Le siècle de 1914...par Jean Dutrueil

Publié le 4 Janvier 2014

C’est avec ce titre clair et concis que l’historien Dominique Venner expliqua, dans un ouvrage majeur, les causes des deux guerres mondiales et l’émergence de la société industrielle que nous connaissons.

Source: par Jean Dutrueil pour NDF

Néanmoins, si l’historien décrivit intelligemment les événements factuels, j’avais l’intuition que des tendances lourdes, des réalités géopolitiques profondes étaient le moteur primordial de l’Histoire du XXe siècle. L’historien américain William Engdahl me donna la réponse dans son brillant Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain que c’est bien l’or noir qui, au-delà des intérêts et idéologies, fut la cause intrinsèque des deux guerres mondiales qui permirent à l’ère carbo-pétrolière d’émerger.

Nous verrons dans un premier article les raisons de ces conflits titanesques qui poussèrent par contrecoup les Européens d’aujourd’hui à la dépression et à la soumission. Puis dans un deuxième texte nous étudierons les spécificités de cette ère totalement nouvelle dans l’Histoire déstabilisant les fondements de la vie humaine.

1) Pourquoi les deux conflits mondiaux ?

a) Les raisons spirituelles

La première conflagration mondiale fut la première guerre de masse mécanique dont l’épicentre fut l’Europe. Elle n’est pas née de nulle part et de nombreux penseurs européens, même s’ils ne l’ont pas concrètement prédit, l’avaient pressenti. La guerre a toujours existé, elle est ontologique aux sociétés humaines, souvent due à l’appropriation de ressources développant les collectivités qui s’en emparent. Dans la Grèce antique, la nécessité de la guerre, son essence ontologique était totalement acceptée. Une phrase fondamentale de la pensée grecque écrite par le philosophe présocratique Héraclite disait « Polemos – le conflit – est le père de toute chose ». C’est grâce à l’acquiescement de cette caractéristique tragique de la vie et des organisations humaines que les peuples de l’Hellade (Grèce antique) ont créé des prescriptions de contrôle de la guerre afin que celle-ci ne se généralise et n’anéantisse ceux qui la subissent. La première norme régulant le conflit est le principe des trêves : il y avait dans l’année des périodes ouvrables à la guerre et d’autres fermées, celles des récoltes.

La deuxième norme est que la guerre ne pouvait appartenir qu’à un groupe spécifique de citoyens dans la cité : les aristocrates ou hommes libres. Les pères ayant déjà eu des enfants donc sécurisé le renouvellement générationnel étaient prioritaires. Les femmes, enfants, étrangers et esclaves, concentrant les ¾ de la population y étaient totalement exclus et on ne pouvait, en principe, sévir contre eux. Cette norme s’appliquait tout autant aux cités militaires (ex : Sparte) ou démocratique (ex : Athènes). En Inde, à leur arrivée au XVe siècle avant Jésus-Christ, les Indo-Européens établirent la quadripartition, c’est-à-dire la séparation de la société en castes (clergé, guerriers, producteurs et artisans) dont la deuxième, la caste des Kshatriyas – des guerriers – avait le monopole de la force légitime et fournissait l’élite de l’État régalien. Cette structure sociale inspirera l’Europe à travers la tripartition (les deux dernières castes étant réunies) bon an, mal an jusqu’en 1914 et pour la France jusqu’en 1789. Ces deux principes de trêves et de séparation sociales eurent globalement un impact positif limitant une propagation excessive de la guerre (même s’il y a eu des débordements, par exemple pendant la guerre du Péloponnèse, lorsqu’Athènes bafoua volontairement ces deux règles fondamentales de l’Antiquité grecque).

Lors de l’effondrement de l’Empire romain, la nouvelle religion chrétienne va reprendre ces deux valeurs pacifistes mais, étant par origine une religion sémitique, issue de peuples très égalitaristes (cf. les Actes des Apôtres et particulièrement le passage de la société organisée par Saint Ananias donnant un aperçu de la gestion des premières communautés chrétiennes sémitiques très collectivistes), peu à peu va se dissoudre le principe de tripartition des sociétés européennes, qui deviendront égalitaires et horizontales face à un État centralisateur et tentaculaire. Exemple : le pouvoir royal français théorisé par Bodin qui, à partir de Richelieu, va niveler au nom de Dieu – voir son testament politique – les aristocraties et créer l’État moderne où, peu à peu, les sujets français se retrouveront seuls, nus, sans corporations ni constitutions féodales protectrices, face à l’État royal.

