Le New York Times en donneur de leçons. Eux aussi s'y mette...

Publié le 20 Avril 2010

Lu avec un profond étonnement un édito courroucé du New York Time sur l’inculpation du juge Baltasar Garzon. Le Times trouve injuste que l’on empêche ce juge d’enquêter sur des événements comme les disparitions lors de la guerre civile 1936-39. Ces tristes événements sont désormais couvert par la loi d’amnistie de 1977 afin de tourner la page Franco. Dois-t’on le regretter ? C’est l’affaire des espagnols me semble t’il. Mais je trouve pathétique cette volonté d’ouvrir des placards, creuser les caves, fouiller les greniers à la recherche de la blancheur à tous prix.

Voici ce qu’en dit le Times : « On lui reproche (Baltasar Garzon) d’être allé sciemment à l’encontre de la loi d’amnistie de 1977 en enquêtant sur la disparition de 100 000 personnes et les décennies de la dictature franquiste. La procédure fait suite aux plaintes déposées par deux groupes d’extrême droite (...). Malheureusement, l’un des collègues du juge Garzon a estimé leur demande recevable et a ouvert une action contre lui »

Je trouve pour le moins audacieux si ce n’est choquant qu’un journal aussi prestigieux que le New York Times se mêle d’une affaire de justice relevant de la souveraineté espagnol. C’est bien tout le problème de ces pays qui décrètent des lois « universelles » et mène des enquêtes sur des affaires relevant d’autres juridictions souveraines.  Dans tous les cas, ce ne sont pas les Etats-Unis qui pourraient se targuer de juger quoique ce soit. Ce journaliste qui regrette que l’Espagne ne souhaite pas faire la lumière sur son histoire récente devrait s’interroger sur les comportements des Etats-Unis au Chili avant le coup d’état de Pinochet et ailleurs. Il poursuit en affirmant : Il faut lui permettre (Baltasar Garzon) de reprendre son travail le plutôt possible. L’Espagne n’a pas besoin de poursuivre ceux qui ont le courage de poser des questions mais d’accepter de regarder en face une période trouble de son histoire.

Si je suis la logique de ce journal, à quand l’ouverture d’un procès conte le général Custer voire contre l’extermination du peuple indien !

Laissons donc à l’Espagne le soin de gérer son histoire récente et de juger comme elle l’entend. Car enfin, que des choix, faits un temps, par un peuple soient remis en cause pourquoi pas? Si c’est une volonté nationale. Il faut respecter cette volonté. Mais si c’est une volonté individuelle uniquement dans le but de se faire de la pub là, c’est une autre affaire. La réponse ne regarde que les personnes concernées. Mais de la part d'un journaliste issu d’un pays étranger qui, lui n’a vraiment pas de leçons à donner, c’est  vraiment pénible. New York Time ? Peut mieux faire !

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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