Le vrai visage de la Halde par Agora vox. A lire.

Publié le 8 Novembre 2010

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               Par Aymeric Pontier.
               Lorsque la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, autrement dit la Halde, a été créée, je suis resté assez indifférent. Juste une non-autorité de plus, rigoureusement non-indépendante, et gaspilleuse d’argent public. Toute aussi inutile que les précédentes. Un machin qui ne mérite même pas un billet de blog. 

Mais la Halde ne l’entendait pas de cette oreille. Elle voulait être sur mon blog. Oui, elle le voulait. Elle le méritait. Elle le valait bien. Et elle a tout fait pour y parvenir.

Dès le départ, elle n’a pas ménagé ses efforts. Mettre à sa tête Louis Schweitzer, haut fonctionnaire et homme d’affaires français, qui cultive les conflits d’intérêts comme d’autres cultivent de la marie-jeanne (avec amour et passion), cet emblème de la consanguinité du CAC40 et du mélange des genres entre l’Etat et la sphère privée, était bien pensé.

Mais ce n’était encore rien à côté de cette idée de génie : le remplacer par Jeannette Bougrab. Le symbole. Le symbole de ces français "issus de l’immigration" comme la droite les aime : étudiante à la Sorbonne, elle en sort en 2002 archi-diplomée pour aussitôt se planquer dans une instance publique, où les gens sont payés fort cher pour ne pas faire grand chose si ce n’est sortir des rapports publics que personne ne lit de temps à autre. C’est le syndrome Rama Yade qui a suivi exactement la même voie ou presque.

Par la suite, Jeannette Bougrab va poursuivre son petit bonhomme de chemin. Elle devient membre de l’Institut du Monde Arabe et du Conseil d’analyse de la société, cumulant ainsi les fonctions publiques et les rémunérations qui vont avec. En 2007, avec le soutien de Nicolas Sarkozy, elle se lance dans la politique et vise le poste de député dans la 18ème circonscription de Paris. C’est un cuisant échec, et elle abandonne aussitôt "la politique partisane". Le dépit ne sera pas de longue durée, car au mois de Septembre de la même année, elle est nommée maître des requêtes au Conseil d’État.

C’est en Avril 2010 que le grand public la découvre enfin avec sa nomination à la Présidence de la Halde. Et depuis, c’est un véritable festival. Au mois de Juin, le Canard Enchaîné sort une info : le journal satirique affirme que Jeannette Bougrab aurait fait doubler son salaire à son arrivée. Elle dément formellement, insistant sur le fait qu’elle n’a droit qu’à une indemnité de 6 135 euros par mois, et non pas 14 000 euros. Soit.

Puis, en Septembre, quelques journaux sortent des extraits d’un rapport de la Cour des Comptes (la meilleure amie des citoyens de ce pays), qui est sensé paraître à la fin de l’année. C’est goûtu, on y trouve les termes suivants : "absence de contrôle", "opacité dans les comptes", "marchés à la limite de la légalité". Certes, cela concerne la gestion de la Halde entre 2005 et 2009, Jeannette Bougrab n’est donc pas concernée. Mais son prédécesseur si. Lui a-t-on demandé des comptes à lui ? Non. 

On apprend entre autre que le poste "communication" pompait la moitié du budget au cours de la période concernée, tout un symbole là encore. Tout ce qui compte, c’est le paraître, pas le faire. On vit en France après tout. Mieux vaut dépenser l’argent pour prétendre lutter contre les discriminations, plutôt que de s’embêter à agir concrètement. 

Depuis que Louis Schweitzer est parti, on aurait pu imaginer ou espérer une amélioration. Encore que le mot exact serait plutôt s’illusionner, compte tenu des entretiens accordés

Toujours en Septembre, après la manipulation odieuse du Gouvernement sur les roms, histoire de détourner l’attention des français pour qu’ils ne se focalisent pas sur les résultats catastrophiques de la politique UMP, on apprend que la Halde a reçu l’ordre de ne plus s’occuper des dossiers "roms". Histoire de confirmer si besoin était que l’expression "autorité indépendante" a une signification très particulière en France. Confucius disait :"Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté". Sage réflexion.

Mieux encore, on note un ralentissement de l’activité de la Halde : le nombre d’avis rendus a été divisé par deux depuis l’arrivée de Jeannette Bougrab. Et pourtant, ce n’est pas comme si l’institution avait été débordée auparavant...

Interrogée, la Halde commence d’abord par se défendre en affirmant que le ralentissement est dû à la période de transition entre les deux présidences, la nouvelle venue étant "très prise par les déplacements de réprésentation". Vous m’en direz tant... Puis, les chargés de la communication reviennent sur leurs propres déclarations, au cours de la même journée, et se mettent à raconter n’importe quoi aux journalistes des Inrocks. C’est tout un art.

Au final, après toutes ces révélations, le vrai visage de la Halde apparaît clairement. Il s’agit d’un concentré du brillant système français. Dilapidation de l’argent public, communication plutôt qu’action, conflits d’intérêts systématiques et opacité des décisions, mensonges éhontés et indécence revendiquée. Un visage somme toute assez familier.
Aymeric Pontier

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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rosalie 08/11/2010 10:50



On a demandé l'avis de la halde sur le problème qui oppose cette directrice adjointe à la direction de la crèche des Yvelines dans laqulle elle travaille. cette directrice adjointe absente depuis
2003 pour congé de maternité décide de porter un voile à son retour alors que les règles de la crèche impose aucun signe religieux. Que va t'il se passer? et à qui va t'on donner raison? Espérons
que ce ne soit pas à cette provocatrice! Ce serait un pas de plus vers l'irréparable.