La révolution française va puissamment intensifier la centralisation de l’État enclenchée par le grand Siècle, lui-même puisant dans l’uniformité chrétienne, et va accomplir l’égalité des citoyens non plus seulement de dignité envers Dieu existant déjà dans les sociétés antiques, mais aussi l’égalité de condition. Désormais, la logique voudra que si tous les citoyens sont égaux devant les institutions, ils le sont aussi devant la loi, l’impôt… et la guerre. Avec la révolution française, arrivent les guerres de masses. Avant la révolution française, l’Europe pouvait connaître de manière exceptionnelle des conflits totaux comme les guerres de religions coûtant 1/5e de la population européenne. Mais avec la conscription révolutionnaire pour tous, l’universalisation militaire deviendra structurelle et non plus conjoncturelle. Napoléon va lever de gigantesques armées et, pour s’y opposer, les monarchies européennes devront elles aussi constituer des forces de grande ampleur…

De plus, s’ajoute la révolution industrielle permettant à la guerre de devenir mécanique. Dans les religions préchrétiennes européennes, mais aussi dans le taoïsme chinois, le shintoïsme japonais, l’hindouisme ou dans les animismes africains et amérindiens, le monde appelé Cosmos (signifiant en grec « monde ordonné et harmonieux puisque conscientisé ») était considéré comme consubstantiel au divin qui l’avait engendré. Par conséquent, la faune, la flore ainsi que la Terre elle-même étaient définis à l’instar des humains comme des êtres vivants sacrés (car de l’atome aux pluri-univers dès qu’il y a conscience de soi, il y a être, et dès qu’il y a être, il y a Dieu : l’être personnel étant une parcelle de l’Être divin selon les païens).

De nos jours, la science tend à conclure, avec d’autres mots, vers cette vision cosmique, ordonnée, conscientisée du monde. Ainsi, des éthologues tels que Konrad Lorenz ou Yves Christen ont démontré que les animaux sont des personnes individualisées comme nous, des biologistes indiens ont prouvé dans les années 70 exactement la même chose pour les plantes et le biologiste britannique Rupert Sheldrake, directeur de recherche en biologie cellulaire à Cambridge déduit après une brillante carrière qu’il existe bel et bien une « âme » de la nature qui, dans ses entités qui la composent comme dans sa globalité, a bien une intelligence conscientisée. Concernant les planètes, l’universitaire Frédéric Malaval analysait dans un article du site Polémia les dernières données scientifiques démontrant une irrationalité de ces sphères qui auraient le choix de leur mouvement… Plus la science avance et plus elle prouve la vision païenne au détriment des visions judéo-chrétiennes ou islamique erronées puisque refusant un monde perçu comme inférieur, sans âme et donc rationnel duquel il faut s’extraire par des commandements et des injonctions n’ayant le plus souvent aucun lien avec le réel.

Puisque l’univers était accepté avec tous les êtres qui le composent comme sacré puisque conscientisé, alors les civilisations antiques européennes, en règle générale, faisaient attention à ce que le développement politique, économique et social prenne en compte la régénération des ressources énergétiques sur lesquelles il se fondait.

Ce principe perdurera grosso modo à travers l’Histoire de l’Europe jusqu’à la révolution industrielle ; par exemple selon Pierro San Giorgo, Colbert réglementait les coupes de bois en prenant en considération la regénérescence des forêts afin, pensait-il, de fournir des mâts aux navires 300 ans plus tard ! Les sociétés anciennes et traditionnelles comprenaient qu’aucune vie politique n’est possible sans attention du milieu naturel dans lequel elle se déroule. Mais avec le christianisme, va naître doucement mais sûrement chez les Européens la « métaphysique de l’Illimité », notion conceptualisée par l’historien Dominique Venner, définissant un idéal influencé par la Bible et plus particulièrement par le livre vétérotestamentaire de la Genèse dans lequel Dieu dit aux hommes créés à son image, à la différence du reste de l’univers qui n’est que matière, de se multiplier et de croître indéfiniment sur une Terre leur étant donnée comme objet de conquête. Les Européens chrétiens seront les premiers de l’Histoire à refuser toute réelle régulation démographique permettant une osmose avec l’environnement éco-systémique, se répandant ainsi sur des continents étrangers et donc déstabilisant des civilisations ancestrales entières ne leur ayant strictement rien demandés. Mais plus encore ils exploiteront massivement les ressources énergétiques, notamment fossiles (charbon, gaz, pétrole, etc.) croyant naïvement qu’elles sont des matières infinies issues d’une Terre inerte.

Ce n’est pas un hasard si la révolution industrielle prendra son plein essor au sein de l’Empire britannique puritain victorien, engendrant une civilisation techniciste avec qui l’agriculture et l’élevage de masses via les engrais carbo et pétrochimiques autoriseront une explosion démographique démentielle d’abord européenne et américaine puis mondiale à travers les colonies.

