Le PS est-il un parti de gouvernement ? Par Minurne

Publié le 26 Octobre 2013

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Nous en sommes arrivés au point où l'on doit se poser deux questions : le groupe qui se fait appeler Parti Socialiste est-il un parti et ce groupe est-il "en capacité" de gouverner, comme disent les énarques dans leur jargon, en d'autres termes, est-il "un parti de gouvernement" comme il le revendique ?

On entend le président de l'Assemblée nationale déclarer qu'il faut ramener la France vers plus de parlementarisme alors que le président de la République vient de déclarer qu'il fallait respecter l'autorité et la primauté que la Constitution donne au président de la République.

Ce même président de l'Assemblée nationale, un multi-cumulard de haut vol, sabote la promesse présidentielle de supprimer le cumul des mandats.

Le président socialiste du Sénat fait voter contre les propositions de la majorité socialiste à l'Assemblée.

On entend le sinistre de l'Intérieur déclarer qu'il faut respecter les lois et sévir quand elles sont violées ou bafouées, et la sinistre de la Justice dire et faire exactement le contraire.

Le ministre du Redressement productif réclame une priorité française pour l'industrie, mais les autres ministres de l'économie sont favorables à la mondialisation économique.

Bref, il n'y a aucune unanimité dans ce groupe, personne n'est capable de dire s'il a une ligne politique, quelles sont ses valeurs et s'il y a une volonté commune, excepté celle de conserver le pouvoir pour s'en mettre plein les poches. C'est en tout cas l'impression générale des Français.

Le dernier avatar est celui de la primaire socialiste à Marseille. La candidate des quartiers pauvres du Nord a emporté largement le premier tour. Elle incarne le socialisme de la base, des "petits", des laissés pour compte sociaux à Marseille, le socialisme du peuple qu'a oublié la bobocratie parisienne et la grande bourgeoisie marseillaise dont Menucci est un symbole. Aussitôt les autres candidats battus se sont ligués contre elle avec le soutien officiel de la rue de Solférino, il faut que la petite immigrée bien intégrée, qui travaille et a réussi, "l'Arabe" comme dit Menucci, reste à sa place. C'est précisément ce qu'ont ressenti les électeurs de Samia Ghali qui, du coup, ont fait corps autour d'elle, mais n'a pas empêché la courte victoire du candidat officiel du PS et des riches socialistes du Sud de Marseille.

Derrière ce combat des egos, on devine le conflit clanique territorial : les immigrés de Samia Ghali contre les "souchiens" de Menucci. Exactement ce qu'un parti soudé et intelligent aurait évité dans l'exaspération montante des Français à l'encontre des immigrés et des gouvernants socialistes, eux-mêmes français, au moins "de papier" pour la plupart, les uns accusés de profiter et d'abuser de la générosité sociale, les autres racketter fiscalement les travailleurs "souchiens" qui paient et tirent la langue.

Cette primaire fut une erreur, comme la primaire qui porta Hollande fut une erreur en désignant le plus mauvais d'entre eux, une erreur que va faire à son tour l'UMP dans son souci de suivre le PS dans toutes ses conneries. Le principe de la primaire qui prive le peuple de son choix en transférant aux appareils des partis le choix du candidat qui affrontera l'opposition est non seulement anti-démocratique, il est clairement nuisible puisqu'il aboutit chaque fois à choisir le plus mauvais des médiocres prétendants. Il n'y a que les énarques pour manquer autant de jugement et croire le contraire.

Menucci traite Samia Ghali "d'Arabe", puis cet idiot s'enferre en expliquant que "le mot ‘arabe' n'est pas péjoratif, je l'utilise régulièrement pour expliquer la diversité de la communauté des Marseillais", peut-être, peut-être ! Mais tout le monde sait qu'il déteste Samia Ghali et que lorsqu'il la traite d'Arabe, ce n'est pas pour lui faire un compliment mais bien pour l'insulter. Ce faisant, il se coupe encore un peu plus de la vraie gauche marseillaise. Si on le comprend bien, lui il a le droit de traiter les Arabes d'arabes, mais si la droite le faisait elle serait aussitôt accusée de racisme.

Les primaires étaient conçues pour souder le parti autour du meilleur candidat, c'est le résultat exactement contraire qui est obtenu à Marseille, car les fractures créées subsisteront longtemps avec une conséquence à laquelle le premier secrétaire du parti n'a certainement pas pensé (mais pense-t-il ?) : si la candidate du Nord ne se rallie pas au candidat du Sud, elle ne semblait pas disposée à le faire et le sera encore moins après l'insulte du candidat officiel du PS, mais même si elle le fait il y aura une abstention massive de ses électeurs au moment crucial de l'affrontement avec l'opposition. La droite marseillaise peut se frotter les mains… à condition qu'elle ne se divise pas elle aussi !

Le PS est-il "en capacité" de gouverner ? Cela ne saute pas aux yeux. Le président de la République se comporte plus en président du parti qu'en président du pays. Le gouvernement cafouille sur presque chaque décision qu'il a à prendre. Le premier ministre est fuligineux (comme la mouette du même nom) et se comporte plus en chef de groupe parlementaire en étant en quasi permanence à l'Assemblée, qu'en premier ministre au travail dans son ministère. Finalement les Français ont l'impression que ce sont les hauts fonctionnaires, presque tous socialistes et francs-maçons, qui font fonctionner le pays ce qui ne les rassure guère.

Les Français attendent du président qu'il décide, du gouvernement qu'il gouverne, ils n'ont ni l'un ni l'autre. Le pays, comme la Belgique le fit pendant dix-huit mois, vit sans décideurs à sa tête, sauf quand il s'agit de voter des impôts et de faire des cadeaux trop visiblement électoralistes aux minorités comme les étrangers, les écolos ou les homosexuels. Par contre, quelle belle brochette de beaux parleurs auto-satisfaits et redondants se contredisant à qui mieux mieux !

Non décidément, le PS, n'est pas un parti de gouvernement, il n'en a pas le personnel, ni aucune des qualités indispensables.

Minurne

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Pivoine 27/10/2013 12:26


Cette primaire fut une erreur, comme la primaire qui porta Hollande fut
une erreur en désignant le plus mauvais d'entre eux


 


Et dire qu'hollandouille était opposé à martine aubry  au second tour !


Il y a vraiment de quoi se poser des questions sur la santé mentale des électeurs de gauche  !