Le quotidien polonais Nasz Dziennik interroge Joachim Véliocas

Publié le 10 Septembre 2011

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Nasz Dziennik est un quotidien catholique polonais tirant à 200 000 exemplaires. La journaliste Anna Bałaban a longuement interrogé le directeur de l'Observatoire de l'islamisation sur les raisons de la progression de la présence musulmane en France. Un phénomène étonnant vu depuis la Pologne où la France reste la fille ainée de l'Eglise:

Anna Bałaban: La culture religieuse musulmane semble s’épanouir en France… Comment est-ce possible ?

Joachim Véliocas:  C’est une question bien complexe. Il faudrait revenir dans le passé. Dans les années 60, sous la pression du patronat qui voulait être moins dépendant de la puissance des syndicats de gauche et sous-payer la main d'œuvre, l'immigration de travail a commencée à être soutenue sous le président Pompidou, puis cette immigration qui devait être passagère s'est installée durablement de par la loi du "regroupement familial" imposée par la charte sociale européenne du Conseil de l'Europe en 1973, Giscard d'Estaing fut contraint en 1976 par le Conseil d'État à renoncer à son projet de suspendre l'immigration familiale afin de se conformer au nouveau droit européen. Aujourd'hui, un travailleur Africain avec un salaire minimum peut faire venir toute sa famille, beau-père compris, la Convention européenne des droits de l'homme le garantie. En France, chaque année et ce depuis les années 80, 200 000 titres de séjours automatiquement renouvelables tous les 10 ans sont distribués. Autre porte d'entrée, les visas courts séjour, permettant aux migrants d'entrer légalement, mais de rester illégalement une fois leur droit expiré.

 

- Et les Français se rendent compte de cet état de choses ? L’acceptent-ils ?

- Les médias ne parlent que des titres longs séjours et occultent systématiquement les visas courts séjours (presque 500 000 par an pour le Maghreb et la Turquie). Si les Français lisaient ces chiffres dans les journaux ils seraient effrayés, mais ils sont soigneusement camouflés. Aujourd'hui, seul 7% des 200 000 titres de séjours distribués vont de paire avec un contrat de travail, et dans les cités de l'immigration le chômage atteint 40 %. Les volontaires pour aller travailler dans les chantiers sont surtout les Portugais et les Polonais.

 

- L’islamisation progresse, mais comment l’expliquer dans la situation où 90% d’habitants  sont toujours des non-musulmans ?

- Il faudrait  citer plusieurs facteurs. D’abord, c’est l'abandon de l'apostolat dans l'église de France, au nom d'un dialogue interreligieux mal compris. On sait bien que cela n’a pu qu’entraîner des abandons de l’Église par les fidèles. Puis, c’est l'impossible assimilation culturelle non pas d'individus, mais de groupes ethniques et musulmans concentrés territorialement. À cela s’ajoute l'excellent travail des missionnaires de l'islam. On ne peut négliger non plus la profusion de nouvelles mosquées, voulues, contrôlées et financées par le Maroc, l'Algérie et la Turquie. Enfin il faudrait mentionner aussi le maintien dans leur culture d'origine des jeunes dès l'école primaire, par les "ELCO", enseignement de langue et culture d'origine, par des enseignants dépêchés par les pays d'origine afin de transmettre l'arabe et l'islam dans nos écoles publiques...

 

- Voyez-vous une solution face au phénomène ?

- Je suis assez pessimiste, les médias sont verrouillés, il n'y a pas de représentation du peuple proportionnelle à l'assemblée nationale, les partis alternatifs au système actuel n'ont pas assez de crédibilité et de cadres sérieux. Seuls des évènements exceptionnels pourraient provoquer un sursaut. En tout cas, la seule manière d'inverser la vapeur est de sortir des institutions européennes qui nous imposent des demandeurs d'asiles, des regroupement familiaux, une ouverture des frontières et qui nous interdisent des expulsions groupées, cela nous conduisant à devenir une minorité sur notre sol dans moins de 50 ans.

 

- Suggérez-vous que la France doive sortir de l’Union européenne ?

- Il ne faut pas sortir de l'intégralité des institutions européennes, mais ne plus reconnaître des organismes étrangers comme la Cour de Justice de l’Union européenne qui par exemple dans un avis du 22 juin 2010 limite fortement, en vertu du système Schengen et de la libre circulation, la possibilité d’opérer des contrôles frontaliers dans une bande de 20 kilomètres pour lutter contre l’immigration illégale. La Cour européenne des droits de l’homme ne doit pas imposer non plus ses arrêts délirants à notre pays, comme par exemple l'obligation de maintenir sur notre sol des délinquants étrangers. Plus généralement, les politiques relatives à l'immigration doivent rester des compétences nationales, depuis les traités d'Amsterdam et de Lisbonne, les peuples de l'UE sont dépossédés de leur souveraineté en la matière.

 

- Une nouvelle évangélisation, pourrait-elle sauver la France ?

- Certes, mais les jeunes Français sont loin de renouer avec leur foi catholique. Ils se sont laissé posséder par le matérialisme, l'individualisme et l'hédonisme. on se regroupe par tribus sociales (se basant sur la musique, un style vestimentaire etc.), 90% des baptisés ne vont à la messe que pour les mariages et les enterrements... La France est aujourd’hui complètement laïcisée. D'ailleurs, il n'est pas possible d'entrer dans les banlieues musulmanes parler du Christ : le prosélytisme des "infidèles" est interdit en islam...des évangélistes viennent de se faire agresser la semaine dernière dans un quartier de Nice !

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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Valhante 11/09/2011 18:02



Merci Gérard,


J'accusais Giscard d'Estaing d'avoir créer le regroupement familial. Grâce à votre veille, je viens d'apprendre qu'il avait
été contraint en 1976 par le Conseil d'État à renoncer à son projet de suspendre l'immigration familiale afin de se conformer au nouveau droit européen.


J'ai dû lire quelque part que les couloirs des instances politiques de l'Europe étaient envahis par les lobbies de tous bords. On en
constate les résultats tous les jours.


Les technocrates de l'Europe oublient que les peuples ont une âme.


De guerre lasse, certains, comme moi, se demandent s'ils ne voteront pas Marine : tant pis si ça
casse. Qu'aurons-nous à perdre ?