Le Sud Soudan, le nouvel allié d’Israël

Publié le 7 Janvier 2012


Par  Daniel Pipes
The Washington Times
January 3, 2012

http://www.danielpipes.org/10486/south-sudan-israel-allies

Traduit de l’anglais par Nancy VERDIER

photo 5281BIl est inhabituel pour le dirigeant d’un nouveau pays, d’effectuer son  voyage inaugural à l’étranger, qui plus est à Jérusalem, capital du pays le plus décrié au monde, mais c’est ce que fit fin décembre, Salva Kïr, président du Sud Soudan accompagné de ses ministres des affaires étrangères et de la défense. Le président d’Israël Shimon Peres les a accueillis, saluant cette visite comme « un moment historique et émouvant ». Cette occasion a permis d’engager des discussions sur l’installation d’une ambassade du Sud Soudan à Jérusalem, là encore une première.

Ce dénouement insolite est le résultat d’une histoire insolite.

Le Soudan d’aujourd’hui avait pris naissance au 19ème siècle quand l’Empire Ottoman contrôlait les régions du nord et essayait de conquérir les zones du sud. Les britanniques qui avaient la main mise sur  le Caire établirent les contours de l’état moderne en 1898 et durant les cinquante années qui suivirent ils dirigèrent  la partie musulmane au nord séparément de celle du sud animiste et chrétienne.  En 1948 cependant, succombant à la pression du nord, les britanniques fondirent les deux administrations en une seule, sous le contrôle du nord avec pour capital, Khartoum, donnant aux musulmans la domination sur tout le Soudan et faisant de l’arabe, la langue officielle.  

De ce fait, l’indépendance de 1956, conduisit à la guerre civile, les habitants du sud, se battant pour évincer l’hégémonie musulmane. Heureusement pour eux, la politique de “stratégie périphérique” du  premier ministre Ben Gourion, s’était traduite par un appui d’Israël en faveur des zones non-arabes au Moyen-Orient y compris le Sud Soudan. Le gouvernement d’Israël constitua un soutien tout au long de la première guerre civile soudanaise, qui dura jusqu’en 1972,  tant au plan moral, diplomatique que par la fourniture d’armements.

Mr. Kïr reconnut cette contribution lors de la réception à Jérusalem relevant qu’Israël avait toujours contribué à l’assistance du Sud Soudan.  « Sans vous, nous n’aurions pu nous en sortir. Vous avez lutté à nos côtés afin de nous permettre d’établir le Sud Soudan. ». En réponse, M. Peres a rappelé sa présence au début des années soixante quand le premier ministre Levi Eshkol et lui-même jetaient les bases des premières relations avec les dirigeants du Sud Soudan.

La guerre civile au Soudan se prolongea avec intermittence de 1956 à 2005. Avec le temps les musulmans du nord étaient devenus de plus en plus belliqueux envers leurs compatriotes du sud et leur agressivité culmina entre 1980 et 1990 avec son cortège de massacres, d’esclavage, de traites humaines et de génocides. Etant donné les souffrances tragiques et multiples de l’Afrique ces problèmes auraient très bien pu être ignorés par des occidentaux à la compassion blasée, mais c’était sans compter les extraordinaires efforts menés par  deux américains abolitionnistes.   

Dans le milieu des années 90, John Eibner de Solidarité Chrétienne Internationale libéra des dizaines de milliers d’esclaves au Soudan tandis que Charles Jacobs du groupe « américains contre l’esclavage » mena une « campagne pour le Soudan » dans tous les Etats-Unis ce qui permit de constituer une coalition d' organisations diverses. (On peut regretter que la France et nos associatifs de tous poils n'aient pas trouvé le temps de venir au secours des esclaves chrétiens déportés au Soudan musulman. Ndlr Gérard Brazon)

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John Eibner rencontrant Silva Kïr en 2006 à Paris.

Comme tous les américains abhorrent l’esclavage, les abolitionnistes formèrent une seule et même alliance de la Gauche à la Droite, incluant Barney Frank et Sam Brownback, le Black Caucus du Congrès et Pat Robertson, des pasteurs noirs et des évangélistes blancs. A l’opposé, Louis Farrakhan (leader noir américain musulman Ndlr GB) se sentit visé et embarrassé par ses tentatives de nier l’existence de l’esclavage au Soudan.   

