Le successeur du procureur Courroye arrive à Nanterre. Un ami de Hollande...

Publié le 25 Novembre 2012

On reprend la même politique des copains/coquins (?)! Quant à la qualification, la probité? Elles sont sans doute présentes mais il y aura toujours des doutes avec ses méthodes!

Ancien conseiller de Lionel Jospin, Robert Gelli prend la tête d'un tribunal stratégique.

Ce procureur-là devrait être bien accueilli. Robert Gelli, successeur de Philippe Courroye, dont l'arrivée à la tête du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) est annoncée le 10 décembre, n'est pas loin d'être attendu en sauveur dans une juridiction laminée par plusieurs années de guerre fratricide entre ses deux «stars», Philippe Courroye, le procureur, et Isabelle Prévost-Desprez, la présidente de la 15e chambre. Il quitte le parquet de Nîmes après avoir traité une dernière affaire sensible, celle de la disparition de la jeune Chloé.

L'homme arrive dans les Hauts-de-Seine «de façon très modeste, sans jugement a priori sur la manière dont l'action publique a été menée par (son) prédécesseur», assure-t-il. Bien qu'il ait effectué une partie de sa carrière aux côtés de la gauche - lui qui a été conseiller de Lionel Jospin à Matignon de 1997 à 2002 et qui effectua son armée avec François Hollande à Draguignan -, Robert Gelli refuse de voir l'œuvre du politique dans sa nomination. N'avait-il pas été élu à l'unanimité par ses pairs à la tête de la Conférence des procureurs, cette instance non officielle qui porte la parole des chefs de parquet de tous bords auprès des pouvoirs publics notamment? Un procureur ayant travaillé sous sa direction vante ses qualités: «La reconnaissance est tardive. Il aurait mérité bien plus tôt un autre destin.» «Robert Gelli à Nanterre, c'est la bonne personne à la bonne place. Il fait l'unanimité autour de lui», renchérit un bon connaisseur de la magistrature, Pierre-Yves Couilleau, actuel procureur de Metz, dont le parcours est, lui, plutôt lié à la droite, puisqu'il fut conseiller de Dominique Perben à Vendôme entre 2004 et 2005.

Robert Gelli se trouvait en poste à Nîmes depuis dix ans. Une longue période. «Je n'ai pas attendu que mon prédécesseur (Philippe Courroye, NDLR) parte pour faire des demandes. Cela fait trois ans que je veux, en vain, partir.» Des refus essuyés sans vague, sinon au début de cette année quand il proteste contre sa non-nomination à Versailles. «J'ai fait un recours devant le Conseil supérieur de la magistrature, qui m'a donné raison… Mais, au lieu de me nommer, le ministère a choisi un autre candidat, qui n'était ni la première personne pressentie… ni moi.»

Un bon tremplin

Le temps a toutefois joué en sa faveur, puisque le tribunal de Nanterre figure au deuxième rang des juridictions les plus importantes de France. Outre son volume (34 magistrats au parquet, 108 au siège), c'est, avec Paris, le tribunal de grande instance dans lequel se traitent les affaires les plus importantes et les plus médiatiques - dernièrement, le Mediator, Bettencourt, etc. Prendre la tête du parquet de Nanterre constitue également un bon tremplin pour, ensuite, viser celle du parquet de Paris. Robert Gelli, qui était donné directeur de cabinet si les clés de la Chancellerie avaient été confiées au député PS de l'Isère André Vallini, n'a donc pas forcément perdu au change.

Sa tâche ne sera toutefois pas si aisée. Dans les placards du tribunal, plus de 30.000 dossiers seraient actuellement en souffrance. Et, dans les couloirs du palais, les «pro» et les «anti» Philippe Courroye aussi bien que les défenseurs et les détracteurs de son ennemie jurée Isabelle Prévost-Desprez ne sont pas encore réconciliés. La juge a été présentée par la Chancellerie pour un poste en avancement comme première vice-présidente adjointe à Créteil, mais il est loin d'être acquis que le Conseil supérieur de la magistrature valide ­cette sortie par le haut d'une magistrate mise en examen dans l'affaire Bettencourt… Dans ce cas, malgré le départ de Philippe Courroye, Nanterre ne serait pas encore tout à fait sorti de ses démons. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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