Le séisme footeux d’Afrique du Sud n’en finit pas de produire des répliques

Publié le 7 Mai 2011

Par Alain Dubos

Le séisme footeux d’Afrique du Sud n’en finit pas de produire des répliques, près d’un an plus tard. La dernière en date étant l’affaire dite des « quotas de bi-nationaux », en vérité une tempête dans un verre d’eau mais ô combien révélatrice de l’état de la France, venant mettre, par la grâce de fouineurs engraissés à la délation, le monde d’un sport plutôt pourri devant ses responsabilités. Une histoire de famille, donc.

La France du football, après avoir stupéfié, puis fait sourire et enfin écoeuré la grande majorité des nations en 2010, achève de se déshonorer dix mois plus tard. C’est l’aboutissement logique d’une politique dont la ressemblance avec la gestion globale des ressources humaines du pays n’est absolument pas fortuite. On peut dater le début de ce cauchemar au début des années 80, lorsque la politique de recrutement des jeunes talents par les clubs professionnels a débouché sur le pillage organisé tant de l’Afrique que des banlieues.

Il s’agit là ni plus ni moins d’une traite négrière, les gamins étant littéralement loués avec option d’achat à leurs familles, mis en apprentissage, conservés dans le meilleur des cas et renvoyés à la case départ en cas (fréquent) d’inaptitude ou de déficience de talent. La brutalité de la méthode n’a d’égal que le cynisme avec lequel elle est mise en oeuvre par des financiers-intermédiaires-maquereaux théoriquement sous contrôle moral d’une Fédération dépassée depuis fort longtemps par les événements ; un peu comme si le club de pétanque de Trifouilly-les-Oies avait pour mission de réguler les pratiques du Cac 40.

Le double vivier de l’Afrique et de l’immigration étant aussi inépuisable que les appétits des agents et des clubs, on comprend que dans la tête de milliers d’enfants ainsi déscolarisés à bas prix, le rêve de devenir un jour le prochain Platini ou le futur Zidane, hante les nuits. Et c’est là un point essentiel du problème, très rarement soulevé ces jours-ci (sauf dans les forums Internet), totalement nié par des médias que leur raison d’être devrait pourtant mettre en priorité sur l’ouvrage. Ces gosses sont formatés pour penser avec leurs pieds, au détriment de tout ce qui pourrait encore en faire des citoyens éduqués sinon enseignés. Coupés du monde de l’éducation, pris en charge par des techniciens du tacle, des kinés et des soignants adeptes de la pharmacopée para-médicale, ils perdent au fil des mois le peu qu’ils avaient engrangé à l’école et deviennent des songes creux décervelés. Veut-on des noms? La liste des 23 de la Coupe du Monde 2010 n’en manque pas. Et le bilan de leur épopée est ce que l’on en sait.

Si le doux frottement des billets de banque flatte les oreilles parentales au Bénin ou dans le 93, il produit, ailleurs, un bruit moins agréable et il ne faut dès lors pas s’étonner de voir un grand nombre de géniteurs « blancs » préférer que leur progéniture fasse son chemin dans les facs, les IUT ou les établissements professionnels. Ce d’autant que la co-existence au sein des clubs de football d’une (désormais) majorité de jeunes venus d’Afrique ou issus de l’immigration et d’une minorité de petits Français « classiques » entraîne, au dire même des professionnels, de plus en plus de conflits, de vexations voire d’humiliations pour cette minorité-là. On est là très loin des grandes espérances également partagées.