L’addition de l’égalitarisme de condition et de la société mécanisée va produire les deux plus grandes guerres de l’humanité dont l’enjeu était la maîtrise des nouvelles ressources énergétiques essentielles au maintien des sociétés industrielles matérialistes.

b) Les raisons stratégiques des guerres mondiales

Au-delà de l’histoire factuelle (l’assassinat du Duc Ferdinand d’Autriche, les déclarations de guerres successives des pays européens et l’entrée en guerre des États-Unis en 1917) des raisons géopolitiques et stratégiques étaient en réalité le socle et le subconscient des deux combats mondiaux. À l’aube du XXe siècle, l’Empire britannique était la première puissance mondiale. En face, en Europe continentale, l’Empire allemand nouvellement constitué par Bismarck était la puissance montante susceptible de supplanter les Britanniques. En effet, l’Allemagne bismarckienne s’étendant de la France à la Russie devenait plus grande démographiquement et industriellement que la « perfide Albion ».

À ceci, s’ajoute la découverte du pétrole comme nouveau combustible fossile, beaucoup plus efficace que le charbon, énergie jusque là essentielle au côté d’autres minerais motivant la conquête coloniale, découverte à la fin du XIXe tout autant par les Allemands et les Britanniques au Moyen-Orient que part les Américains sur leur propre sol et dans le golf du Mexique.

Dès la première décennie du XXe siècle, va s’enclencher entre les Allemands et les Anglais une course à la découverte et surtout à la mainmise des ressources pétrolières au Moyen-Orient. Pour les Britanniques formant une thalassocratie (puissance des mers), l’emprise se fera par la domination des côtes égyptiennes et levantine et du golf arabo-persique. Pour les Allemands, continentaux, cela se fera par les terres, c’est-à-dire par un ravitaillement via les alliés que sont les Empires austro-hongrois, ottoman et iranien, ce dernier souhaitant s’extirper des pressions russe au Nord et anglaise au Sud. C’est pour cette raison cruciale que les Allemands construiront la ligne ferroviaire Berlin-Bagdad.

En plus de la thalassocratie, les Britanniques tissèrent avec leurs ennemis russes et français d’hier une alliance diplomatico-militaire dite de la « Triple-Entente » afin d’encercler l’Allemagne. Celle-ci rétorquera par la « Triple-Alliance » avec les Austro-Hongrois et les Ottomans. Mais dans cette Triple-Alliance continentale permettant de rivaliser avec la thalassocratie pour la course au pétrole, il existait une écharde : les Balkans et surtout les Serbes refusant la domination austro-hongroise. Avec leurs puissants services de renseignement, les Anglais n’auront de cesse d’attiser par tous les moyens la poudrière balkanique. L’assassinat du duc Ferdinand par un Serbe s’inscrit dans cette déstabilisation anglo-saxonne secrète mais constante qui, des révoltes patriotiques contre l’Empire ottoman aux troubles bulgares et roumains tenta par tout moyen d’empêcher une alliance continentale durable.

Alors que l’empereur François-Joseph voulait simplement punir les Serbes par une action militaire aussi vigoureuse que brève, l’enclenchement des systèmes d’alliances va ouvrir la boîte de Pandore de la Première Guerre mondiale. Mais au-delà de cet événement tragique, la correspondance entre le trésor et le Gouvernement britanniques aujourd’hui déclassifiée trahit une volonté du pouvoir anglais, dès 1913, d’enclencher une guerre d’envergure pour contenir la puissance allemande, alors que celle-ci ne cessait de chercher un compromis pacifique avec sa rivale. Pendant que l’Europe se déchirera dans une gigantesque « guerre civile » (Lyautey), les Britanniques discrètement déplacèrent la majorité de leurs troupes au Moyen-Orient pour monopoliser le pétrole et expulser les Ottomans du Levant, d’Irak et de la péninsule arabique par une union avec les tribus arabes autochtones. Le célèbre Lawrence d’Arabie, officiellement archéologue mais œuvrant en réalité pour le MI-6 eut un rôle majeur dans le retournement des Arabes.

Si les États-Unis ne rentrèrent en guerre qu’à partir de 1917, ils aidèrent la France et le Royaume-Unis dès le début de la guerre par un ravitaillement militaire et pétrolier américano-mexicain continu et une puissante aide financière des banques new-yorkaises, permettant à celles-ci d’engranger de substantiels bénéfices… Il est curieux de constater que l’entrée en guerre des États-Unis, sentant sans doute le vent tourner, arrive 6 mois avant la sortie définitive de la guerre des Soviétiques qui, ayant conquis le pouvoir en Russie, déclarèrent à l’Allemagne ne plus vouloir continuer le conflit contre elle et ainsi créer la possibilité d’une nouvelle union des terres permettant l’accès au pétrole par le Caucase et non plus par les Balkans. Mais c’est surtout juste après le traité pacifiste de Brest-Litovsk entre Allemands et Soviétiques du 3 mars 1918, officialisant l’armistice de décembre 1917 entre les deux pays, que les Américains enverront deux millions d’hommes soutenir les Anglo-Français.

