Le racisme(Zimmerman) islamisme et autres hismes »

Publié le 16 Juillet 2013

Par Lucien Oulahbib

La difficulté avec le politiquement correct de la technostructure et ses affiliés objectifs (politiciens, journalistes, intelligentsia) consiste à toujours voir en l'autre "un" totalement autre, soit le supposé "raciste", le "salopard" (de patron), et de l'autre côté le gentil fonctionnaire, militant, pur, au service unique de la Collectivité (telle Fourest par exemple) ; comme si les problèmes de jalousie, d'envie, de tricherie, de rejet, les questions aussi d'organisation de la société, de puissance négative de types hobbesien et hégélien, étaient le seul produit de conditions données qui, totalement transformées, fabriqueraient en quelque sorte la situation pérenne éternelle avec en son sein et béatifié l'homme nouveau (le vrai) tant espéré…

 

J'y pensais l'autre fois lorsque France Culture rediffusait une conférence des Soboul et Maceron à propos de la Révolution Française, où suintait sans cesse (et avec brio) l'idée ressassée que les aristocrates et les bourgeois absorbaient à eux seuls la question de la violence sociale au sens où sans ces classes maudites la question même de cette violence disparaîtrait…le tout en échangeant bien volontiers les "18.000" morts de la Terreur et les morts liés à "Staline" (uniquement bien sûr) contre les "20.000" fusillés communards par les "Versaillais" (sauf que l'on oublie les 500.000 vendéens exterminés par les " colonnes infernales") et que l'écrasement de la Commune de Paris n'a guère à voir avec "le" capitalisme/libéralisme, mais plutôt avec la question sempiternelle du pouvoir à tenir pour les maîtres du moment qui sont maîtres parce qu'il y a aussi des taches à exécuter et non pas seulement parce qu'il y a une "reproduction".

 

De toute façon la meilleure façon de lutter contre celle-ci consiste plutôt à aider à une meilleure formation pour le plus grand nombre que de décider arbitrairement qui fera quoi comme cela se faisait au temps du socialisme réel, et comme cela se fait encore maintenant en France lorsqu'il est décidé que l'État ferait mieux que la société civile en matière de santé et d'instruction alors qu'il vaudrait mieux laisser à la concurrence le droit d'en décider, quitte à ce que les établissements touchés par cette compétition soient aidés pour la restructuration via une évaluation indépendante que la Cour des Comptes pourrait superviser.

 

Un autre exemple ? Je nageais l'autre jour dans une belle piscine découverte en Haute Savoie, entourée de superbes montagnes et sous un soleil éclatant, lorsque en face de moi surgit quelques instants après un nord africain d'origine qui insistait à me prendre la ligne (alors qu'il y avait presque personne) or, comme je poursuivais sur ma lancée j'ai senti qu'il voulait visiblement que je dévie pour le laisser passer me faisant alors sentir lorsque nous nous sommes croisés que j'étais un croisé puisque je ne l'avais pas fait. Pourtant, "traditionnellement", le premier sur la ligne n'a pas à dévier sauf que là dans sa pression j'y ai lu plutôt que j'étais "raciste" (pourtant je suis encore plus basané que lui…) alors qu'il s'agit du problème du "premier occupant" pour parler comme Locke. J'ai eu en tout cas  le sentiment soudain que cette situation se démultipliait tous les jours sur diverses questions du quotidien, en posant souvent en avant ce problème de "race" (que l'on voudrait "abolir" comme si la disparition du mot pouvait effacer la chose) au moindre regard sur un trottoir moins fluide qu'à l'accoutumée alors qu'il s'agit souvent de banals problèmes de positions et de concurrence vieux comme la nuit des temps.

 

Ainsi Zimmerman : celui-ci, d'origine hispanique pour moitié, prétend avoir été agressé par un jeune "afro-américain" qu'il tue en "légitime défense", le jury le croit, mais, immédiatement, la gentry du politiquement correct se déchaîne, y compris en France où Libé en tête bien sûr parle de "meurtre" (terme rarement employé pour Merah par exemple, espérons que les labo bobo antifaux iront fureter), sus au "racisme" donc alors qu'il s'agit du problème malheureux d'une rixe qui a mal tourné (idem pour "l'antifa" en France qui avait attaqué, par derrière, son "ennemi de classe") ; pour eux Zimmerman n'a pas pu se tromper, il a donc tué délibérément le jeune homme sans doute parce qu'il s'ennuyait ce soir de garde là…

 

Idem pour l'islam : les luttes intestines qui l'habitent ont toujours été son lot depuis sa succession, sans que l'on puisse décemment impliquer les "occidentaux". Pourtant, s'agissant de ce qui se passe, tous les "experts" n'ont de cesse de mettre sur le dos de "Bush et Blair" les malheurs de la région. Les mêmes sont d'ailleurs très énervés parce que l'on voit bien que, en plus, le meurtre par milliers n'est pas l'apanage d'Israël, mais de bandes armées payés par les puissances de la région en lutte féroce pour devenir l'hegemon pour parler le langage des Relations Internationales. Personne ne parle de boycotter la Syrie, la Tunisie, l'Égypte, la Turquie, alors que les fameux " droits de l'homme" sont bien mal défendus c'est le moins que l'on puisse dire…

 

Enfin, les effets de la crise multiforme qui secoue les économies mondiales sont uniquement lus à la seule lumière des aspects négatifs alors que tout système social produit nécessairement des conséquences non voulues, des tricheries aussi ; la tâche des instances démocratiques étant de surveiller et de punir tous ces abus ; or, il s'avère que les plus incompétents en la matière, à savoir les ex-adeptes du communisme, s'érigent en papes d'une "morale" puriste qui vient montrer du doigt tel ou tel dysfonctionnement afin de "prouver" l'inhumanité du système "capitaliste" en oubliant que tout système a ses dysfonctionnements et qu'il se trouve par ailleurs que le système libéral démocratique est le seul à pouvoir y répondre sans imposer des mesures encore pires que le mal. Cela ne suffit pas pour ces idéologues dont l'idéalisme est tel qu'ils restent persuadés de détenir la vérité pure et dure en attente d'être appliquée. Ce qui n'est pas nouveau, hélas.

 

En attendant, les réelles réformes à mener ne viennent pas puisque ces idéologues maintiennent qu'il faut tout changer pour "sauver la Terre" désormais (requins à la Réunion compris) et comme ils tiennent les salons médiatiques parisiens et que les Napoléon le Petit en herbe ont besoin de s'y montrer, voilà pourquoi votre fille est muette et que le Président peut sans vergogne annoncer le 14 juillet que mais oui "la reprise est là" alors que tout ce qui a été fait empêche précisément qu'elle puisse émerger, du moins autrement qu'en artifice à base d'emplois gonflés pour faire baisser à tous prix les statistiques avant le 31 décembre. Misère de la politique.


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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