Le peuple vote délibérément pour la tyrannie. Traduction Nancy Verdier

Publié le 21 Décembre 2012

 

11 décembre 2012 - RadicalIslam.org - People do vote for tyranny

Clare-Lopez.jpgPar Clare Lopez

 

Nancy3Traduction Nancy Verdier

 

Alors que le monde  entier a les yeux rivés sur le peuple égyptien dans l’attente des votes au référendum national du 15 Décembre pour une nouvelle constitution rédigée en grande partie par les Frères musulmans – il est justifié d’examiner un autre référendum constitutionnel  qui s’est déroulé 33 ans plus tôt, quand un autre peuple venant tout juste de traverser une révolution s’est rendu aux urnes et a voté fermement en faveur de la tyrannie.

 

Le 24 Octobre 1979, après une année de révolution tumultueuse, le peuple iranien s’est retrouvé par millions pour voter massivement (à plus de 98%) en faveur d’une nouvelle constitution (constitution)  qui soumettait  le pays à la loi islamique, sous la direction d'un seul homme - l'Ayatollah Rouhollah Khomeiny - un religieux musulman au pouvoir illimité.

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Manifestations pendant la révolution iranienne de 1979

 

Le résultat  issu des urnes ne fut pas une réponse impulsive, étant donné que le texte intégral de la nouvelle constitution iranienne avait été publié à l'attention de l'électorat quatre mois plus tôt (à partir de Juin 1979). Plus de 15 millions d'électeurs iraniens ont volontairement choisi de se soumettre  ainsi que leurs enfants et leur pays à une dictature théocratique islamique, à laquelle ils ont volontairement souscrit et dont les dispositions leur avaient été précisées  dans un document  explicite décrivant  la Constitution, le système totalitaire de Velayat-e Faqih (règle du juriste) et la vocation de la nation au Jihad.

 

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Le peuple iranien a soutenu majoritairement Khomeiny  durant la révolution iranienne de 1979.

 

En outre, le préambule de la Constitution précisait clairement que la révolution iranienne n’était pas destinée à s'arrêter aux frontières du pays mais s’efforcerait de constituer une «communauté mondiale unique» (Oummah) en conformité avec les «valeurs universelles de l'islam»,  impliquant ainsi l'Iran et ses forces militaires dans une agression et une  guerre illimitée (qui a suivi rapidement).

 

 

 

 

Alors que le projet de Constitution égyptienne ne contient pas d’institution telle que le chef suprême ou Velayat-e Faqih,(draft Egyptian constitution)  il est précisé dans son article 2 que «les principes de la Charia islamique sont la source principale de la législation », ce qui certifie qu’aucune véritable démocratie libérale (dans laquelle les personnes et leurs représentants définissent les lois, librement et sans contraintes théologiques) n'a de chance dans la nouvelle Egypte.

 

 

En outre,  et c’est ce que soulignent à la fois Andrew McCarthy (here) et Barry Rubin (here), la nouvelle Constitution précise bien que la mise en œuvre de la Charia sera beaucoup plus stricte sous le régime des Frères musulmans qu’elle ne le fut sous Moubarak: l'article 219 (Article 219) définit les «principes de la Charia islamique » comme étant liés à « des sources reconnues par les doctrines sunnites et par la communauté dans son ensemble », ce qui signifie les quatre écoles classiques de jurisprudence sunnite et l'Institution islamique du consensus des savants (Ijma). Les écoles  Hanafi, Hanbali, Maliki et Shafi'i  soutiennent que les principes de la loi islamique ont été fixés il y a plusieurs siècles et sont restés immuables depuis.

 

 

Ainsi, en dépit d’un léger clin d'œil en direction des différents «droits et libertés» (Article 81), la suite du texte dans le projet égyptien stipule que ces droits et libertés « doivent être pratiqués d'une manière non contradictoire avec les principes relatifs à l’État et à la société, inclus dans la Partie I de la présente Constitution », ce qui signifie clairement que les Egyptiens obtiendront en matière de « droits de l'homme », les seuls droits autorisés par la Charia (voir ci-dessous).

 

 

Exactement comme dans la Déclaration du Caire de 1990 (Cairo Declaration) de l'Organisation de la Coopération Islamique, qui exemptait tous les pays musulmans à se conformer à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  et  déclarait  que, dans l'Islam, les droits de l’homme  signifient  la Charia, rien que la Charia.

 

En outre, de même que l'article 96 (Article 96) de la Constitution iranienne  désignait  le Conseil des Gardiens (composé de 12 experts juristes en droit islamique) pour déterminer la ‘compatibilité de la législation adoptée par l'Assemblée Consultative islamique avec les lois de l'islam’ (compatibility of the legislation passed by the Islamic Consultative Assembly with the laws of Islam),  la nouvelle constitution d’Egypte  désigne  les « savants »d’al-Azhar  « qui devront être consultés dans les questions relatives à la loi islamique. » Ainsi, une assemblée non élue de juristes islamiques se verra accorder le pouvoir d'approuver ou de désapprouver toute la législation votée  par le Parlement égyptien, avec des jugements fondés uniquement sur les lois islamiques établies au 10ème siècle.

