Les campagnes ne sont plus à l'abri: L'été, la saison des voleurs de fruits et de bétail...

Publié le 29 Juillet 2014

La saison est propice aux vols dans les campagnes. Des filières organisées dérobent des tonnes de fruits à peine récoltés ou des animaux d'élevage, la nuit, dans les prés éloignés des fermes.

Le Figaro.fr

Depuis quelques années, les agriculteurs tentent de mobiliser les pouvoirs publics contre l'explostion du nombre de vols sur les exploitations. S'ils ont enfin été entendus en mai dernier par les ministres de l‘Agriculture et de l'Intérieur, il faudra du temps pour que les mesures prises dans la foulée soient efficaces.

Entre avril et mai derniers, le nombre de vols en milieu rural a, de nouveau, battu des records. Pendant ces deux mois, les agriculteurs ont déclaré plus de 2.150 «vols simples*» sur leurs exploitations, selon les chiffres de l'Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Sur un des graphiques de l'ONDRP, présenté par Terre-net , on constate que ces vols sont plus nombreux en été.

À la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), syndicat majoritaire de la profession, Arnaud Lemoins explique que, s'il y a effectivement plus de phénomènes de pillage l'été, le niveau de valeur perdue est à peu près étalé sur l'année. «En hiver, ce sont les vols de matériels très chers qui prédominent, l'été ce sont ceux plus réguliers d'animaux, de légumes et de fruits.»

Un phénomène estival qui n'a plus rien à voir avec les petits vols d'il y a quelques années. «Avant, le glanage était relativement limité, c'était le fait de quelques individus. Maintenant, les quantités de fruits dérobées sont gigantesques.» Selon Arnaud Lemoine, avant d'être ramassés, abricots, melons ou tomates sont parfois stockés l'été quelques heures au fond du champ, loin de toute surveillance. Des tonnes de fruits et légumes s'envolent ainsi désormais chaque année. Contrairement aux machines agricoles, écoulées sur le marché de l'Est, ils sont le plus souvent revendus sur des étals maraichères françaises. «Ce ne sont pas du tout les mêmes filières qui agissent. Mais dans les deux cas, ce sont des réseaux extrêmement organisés.»

Adieu veaux, vaches, cochons...

L'autre principale source de vol l'été: celui du bétail. Un phénomène assez récent qui est, pour la FNSEA, «le gros point faible» dans l'actuelle tentative de lutte contre les délits en milieu agricole. «Jusqu'ici, personne n'a jamais été coincé pour un vol d'animaux», explique Arnaud Lemoine. «Les choses se passent la nuit et rarement deux fois au même endroit. De plus, l'été, les animaux sont souvent à des kilomètres de la ferme, impossible de voir ou d'entendre quoi que ce soit. Il suffit d'un camion et on emmène sans souci une ou plusieurs dizaines de bêtes...» Preuve de l'expertise des voleurs: les animaux sont parfois retrouvés tués et dépecés sur place. «Il ne reste alors plus que la peau et les os, toute la viande est emmenée» détaille Arnaud Lemoine. De ces animaux et cette viande, personne ne sait pour le moment ce qu'il en advient.

* L'intitulé «vols simples en exploitations agricoles» prend en compte: les vols sans effraction de matériel agricole (hors véhicules), les vols de biens autres que le matériel (récoltes, bétail…). Sont exclus de cette classification: les vols de tracteurs et de carburant, où qu'ils se trouvent, les cambriolages dans les habitations ou bâtiments professionnels sur l'exploitation.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Fascisme-socialiste français

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