Le système des aides sociales est gangréné, au détriment des Français. Par Caroline Alamachère. Préface Gérard Brazon

Publié le 8 Août 2013

Une histoire banale finalement que nous raconte Caroline dans l'article suivant avec un propiétaire privé louant un appartement non conforme !

Mon propos est différent mais souhaite éclairer une facette du logement social. C'est aussi le quotidien de beaucoup de locataires d'HLM qui subissent une forme de dictature douce de la part des OPHLM, bras armé et sous tutelle des Maires le plus souvent.

C'est du clientélisme qu'il s'agit: le clientélisme cette plaie.

Mais c'est aussi de la part des locataires qui le subissent une soumission qui devrait être intolérable. Mais le plus souvent, une soumission hélas accepté d'avance.

- Soumission dans l'attente d'une place de crèche pour le petit dernier,

- Soumission pour le grand pour le mettre à la cantine,

- Soumission pour l'inscription du deuxième à un voyage, une activité,

- Soumission pour changer d'appartement pour un plus grand,

- Soumission pour être invité aux pinces fesses de la Municipalité et autres réceptions,

- Soumission aux Maires, aux adjoints qui semblent les plus proches du service demandé,

- Soumission encore et encore, pour quelques prébendes et autres petits avantages !  Ils paient cette soumission par leur dignité bafouée, par leur humiliation permanente.

Mais me direz-vous, cette engeance soumise a l'échine souple !  Elle en a pris tellement l'habitude, qu'elle ne s'en même plus compte !  Pourvu que non... Pourvu que 2014 soit le moment du retour de bâton.

Gérard Brazon

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Par Caroline Alamachère

Rien ne va plus dans le domaine de l’immobilier. Il y a d’abord eu cette histoire abracadabrantesque à Courbevoie où le gardien d’un HLM, par ailleurs employé de la mairie et se disant proche du maire UMP, faisait régner la terreur chez les locataires, les menaçait, encaissait des pots de vin pour faciliter l’entrée dans les lieux, sous louait leur cave en leur en interdisant l’accès sous peine de représailles, sous louant également leur logement en leur absence, faisait du chantage, etc. Il semble que ce curieux personnage ne soit que le maillon d’un système très opaque et très organisé de gestion des logements sociaux avec des règles hors de toute légalité. Malgré de nombreux courriers adressés à la mairie, ceux-ci n’ont jamais obtenu de réponse jusqu’à l’ébruitement public de l’affaire qui suit actuellement son cours.

Ces jours-ci c’est à Melun que l’histoire se passe, tout d’abord sous forme d’un pathétique fait divers où l’on apprend qu’un jeune couple dont la femme vient tout juste d’accoucher est privé d’eau par son propriétaire en raison d’arriérés de loyers impayés. Le jeune papa est contraint d’aller remplir des bidons d’eau au café d’en face.

Le DAL, sans doute échaudé par ses récents déboires avec cette mamie bordelaise à qui il avait illégalement subtilisé la maison pour l’offrir à des clandestins, a cette fois joué des coudes auprès de la mairie pour réclamer que l’eau soit rétablie.

On s’étonnera tout de même que la situation perdure depuis plusieurs mois et que rien n’ait été fait pour reloger ce couple bien de chez nous vivant dans 16m2, sachant que dans le même temps le gite et le couvert sont immédiatement offerts par la collectivité aux nouveaux entrants dans le pays, même si ces derniers sont chez nous illégalement et sont donc hors la loi. Dans ce dernier cas les structures d’accueil très officielles se mettent en place illico presto, les contribuables financent, cela coûte un bras à la collectivité et c’est totalement illégal mais pourtant toléré, voire encouragé…

Par contre, pour ce petit couple, rien, nada, que dalle. Trop français.

La jeune femme, dont le mari travaille, explique dans un commentaire édifiant posté sur Agoravox (et repris isolément et en entier ici) qu’elle n’est pas du genre à profiter du système : « on apprend que nous ne pouvons pas mettre nos loyers sous séquestres, il faut prouver qui est responsable, payer un huissier, prendre un avocat (payant) et donner des frais de justice pour saisir le tribunal. Procédure longue et coûteuse dont nous n’avons pas les moyens (la justice est juste pour ceux qui ont les moyens de se l’offrir !) Ah au faite nous ne touchons pas d’APL car le logement n’est pas homologué (on pouvait pas le savoir avant d’en faire la demande et la réponse demande des mois) et comme mon courageux mari se lève le matin pour aller travailler on a le droit à rien de la C.A.F. (on nous a conseiller de rester à la maison sans bosser et faire des gosses à la chaîne pour avoir des aides et un grand logement). Désolé mais on va pas devenir des gros fainéants et profiter du système comme beaucoup ! c’est pas le genre de la maison ! ».