 

Ces lois condamnent à la peine de mort les fauteurs d’adultère, d’apostasie de l'Islam, d’homosexualité et, dans certains cas, de blasphème ou de calomnie (critique) de l'Islam. Ils établissent l'inégalité juridique entre musulmans et non-musulmans et entre les hommes et les femmes. Et afin que personne ne pense que ces lois s'appliquent seulement aux Egyptiens ou seulement aux musulmans, la Charia oblige également le djihad contre les non-croyants dans le but express d'imposer  la Charia au monde entier.

 

 

En outre, avec Youssef al-Qaradawi, l’éminent juriste des Frères musulmans,  et avec l’accumulation sur des décennies de l’idéologie de la Confrérie  et les discours de campagne des porte-paroles de Ikhwan - tels Khairat al-Shater ou Mohammed Morsi lui-même - il est clairement attesté  que  la doctrine dominante islamique colporte un virulent message de haine à l’endroit des infidèles et  des Juifs.

 

Les Frères musulmans ne peuvent  immédiatement passer à l’action et mettre en œuvre l'ensemble de ces principes, mais l'approbation de la nouvelle constitution leur donnerait le pouvoir et le mandat populaire pour le faire. Morsi lui-même n'a laissé aucun doute sur la façon dont il entendait  gouverner, en prononçant devant une foule enthousiaste  un discours de campagne retransmis à la télévision égyptienne en mai 2012 (campaign speech) dans lequel il promettait de se consacrer à "La Charia, encore la Charia, toujours la Charia".

 

Et le truc, c'est que le peuple égyptien, qui est à plus de 70% alphabétisé, sait tout cela soit de ses propres lectures soit par ses imams ou les mosquées. Andrew Bostom n’a pas ménagé ses efforts pour  attirer notre attention sur des enquêtes crédibles (credible surveys)  de la population égyptienne, qui sans ambiguïté et à une écrasante majorité a  démontré qu'elle voulait « l'application stricte de la Charia islamique dans tous les pays (74%)», afin de   «préserver tous les pays islamiques des valeurs occidentales  (91%) » et  d’ « unifier tous les pays islamiques dans un seul État islamique ou Califat (67%). »

 

 

Déjà en Décembre 2010, un sondage de Pew (Pew survey) révélait que 82% des Égyptiens étaient en faveur de la mort par lapidation pour les  personnes coupables  d'adultère, 77% approuvaient la flagellation et l'amputation de la main pour le vol et 84% considéraient  que les apostats de l'islam devaient être exécutés.

 

En dépit  des derniers spasmes de protestation de la part des libéraux égyptiens  et des laïques, tragiquement en infériorité numérique, existe-t-il encore des doutes sérieux sur l’issue de ce référendum ? Soutenue et encouragée par l'administration Obama à Washington, DC, la Confrérie islamique a orchestré dès le début, la prise de contrôle de l'Egypte de main de maître: elle a remporté haut la main le premier référendum sur les amendements constitutionnels, puis, de concert avec ses alliés salafistes, a rassemblé une majorité écrasante aux élections législatives de janvier 2012, avant de prendre la présidence en Juin 2012.

 

 

Comme Andrew McCarthy l'a souligné, cependant, « La constitution a toujours été la palme d’or convoitée» (The constitution was always the prize’) et maintenant  elle semble à portée de main. Une fois que les votes pour ou contre du 15 décembre auront consacré les principes de la Charia comme loi du pays, tout comme en Iran, il n'y aura pas de retour en arrière pour l'Egypte pendant une longue, longue période.

 

 

 

 

 Clare Lopez est chercheur émérite (senior fellow) à RadicalIslam.org, expert en renseignements et  stratégie politique principalement pour le Moyen-Orient, et spécialiste de la défense nationale et de la lutte antiterroriste. Clare Lopez a servi pendant 20 ans comme officier opérationnel de l’Agence Centrale du Renseignement (Central Intelligence Agency / CIA).

 

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sultana cora 21/12/2012 22:16


et il faut rajouter que ce tableau n'est pas une supputation sur un éventuel futur, mais qu'il décrit ce qui se passe sous nos yeux, déjà réalisé!!! 
et pas qui "peut-être" se réalisera....un jour!
Mais en ce qui nous concerne, il faut, en plus, avoir en tête  que n'importe lequel des pays de la planète, fut-il le plus riche  -AUCUN-  ne peut éduquer, loger, donner du travail
et un avenir à une telle masse d'individus qui arrivent en même temps sur le marché
ils se sont cru malins en faisant du ventre de leurs femmes les bombes qu'ils allaient lancer contre nous
ces bombes exploseront d'abord à la figure des "frères musulmans" et ensuite il ne tiendra qu'à nous de  les laisser ou non se répandre chez nous pour nous arracher le pain que nous n'aurons
même plus à leur offrir!
les "frères" n'auront toujours qu'une solution, c'est de les envoyer se faire tuer dans une guerre contre le reste du monde!
mais même ça ne sera pas suffisant!
les ayatollahs de Khomeiny ont envoyé la jeunesse iranienne se battre contre l’Irak en la gavant de drogues , les "frères musulmans"  et leur bras armé les commandos de tueurs
salafistes  le feront aussi!
et c'est pour cette raison que nous devons porter toute notre attention sur les personnages qui se présenteront devant nous pour solliciter nos suffrage lors de n'importe laquelle des futures
élections !
c'est nous qui votons et c'est donc nous qui serons responsables de nos choix!