c) Une guerre d’un siècle

En réalité, la Seconde Guerre mondiale sera la perpétuation de la première avec à peu près les mêmes enjeux stratégiques mais sera plus cruelle encore car, comme dit le dicton, « à chaque fois que l’Histoire se répète, les prix montent ». Les totalitarismes furent en réalité des étendards d’intérêts géopolitiques beaucoup plus terre à terre. Pour paraphraser Clausewitz, la Guerre froide où les Américains remplaceront la thalassocratie anglaise et les Russes la puissance continentale allemande puis les guerres d’Irak, de Libye, le conflit syrien actuel et des tensions iraniennes ne sont que la continuation des orgies de 14-45 par d’autres moyens : l’accaparement des ressources énergétiques fossiles qui sont le nerf des économies occidentales puis mondiales modernes. Comme le rappelait l’influent diplomate Henry Kissinger, « celui qui contrôle le pétrole, contrôle le monde » et à l’inverse celui qui ne le contrôle n’a pas n’a pas la maîtrise de son propre destin. Comme le déclarait le président russe Vladimir Poutine, les pays libres et souverains se comptent sur les doigts : les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et le Brésil dominant tous plus ou moins leur approvisionnement énergétique. Les autres ne sont que des vassaux, plus ou moins soumis.

Conclusion

Les deux guerres mondiales étaient en fait une lutte à mort entre Anglo-américains, Allemands et Russes pour le pétrole. L’Europe (Russie exclue) a perdu cette bataille et, depuis, ne maîtrise plus sa liberté, dominée par l’URSS puis par les Etats-Unis. Si nous voulons que la France reconquiert sa pleine souveraineté et que l’Europe des nations retrouve la puissance, elles doivent renouer avec l’emprise de leur approvisionnement énergétique appartenant en grande majorité aujourd’hui aux Américains. Exemple : le pétrole algérien dont nous dépendons fortement est détenu à 80% par les actionnaires américains et il en est de même pour le pétrole proche-oriental. Mais en sommes-nous capables (Car il faut une forte volonté politique, diplomatique et militaire. Il faut se rattacher à la souffrance de l’Histoire que nous refusons, traumatisés par les excès des deux conflits mondiaux) ? Je crains que non car la société industrielle et technologique dite carbo-pétrolière nous fait vivre dans un tel confort hors norme, dans une telle artificialisation contre-nature que nous n’acceptons plus le sacrifice nécessaire pour le maintien de notre civilisation. Mais l’érosion des ressources engendrant ce trop-plein de bien-être nous permettra peut-être de sortir de notre indolence et de reprendre notre destin en main. Explication dans un prochain article…

Le Siècle de 1914

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article

Pivoine 05/01/2014 14:58


J'ai toujours pensé que le judéo-christianisme avait fait beaucoup de mal, par le seul fait qu'il place l'humain au-dessus de l'animal, et que "Dieu" aurait mis à sa disposition la faune et la
flore. L'Ecclésiaste dit : "L'homme doit dominer la nature; l'homme doit dominer les animaux". On voit les terribles conséquences que cela a engendrées !


Avant que les Européens (chrétiens) ne débarquent aux Amériques, ce continent regorgeait d'animaux et d'espaces boisés. Ils ont entrepris systématiquement de tout raser. Heureusement que des
écologistes (avant l'heure) ont vivement protesté, car sinon, il ne restait plus rien.


Curieusement, à chaque fois qu'il y a des combats à mener pour préserver les forêts et les espèces en danger, on n'entend jamais les religieux (juifs, chrétiens et musulmans)...


L'hindouisme, qui n'est pas une religion du "Livre", mais qui n'en est pas moins monothéiste (tous ses multiples dieux ne sont que des avatars du dieu suprême) prône le respect de la nature et de
tous les êtres vivants. C'est pourquoi les forêts étaient préservées, jusqu'à l'arrivée des Anglais, et... l'augmentation de la population.


Les peuples dits primitifs avaient compris l'importance de maîtriser leur démographie, jusqu'à ce que des chrétiens ou des musulmans débarquent chez eux et les enjoignent à se reproduire comme
des lapins. D'où un déséquilibre, et partant, une lutte pour s'approprier les ressources...


Si la population humaine ne se comptait pas par milliards, il y aurait beaucoup moins de conflits, puisque ce fameux espace vital (justification pour Hitler pour envahir les pays voisins) ne
serait pas un problème.

mika 04/01/2014 21:57


La façon dont les journaleux (et pas qu'eux) ont traité leSuicide
de Dominique Venner... 


 


https://www.youtube.com/watch?v=xD4T6FcYU4o