Alors bien sûr, avant qu’elle ne donne des explications très détaillées, les commentaires vont bon train. Les internautes ne savent rien des tenants et des aboutissements de l’histoire mais comme toujours ils jugent, condamnent, émettent des hypothèses, tirent des plans sur la comète et font de la morale de comptoir, bien planqués devant leur clavier, car il faut bien se donner la sensation d’être utile à quelque chose n’est-ce pas…

Sauf que là les moralisateurs sont particulièrement à côté de la plaque avec leurs « on ne fait pas un enfant quand on n’a pas la sécurité » ou bien « encore des parasites, des assistés ». Tout faux ! L’affaire est plus grave que cela puisqu’il s’agit d’une arnaque pure et simple et parfaitement huilée du propriétaire bailleur qui use de prête-nom et loue même les services d’une fausse secrétaire ainsi que de faux bureaux.

Découvrant que son appartement n’est pas aux normes et ne donne aucun droit à l’APL, que les murs sont pourris et que d’autres locataires relèvent des anomalies similaires, la jeune femme décide de mener son enquête pendant que son mari est au travail, et découvre l’étendue de l’arnaque. Sans se démonter elle agite le cocotier, tente des voies de recours, alerte, rend visite au propriétaire, en vain. Le couple est alors menacé par les membres de la SCI aux abois qui décide de mesures de représailles en coupant l’eau de manière parfaitement illégale puisque cela ne peut se faire qu’à la suite d’une procédure judiciaire en bonne et due forme.

Bref, au-delà de cette histoire presque ordinaire, on se rend compte que c’est tout un système qui est gangréné avec la possibilité qu’ont de tricher et d’abuser les locataires les gérants de ces sociétés immobilières, qu’elles soient privées ou d’Etat comme dans le cas de Courbevoie, avec encore ces aides longues comme le bras offertes aux néo-arrivants, illégaux ou non, et dont ne bénéficient jamais – ou très rarement – nos propres compatriotes à moins d’être fortement médiatisés, comme cette fois à Melun ou le mois dernier à Bordeaux pour Odette Lagrenaudie, la vieille dame délogée de chez elle pour installer à sa place des étrangers illégaux.

Caroline Alamachère

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Marie-claire Muller 09/08/2013 20:09



Vendredi 9 août 2013




Tout pour les « quartiers », rien pour la France pauvre






 


La France va concentrer ses efforts sur 1.200 quartiers défavorisés au lieu de 2.400 actuellement, a déclaré vendredi la porte-parole du gouvernement. L’État va y investir 5 milliards
d’euros.


« Il s’agit de mettre fin à un certain saupoudrage et de se concentrer sur les territoires qui en ont le plus besoin », a déclaré Najat
Vallaud-Belkacem, précisant : « Ces nouveaux quartiers prioritaires seront définis sur la base d’un critère unique et global de revenu des
habitants – pour le dire autrement : de la pauvreté des habitants. »


Question : pourquoi les quartiers et pas les départements les plus défavorisés ?


On nous dit que seul le revenu des habitants doit être pris en compte, mais alors il faut privilégier le Cantal, l’Ariège et l’Aude, les trois départements les plus pauvres. D’après une étude du
Secours catholique, corroborée par les autres associations caritatives, dans ces départements 80 % des personnes aidées par ces organisations sont de nationalité française. Est-ce pour cela que
l’on n’en parle jamais ?


86,1 % des demandes exprimées portent essentiellement sur l’alimentation, mais le plus bouleversant est le besoin d’écoute des gens faisant l’objet d’une séparation, d’un divorce, d’un abandon ou
encore souffrant d’isolement. Ils sont ainsi 67,4 % à attendre un peu de chaleur humaine. Ils sont loin d’être retraités : 41,5 % des personnes les plus touchées sont âgées de 25 à 40
ans ; leur dénuement est souvent la conséquence du chômage, lui-même essentiellement provoqué par une maladie de longue durée ou un accident.


Il faut savoir que dans ces coins de l’Hexagone, 30 % des habitants ne touchent aucun revenu, et même lorsqu’ils bénéficient du RSA (50 % d’entre eux), leurs problèmes sont souvent
insurmontables.


Cette situation est elle tolérable ? Est il tolérable, par exemple, que Lyliane, retraitée de 62 ans, sans argent et sans domicile, ait dormi en juin
dans un cimetière de Vineuil-Saint-Firmin, dans l’Oise, après avoir erré dans la région ? Est il tolérable qu’elle ne vive plus chez elle depuis 2006, victime de fraudes bancaires l’ayant
laissée sans ressources ?


Abandon ou désintérêt, cela fait longtemps que nos gouvernements successifs ont laissé tomber les Français de régions perdues. Comment tolérer de voir une partie de la France au bord de
la mendicité alors que des sommes considérables sont déversées dans les cités de la petite couronne, et de Seine-Saint-Denis notamment ?


Comment tolérer que les voitures brûlées, les trafics de drogues ou d’armes prospèrent dans ces mêmes quartiers « défavorisés » quand les ruraux des villages, malgré leur misère, paient leurs impôts et leur loyer ? Comment tolérer que le Qatar aide en priorité,
dans notre pays, ces mêmes zones souvent de « non-droit » au détriment de départements totalement sinistrés ?