Le peuple mis à la porte des Assemblées, trop populaire sans doute...

Publié le 19 Juin 2012

Le Figaro

INTERVIEW - Quel est le profil sociologique des députés? A-t-il beaucoup changé depuis le début de la Ve République? Élements de réponses de Luc Rouban, chercheur au Cevipof.

LE FIGARO - Comment le profil sociologique du député a-t-il évolué?

LUC ROUBAN - La première chose que l'on observe est l'élimination des députés issus des classes populaires. Qu'ils soient gaullistes ou communistes, les premiers députés de la Ve république étaient souvent d'anciens résistants, et donc presque tous issus de milieux modestes. Cette génération a naturellement commencé à disparaître dans les années 80, pour laisser la place à des élus provenant de plus en plus des classes moyennes. Surtout, à partir de la victoire des socialistes en 1981, le PS a complètement écrasé le PC. Or c'était sous la bannière des communistes que les ouvriers présentaient leur candidature.

Cela se reflète-t-il dans le niveau d'études?

Les députés sont effectivement beaucoup plus diplômés que dans le passé. En 1958, 25% des élus n'avaient aucun diplôme. En 2007, ils n'étaient plus que 4%. En revanche, ils dépassent rarement le niveau master et peu d'élus ont fait les grandes écoles, contrairement au personnel de l'exécutif, qui est beaucoup plus élitiste.

Quels métiers exercent aujourd'hui les députés? Sont-ils majoritairement issus de la fonction publique?

Depuis les années 80, le nombre de députés issus de la fonction publique dépasse celui de ceux provenant du privé. A gauche, la grande masse des élus provient de l'enseignement secondaire, même si le poids des enseignants s'affaiblit depuis 1997. Le privé est un peu plus représenté à droite et au centre, où l'on trouve moins d'industriels qu'avant mais plus de professions libérales, dont des médecins et des avocats.

Mais en réalité, la question du métier d'origine est de moins en moins pertinente, puisqu'on assiste à une professionnalisation croissante des députés: leur vrai métier, c'est la politique. Ils se sont investis depuis une quinzaine d'années soit dans l'appareil du parti, soit dans la vie politique locale.

Y a-t-il moins de parachutés?

Oui, puisque l'ancrage territorial compte de plus en plus, et la crise ne fait qu'accentuer cette tendance, les électeurs ayant de fortes préoccupations sociales locales. Durant la période gaullienne, les «ministres techniciens» du gouvernement se faisaient facilement élire lors des législatives. Mais aujourd'hui, les parachutages passent mal, et l'emprise partisane est rejetée, comme Ségolène Royal et Claude Guéant semblent le découvrir.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Epicure 19/06/2012 16:12


La notion de Métier Politique est une scroquerie dont les Medias et ses affidés sont les premiers complices en émargeant grassement auprès de ceux dont ils défendent la position dont ils
dépendent pour 90% de leurs revenus...


N'importe quel médecin Ingénieur de grande ecole ou commerçants à succès peuvent A l'Insta,nt devenir d'ecvellent gestionnaires politiques au lieu de fonctionnaires ,'aya,t jamis lutté ni réussi
quoi que ce soit dans la vie réelle.


Arrêtez de servir aussi cette légende.
Le Métier en Politique consiste à se faire élire par des cons qui croient vos mensonge et une fois élu de laisser aux medias le soin de préparer déjà votre réélection dans 5 ans. Voyez à C'dans
l'air.>..!!!