Les accords d'Evian et le début du carnage par le FNL. Préface Gérard Brazon

Publié le 16 Mars 2012

C'est un épisode tragique de l'histoire de mon pays que j'ai connu fort tardivement. Gaulliste, je reste encore et toujours étonné par le traitement que le général De Gaulle a fait subir aux Pieds Noirs et aux Harkis.

Certes la IVème république des radicaux-socialistes n'est pas innocente! Une IVème qui a vu un François Mitterrand ex-décoré de la Francisque devenir un Ministre de l'Intérieur particulièrement vindicatif et surtout adepte de la peine de mort.

Mais ce n'est pas suffisant. Lasssitude, pressé d'en finir? Baclage? Des morts, beaucoup de morts et de la misère! Les plaies saignent encore. La France est responsable non pas d'avoir gagné la guerre d'Algérie mais de l'avoir abandonné de cette manière.

J'assume l'histoire de mon pays en Algérie et même la campagne d'Alger et les tortures car, c'était des bombes qui tuaient des innocents et dans ces cas là, il ne faut pas faire de détails avec les poseurs de bombes! Ce ne sont pas des héros mais des salauds! Honte aux français qui ont participé à celà.

Je pense au plan d'Alain Peyrefitte demandé par le général De Gaulle à savoir, créer un état d'Oran, indépendant ou de large autonomie où auraient pu se regrouper tous les Français d'Algérie qui l'auraient voulu! Cela aurait pu être une bonne formule. De Gaulle, y était favorable au début. Mais il prit l'exemple d'Israël pour en déduire qu'il valait mieux renonçer à faire un second état qui aurait pu constituer un nouvel abscès de fixation politique et cristalliser d'autres rancoeurs. Je le regrette sincèrement car cet Etat serait aujourd'hui un véritable allié et un exemple pour le Moyen-Orient. On imagine ce qu'aurait pu être aujourd'hui, l'apport et l'exemple de cet Etat laïc dans la balance du Maghreb. Sans compter tous ces morts qui auraient pu être évités!

Ma deuxième incompréhension de la politique du général, c'est d'avoir donné tout le Sahara à l'Algérie! Tunis en réclamait une partie et ma foi, faire comme les anglais qui donnaient des frontières difficiles, en scindant le Sahara en deux, aurait pu éviter de faire de l'Algérie une puissance pétrolière négative et en particulier, la nationalisation réalisée par Boumediene n'aurait pas eu le même effet.

Ce qui m'étonne aujourd'hui c'est d'entendre des algériens voire des français de papiers algériens dirent que l'Algérie a toujours été ce qu'elle est aujourd'hui. Il serait temps qu'ils apprennent au moins dans nos écoles pour les français de papiers, que l'Algérie, y compris son nom, fût une création française. Avant, ce n'était qu'un territoire de tribus berbères et sur la côte un réservoir à esclaves chrétiens géré par les Turc ottomans. C'est l'action des barbaresques à la solde des Turcs contre les lignes commerciales occidentales qui provoqua l'invasion de la ville d'Alger! On connait la suite... et surtout ce que les français ont réalisé de grandiose à partir de rien ou de si peu! N'en déplaise à la bien pensance! L'Algérie n'existe que par la volonté d'un pays: la France. On doit le respect à ceux qui l'on construite et qui l'on tant aimée! 

Gérard Brazon

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Un demi-siècle après les accords d’Évian du 18 mars 1962, la France officielle, en dépit de sa démocratie tant invoquée, interdit que l’on regarde la vérité en face. C’est ce qu’a démontré la censure dont a été l’objet l’historien Guy Pervillé, spécialiste reconnu de la guerre d’Algérie, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse-Le Mirail, auteur de La Guerre d’Algérie (PUF, Que Sais-je ? 2007). Comme il l’a expliqué sur son blog, il avait été contacté un an plus tôt par le directeur des Archives de France afin de rédiger un texte objectif sur la fin de la guerre d’Algérie pourCommémorations nationales 2012, publication annuelle du Ministère de la culture et de la communication (1). Il a remis son texte à la date prévue. Mais, peu avant publication, il a été informé que son texte serait amputé des 4/5ème, sans qu’il soit consulté et sans sa signature. Son texte intégral ayant été publié sur son blog, on s’aperçoit qu’a été censuré tout ce qui concerne l’enlèvement et les tueries de Français après les accords d’Évian, l’abandon et le massacre des harkis, ainsi que le rôle du général de Gaulle (dont le nom a même été supprimé).

 

Les accords d’Évian signés le 18 mars 1962 entre les représentants du gouvernement français et ceux du gouvernement provisoire algérien (GPRA) prévoyaient l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 19 mars à midi. Il n’en fut rien du côté algérien. Le jour même de la conclusion des accords, l’un des signataires français, Robert Buron, notait dans ses Carnets : « Les jours qui viennent vont être des jours de folie et de sang ». C’était bien vu.

