ne pas faire d’efforts pour s’intégrer. Ne pas s’intégrer est devenu un droit fondamental (…) C’est la sacralisation des origines diverses, des origines multiples, à une condition : qu’on oblitère, qu’on occulte, qu’on neutralise celle de la majorité.

C’est comme si toute position minoritaire était légitime en toutes circonstances, alors que la position majoritaire est par définition suspecte d’intolérance. Ce que l’on voit finalement, c’est qu’il faut porter le bon fanion pour avoir des droits fondamentaux. Le minoritaire est aujourd’hui porteur de toutes les vertus, et le majoritaire est toujours coupable d’intolérance.

En ce moment avec l’affaire du niqab, on voit le gouvernement (…) faire semblant d’avoir du courage :  faire preuve de fermeté pour interdire des costumes de ninja dans la rue est quelque chose d’un peu étrange. La question du niqab sert à banaliser, par effet de contraste, la question du voile. Alors si le seul accommodement déraisonnable, c’est la question du niqab ou la burqa, dans les faits, qu’est-ce que ca veut dire ? Ca veut dire que tous les autres accommodements sont légitimes. Donc, on crée une barrière artificielle, les multiculturalistes donnent l’impression qu’ils sont fermes, qu’ils ont de la résolution, qu’ils ont du courage, alors que dans les faits, qu’est-ce qu’ils nous disent ? Que tout le reste est normalisé. Autrement dit, le seul échec de l’intégration pensable est un échec caricatural. Mais l’échec de l’intégration au Québec n’est pas que caricatural (…) On peut le voir dans toute une série de questions qui relève de la politique même de l’état québecois.

Peut-on encore dire que le Québec aujourd’hui, c’est un peuple, avec une identité forte, et qui est généreux de ses accommodements, ou est-on devenu un fourre-tout sans boussole qui essaye de faire plaisir à tout le monde ?

Je dirais que les Québecois ont une conscience très ferme de leur identité, mais leurs élites, c’est autre chose. Le problème au Québec, c’est pas envers les immigrants, qui normalement s’intègrent dans une société lorsqu’on leur dit clairement de s’intégrer, ce sont nos élites qui ont renoncé à assumer la culture, parce que nos élites sont désormais persuadées qu’imposer sa propre culture, c’est de la discrimination.

Les Québecois, on l’a vu avec la crise des accommodements raisonnables, ont dit clairement qu’ils s’attendaient à ce que les immigrants s’intègrent à la culture nationale. Mais leurs élites sont désormais persuadées que le multiculturalisme est un horizon moral. Alors le véritable problème n’est pas avec les immigrants, ni avec les Québecois. C’est avec les élites québécoises.

Le politiquement correct consiste à considérer comme une pathologie toute volonté de s’affirmer ; ca consiste à traduire dans le langage de l’intolérance la critique du multiculturalisme. Pourtant les Québécois critiquent légitimement le multiculturalisme. Et le politiquement correct est probablement le plus grand tabou à transgresser aujourd’hui.

Via Enquête et Débat

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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