Le résultat de tout cela, trente ans après la mise en train d’une telle stratégie, revient ainsi dans la figure des inventeurs avec en prime un coefficient sans cesse croissant, le même très exactement qui transforme sous nos yeux le paysage humain de la France. Le football n’étant ici que le révélateur et l’amplificateur du désastre sciemment organisé par des politiciens infiniment plus dangereux que les faisans roués, les coqs vaniteux et les brêles stupides qui tirent (ou croient tirer) les ficelles de cet amer vaudeville. Avec un peu de recul, il est clair que ce qui est arrivé il y a un an en Afrique du Sud devait arriver : des dirigeants fédéraux, bénévoles d’un autre temps, déchirés par des conflits internes, parfaits clients pour les règlements de comptes, accrochés à la Loi de 1901 comme le naufragé à sa bouée et qui, pressentant le pire de la substitution ethnique et souhaitant à bon droit le conjurer, en arrivent, par maladresse, à provoquer leur propre perte, un marécage financier où grouillent les prédateurs, les reptiles et les pêcheurs en eau trouble, détenteurs du vrai pouvoir, celui de l’argent, des millionnaires de vingt-trois ans, bébés-éprouvettes du multi-culturalisme, illettrés pour la plupart, chargés de représenter sur le terrain un pays dont ils ne savent rien, dont ils se foutent royalement quand ils ne le méprisent pas, des médias, enfin, au courant de tout mais s’abstenant de parler sauf quand, en dernier recours, ils sont bien obligés de le faire, tout était en place pour le lever de rideau. Le spectacle peut continuer.

D’aucuns diront « bah, que voulez-vous, c’est le football, depuis toujours ». Je dis, moi, que c’est malheureusement la France de 2011, avec ce sport honteux pour paradigme.

Les gens honnêtes auraient dû faire leur devoir, comme Monsieur Glassmann qui, sentant son honneur atteint, dénonça autrefois l’achat d’un match par Marseille, et fut banni à jamais du milieu. Les journalistes sportifs dignes de ce nom auraient dû alerter depuis longtemps l’opinion sur le problème en cours et susciter le débat, au lieu de ramper aux pieds des maîtres à qui ils servent la soupe, au lieu aussi de flatter bassement, jour après jour, le public censé être par eux éclairé. Ils sont, les pleutres, le degré zéro de l’information.

Il est bien dommage que tout ce pataqués (utile cependant, car susceptible d’ouvrir bien des yeux sur les tragiques réalités de notre société) soit né à Médiapart, site carnassier dont les cuisiniers n’accomodent la bécasse que quand la tête se détache d’elle-même du cou. Monsieur Plenel, qui a tout à la fois le sourire de Saint-Vincent de Paul et le regard de Fouquier-Tinville, peut donner une prime à son équipe. Elle a bien travaillé pour la patrie, avec des procédés d’une rare élégance.

Alain Dubos

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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LA GAULOISE 08/05/2011 08:48



Quelqu'un a dit:"  aurait on gagné en 98 ,si l'equipe de France avait été composée que de blancs? " .Mais personne n' a eu la présence d'esprit de rétorquer : " pour le savoir, il
suffit d'essayer !" A bon entendeur......



Francis CLAUDE 08/05/2011 06:49



bravo Alain Dubos, votre analyse de la situation est parfaite et réaliste le foot bisness ne peux qu'engendré la gangréne et dans tous les cas une équipe de France doit etre composée de Français
et s'il faut pour plaire aux bobos de tous poil y rajouter une touche de couleur nous avons nos Français "de couleur" qui peuvent pallier a cette carence(a condition que le reméde ne soit pas
pire que le mal voir anelka)...mais encore une foi ce probleme a ete soulevé que parceque des gens n'ont fait que dire la vérité en réunion privée et qui fut enregistrée et balancée par qui
déja?.



Nancy VERDIER 07/05/2011 21:58



Digne d'une République bananière. Cette équipe de France est indigne de notre pays - peu importe à qui la faute. Mais cracher dans la soupe comme l'ont fait ces joueurs, refuser de chanter la
marseillaise (qu'ils ne connaissaient sans doute pas), franchement, on en avait assez. Il n'y a pas que la couleur ou l'origine, car même Ribery est infâme. Bref une équipe qu'on ne veut plus
voir. Les quelques gentils garçons (blancs) de cette équipe s'y sentaient mal à l'aise. C'est à l'image de la France de 2011.