Les efforts des abolitionnistes culminèrent en 2005 quand l’administration de George Bush fit pression sur Khartoum pour signer l’Accord de Paix Globale qui devait mettre un terme à la guerre et donner aux gens du sud la possibilité de voter pour leur indépendance. C’est ce qu’ils firent avec enthousiasme en janvier 2011 où 98% des électeurs votèrent en faveur de la séparation d’avec le Soudan, donnant naissance à la République du Sud Soudan six mois après, un évènement salué par Mr. Peres comme « une étape importante dans l’histoire du Moyen Orient ».

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Un panneau aux célébrations de l'indépendance: "A compter d'aujourd'hui, notre identité est sud soudanaise et africaine, et non pas arabe et islamique. Nous ne sommes pas les pires Arabes, mais de meilleurs Africains. "

 

Les investissements à long terme d’Israël auront été  payants. Le Sud Soudan s’inscrit dans une stratégie périphérique renouvelée qui inclut Chypre, le peuple Kurde, les populations Berbères et peut-être un jour un Iran post-islamiste. Le Sud Soudan offre les possibilités d’accès à des ressources naturelles et en particulier le pétrole. Son rôle dans la négociation des eaux du Nil offre des leviers de négociation potentielle vis-à-vis de l’Egypte. Au-delà de ces bénéfices pratiques, la nouvelle République représente un modèle d’inspiration pour les populations non-musulmanes qui veulent résister à l’impérialisme islamique, offrant un modèle d’intégrité, d’effort soutenu, d’attachement à des valeurs fortes. En ce sens la naissance du Sud Soudan fait écho à celle d’Israël.

Si la visite de Kïr à Jérusalem marque véritablement une étape, il reste au Sud Soudan à parcourir le long chemin qui le conduira de l’état de pays pauvre et de protectorat international aux institutions précaires à celui de pays véritablement moderne et indépendant.  Ce parcours requiert une équipe dirigeante dont l’objectif ne soit pas d’exploiter les ressources du nouvel état ni de chercher à créer un Nouveau Soudan en faisant la conquête de Khartoum, mais de jeter les bases solides en vue de la réussite d’un nouvel état.    

Pour les israéliens et autres occidentaux, ceci signifie à la fois une assistance en matière d’agriculture, de santé et d’éducation et  la nécessité pour (la nouvelle capitale) Juba de se concentrer sur les questions de défense et de développement tout en évitant le recours à la guerre. Un Sud Soudan stabilisé pourrait à terme devenir une puissance régionale et un allié fiable non seulement d’Israël, mais de tout l’occident.

 

Traduit de l'anglais par  Nancy VERDIER

Mr. Pipes (www.DanielPipes.org) is president of the Middle East Forum and Taube distinguished visiting fellow at the Hoover Institution of Stanford University. © 2012 by Daniel Pipes. All rights reserved.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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23bixente23 08/01/2012 04:43


j'allais laisser un post du même genre que celui de Claude : il est impératif que le Sud Soudan vire les musulmans présents sur son sol et empêche fermement et strictement les musulmans de s'y
installer. autrement, ceux-ci vont faire exactement la même chose qu'ils font dans le reste du monde, particulièrement en Europe mais aussi au Canada et USA: une collonisation en apparence
pacifique au début, puis peu à peu bouffer du terrain pour finalement prendre le pouvoir...


il est impératif de mettre en place cet "apartheid", et tant pis pour les critiques internationales qui ne manqueront pas de pleuvoir, autrement ils n'ont aucune chance d'échapper à la conquête
de ces dégénérés qui ont pour but depuis toujours et pour toujours, la conquête du monde et l'instauration d'un califat mondial.

Vanpyperzele 07/01/2012 17:34


Il faudrait aussi scinder le Nigéria.

Claude germain V 07/01/2012 15:43


A souhaiter que ce nouveau President NE LAISSE SOUS AUCUN PRETEXTE RENTRER OU SIMPLEMENT S' APPROCHER UN POLITICARD , A TENDANCE OU MUSULMAN , DE
SON GOUVERNEMENT.


Si il faisait cela par erreur de jugement LE SUD SOUDAN SERAIT UN PAYS CONDAMNE PAR AVANCE ET MINE PAR L'ISLAM.