Le terme "Occident" est désormais aussi frelaté que celui d'"Europe".

Publié le 21 Avril 2012

Le terme "Occident" est désormais aussi frelaté que celui d'"Europe".

Maurice-Gendre.jpgPar Maurice Gendre

"Europe" désignant dans la bouche des péripatéticiennes de la mediasphere :   l'Union Européenne (UE). Soit ce Léviathan bureaucratique soviétoïde, négation même de l'Europe réelle.

"Occident" doit être compris aujourd'hui sur un plan géostratégique, géopolitique, moral, civilisationnel en un mot métaphysique comme une ruse, une duperie, une tromperie sans équivalent, un complot fomenté contre l'Esprit par l'oligarchie transatlantique.

L'Occident pourrait se résumer à peu près ainsi sur le plan international : Amérique du Nord + UE + Israël + annexes de la Couronne britannique dans le Pacifique.

Les seuls "principes" qui sous-tendent cet édifice pour le moins baroque : le Divin Marché et l'Idéologie des droits de l'homme.

Soit le cauchemar post-moderne ambiant.

Comme le disent les auteurs de l'excellent site Dedefensa, l'Occident qu'ils ont rebaptisé BAO (pour bloc américaniste-occidentaliste), est une contre-civilisation.

Virtualisme, dynamique de surpuissance aboutissant à l'autodestruction, "idéal de puissance" (processus décrit par le philosophe Guglielmo  Ferrero en son temps et requalifié "déchaînement de la Matière" par l'équipe de Dedefensa), sont trois des principaux éléments qui dessinent les contours de cette contre-civilisation. (1)

Cette contre-civilisation devenue Système s'appuie essentiellement sur deux instruments de puissance, qui font aussi office de deux sous-systèmes : le système du technologisme et le système de la communication.

Deux instruments qui garantissaient jusqu'alors - et garantissent encore pour le moment - au Système une hégémonie sans partage et incontestée sur l'ensemble des activités humaines.

L'Occident vu comme "idéal de perfection", opposé à "l'idéal de puissance",  devait exprimer le Beau, pratiquer le Bon et générer le Vrai.

Qu'offre-t-il désormais ? La Laideur, la Vilenie, le Mensonge. Ou l'illustration par le triumvirat pre-antechristique : Lady Gaga - Dick Cheney - BHL.

Dès lors comment doit-on se situer lorsqu'on entend ici ou là des hommes et des femmes déclarer se battre pour "l'Occident et ses valeurs" ?

Tout dépend ce qu'on entend par Occident. "Idéal de perfection" ou "idéal de puissance".

Un écrivain favorable aux guerres du Kosovo, d'Irak et de Libye, une militante assurant la promotion sur les plateaux télé du "mariage" gay, un activiste faisant l'apologie de la théorie du "gender" ou encore du vagabondage homosexuel, un président réclamant le durcissement des sanctions contre l'Iran ou une intervention en Syrie, une féministe radicale et "pro-choix" encourageant l'avortement partout et en toutes circonstances "car c'est un droit inaliénable et durement arraché", un agriculteur favorable aux cultures OGM font clairement partie du camp des occidentalistes.

L'occidentalisme compris comme le cancer généralisé de l'Occident, comme une psychopathologie qui étend son emprise un peu plus chaque jour sur les âmes, comme une inversion permanente et totale des valeurs.

L'Occidental a contrario de l'occidentaliste admirera la droiture, la dignité, la maîtrise de soi, le courage, la persévérance, l'héroïsme, la générosité et le renoncement de soi.

Il aura en horreur le choix de la force brutale au détriment de la diplomatie, à la vulgarité et l'obscénité il préférera la retenue et la pudeur, face aux apprentis-sorciers du "modèle recomposé" et de la "pluriparentalité" il souhaitera protéger la famille et les enfants, face à la tentation de l'accaparement et de la maximisation du profit il choisira la mesure, le partage et le don, face à la facilité et aux pleurnicheries il optera pour l'effort et le mérite.

 

Maurice Gendre

 

(1) Un examen assez rapide suffit pour découvrir dans la civilisation contemporaine deux idéaux: un idéal de perfection et un idéal de puissance. L’idéal de perfection est un legs du passé et se compose d’éléments différents, dont les plus importants sont la tradition intellectuelle, littéraire, artistique, juridique et politique gréco-latine ; la morale chrétienne sous ses formes différentes, les aspirations morales et politiques nouvelles nées pendant le XVIIIe et le XIXe siècle. C’est l’idéal qui nous impose la beauté, la vérité, la justice, le perfectionnement moral des individus et des institutions comme les buts de la vie ; qui entretient dans le monde moderne la vie religieuse, l’activité artistique et scientifique, l’esprit de solidarité ; qui perfectionne les institutions politiques et sociales, les œuvres de charité et de prévoyance. L’autre idéal est plus récent : il est né dans les deux derniers siècles, à mesure que les hommes se sont aperçus qu’ils pouvaient dominer et s’assujettir les forces de la nature dans des proportions insoupçonnées auparavant. Grisés par leurs succès ; par les richesses qu’ils ont réussi à produire très rapidement et dans des quantités énormes, grâce à un certain nombre d’inventions ingénieuses ; par les trésors qu’ils ont découverts dans la terre fouillée dans tous les sens ; par leurs victoires sur l’espace et sur le temps, les hommes modernes ont considéré comme un idéal de la vie à la fois beau, élevé et presque héroïque, l’augmentation indéfinie et illimitée de la puissance humaine.

 

Guglielmo Ferrero, Génie latin et germanisme, 1917.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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anna sultana 21/04/2012 18:20


y a t-il un psychiatre dans la salle??