Lu sur le net : "Algérie/Évian, mars 1962 : la censure"Dans son étude censurée, Guy Pervillé écrivait : « Le FLN profita des accords d’Évian pour reconstituer ses forces armées (2) et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. À partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS, dans les agglomérations d’Alger et d’Oran, mais aussi à l’intérieur de ces régions. Le 14 mai, la Zone autonome d’Alger […] rompit  ouvertement le cessez-le feu en déclenchant une série d’attentats. C’est alors que le président De Gaulle […] accepta l’avancement de la date du référendum algérien au 1er juillet […]. D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens “harkis” en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Évian. […] Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie. [Cependant], absence d’autorité incontestée et la compétition pour le pouvoir déclenchèrent de nouvelles vagues d’enlèvements et de violences meurtrières contre des Français d’Algérie (notamment des centaines d’enlèvement à Oran le 5 juillet) et contre d’ancien “harkis”. Les troupes françaises accueillirent et transférèrent en France les fugitifs, mais le gouvernement leur interdit de les rechercher sans l’accord des autorités algériennes… »

Depuis un demi-siècle, on répétait qu’Évian avait réglé le problème algérien et que seule l’OAS était responsable des violences et du malheur des Pieds Noirs. Et voilà que le travail des historiens mettait en cause le FLN et le gouvernement français.

Le professeur Pervillé poursuit : « Les enlèvements de Français diminuèrent après le 26 septembre 1962 qui vit l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement présidé par Ben Bella. Mais les massacres d’anciens harkis durèrent encore plusieurs mois et leur emprisonnement sous prétexte d’assurer leur sécurité, encore 10 ans. » Ce passage a également été censuré.

L’historien concluait son exposé en ces termes (censurés) : « Les accords d’Évian voulus par le gouvernement français comme « la solution du bon sens » se révélèrent une utopie qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie. »  

Dominique Venner De la  Nouvelle Revue Historique (NRH)

Source Novopress


 Notes

  1. Déjà censuré l’année précédente, en 2011, au sujet de la célébration du centenaire de Céline, jugé inacceptable par Serge Klarsfeld. Le censure politique devient pratique courante. C’est ainsi que la direction de la chaîne I-Télé  a interdit la diffusion de l’émission Ménard sans interdit enregistrée le 13 décembre 2011, au cours de laquelle l’universitaire et africaniste Bernard Lugan commentait son livre Décolonisez l’Afrique (Ed. Ellipses) qui pose la question de la différenciation des peuples et des cultures. Pour plus d’informations : www.bernard-lugan.com
  2. Les forces du FLN avaient été en grande partie détruites par l’armée française (NDLR). 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Epicure 17/03/2012 13:58


L'existence individuelle n'a pris de l'importance que par les religions monotheistes juive et chrétiennes(essentiellemtn la Réforme) et n'est toujours pas une idée admise par le Groupe dont la
perennité prévaut totalement sur l'Individu.


On ne peut sortir de cette contradiction.


Voilà...

mika 17/03/2012 12:03


« La Déclaration générale des deux délégations du 18 mars 1962 » signée par la France et le FLN (baptisée  Accords
d’Evian par les journalistes) tenaient en 4 maigres pages, une concision qui en dit long sur la conviction des parties qu’elle ne serait nullement respectée.


Les 10 lignes qui traitent des questions militaires cachent d’âpres négociations préalables sur les délais permettant à la France de se
maintenir en Algérie après l’indépendance et notamment 15 ans pour la base de Mers-el-Kebir.


Alors qu’on prend trop tard conscience de l’abandon, au nom de la raison d’état, d’un peuple
qu’il ne reconnaissait pas comme sien, force est d’admettre que géopolitiquement De Gaulle avait raison trop tôt.


Disons qu’en « Général » La France lui doit tout, mais que nous, en particulier, nous lui devons un peu moins...


 

Epicure 16/03/2012 18:43


Mais prenez donc  conscience que De Gaulle fut Un Français typique: indifférent et soucieux de son intérêt, qui a souffert bien davantage des rutabagas que de la disparition des juifs
envoyés Vers l'Est....Il a méprisé autant les Français pour n'aimer que LA FRANCE...Le seul mérite des 68tards est de n'en avoir pas été dupes...

DUVAL Maxime 16/03/2012 17:34


J'aime votre blog, et le lis avec intérêt.


Ma "vénération" pour De Gaulle est née de ma prime jeunesse (j'ai 66 ans) au sein de ma famille. La vie d'ouvrier m'a conduite à l'oublier un peu au jour de sa mort. La vie tout court, les années
passant m'a amené à me questionner sur tant de choses...


Aujourd'hui votre article m'a beaucoup ému, car il dit le grand reproche que je ferais aussi au "Grand homme". C'est en effet une horrible blessure infligée à notre nation que cette débacle, ce
retour honteux.


Ouvrier, connaissant les Anciens Maquisards Communistes et les révérant tout autant que "l'Homme du 18 juin" c'est tout naturellement que ma sympathie alla vers eux, vers le Parti Communiste
Français.


Dois-je dire, et ne m'en suis jamais caché  que jamais je n'ai vu en les harkis d'autres hommes que des êtres méritant notre respect. En cela, le PC comme De Gaulle m'ont toujours indigné.
Aujourd'hui plus encore qu'arrivent tant de témoigages horribles, accablants.


Mon niveau ne m'autorise pas à juger, ce que vous faites, d'une autre politique d'alors... la seule chose qui m'importait dans ce commentaire était d'approuver votre réflexion.