Les capitaux wahhabites arrivent au Maroc et annoncent leur programme.

Publié le 14 Septembre 2012

Je pense aux français qui ont acheté au Maroc pour y vivre leur retraite, pour y investir leurs économies. Le réveil va être douloureux car il n'y a aucune raison que l'islam radical ne leur fasse de cadeaux dans les années qui viennent.

Gérard Brrazon

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Source: Panoramaroc

 Ils ne s’insinuent pas par les fenêtres ni n’arrivent, dissimulés, dans les bagages, mais ils entrent par la grande porte… C’est cela qu’ont laissé entendre des leaders salafistes et wahhabites, en plus de Frères musulmans du Koweit, de l’Arabie Saoudite et d’Egypte, samedi dernier, à Rabat, lors de la conférence commune entre le Mouvement Unicité et Réforme (MUR), et le Centre marocain des études et des recherches contemporaines, en partenariat avec le magazine salafiste al-Bayan. Hassan Kettani et Abou Hafs étaient venus, ils étaient là, en qualité de guest stars salafistes, aux côtés de Mohamed Hamdaoui, le président de la branche prédicatrice du PJD, le MUR

Ainsi donc, la réalité du projet wahhabite a été dévoilée par un de ses hérauts et leaders, Fouad Aal Abdelkarim, responsable du Centre asiatique pour les recherches sur la femme et la famille en Arabie Saoudite. Ce dernier, lors de son intervention, a déclaré que les salafistes des terres saoudiennes ont élaboré un programme englobant le Maghreb, et donc le Maroc, en vue de répandre leur projet de société et de s’infiltrer dans les différentes sociétés après leurs conquêtes des parlements et leurs arrivées aux affaires ici et là, suite et grâce au printemps arabe. C’est ce qu’ils ont précisé dans leurs déclarations et dans cette annonce solennelle appelée « Annonce du Pacte autour du printemps des valeurs ».

Le projet des salafistes déclare la guerre à ce qu’ils ont appelé les instincts matériels et les valeurs laïques dans leurs sociétés respectives. Et ainsi donc, les programmes qui s’infiltreront au Maroc se rapportent tous à la femme et à la famille et aspirent à la propagation des idées salafistes et wahhabites, qui ont pris naissance en Arabie Saoudite et au Koweit. Et voilà qu’un de ces projets, intitulé « fondements pour le renforcement des valeurs », est déjà développé au Koweit et dans huit autres pays dont l’Arabie Saoudite, Oman, Qatar, l’Algérie et bientôt le Maroc, comme nous l’ont annoncé les islamistes saoudiens. A ce projet, s’ajoute celui appelé « nos valeurs », conçu par une instance « morale » en Arabie Saoudite… et encore « études sur la femme »…

Ces projets sont considérés par les Saoudiens comme des « programmes de consolidation », mais en réalité l’objectif recherché est d’exporter la pensée salafiste dans des contrées qui en ont jusque-là été prémunies, de même qu’elles ont su éviter la propagation des idées wahhabites. Le Maroc devrait accueillir ces écoles de pensées grâce aux capitaux qui seront déversés par les salafistes sur les différentes et nombreuses associations, qui deviendront de fait des structures de réception de la pensée salafiste et wahhabite dans notre pays.

Le Saoudien Fouad Aal Abdelkrim n’a pas hésité à s’immiscer dans des questions où le roi a déjà tranché, au Maroc, s’adressant à la présidente du « renouveau de la conscience féminine », Hadda Benberra, lui recommandant de veiller à mettre en conformité le Code de la Famille avec ce qu’il a, lui, compris de la chariâa : « Maintenant que vous êtes au pouvoir (le PJD), il est important que le Code de la Famille soit conforme aux instructions de la chariâa ».

Et comme si elle lisait dans ses pensées, Aziza Bakkali, dirigeante du MUR et ancienne députée, s’est mise à son tour à égratigner ce Code marocain de la Famille. Bakkali a évoqué le débat national sur l’intégration de la femme dans le développement, avant de revenir sur la levée des réserves marocaines dans certains accords internationaux, demandant à celui qu’elle a qualifié de partenaire du MUR, le PJD, à rectifier le tir, c’est-à-dire à mettre le Code en conformité avec les conceptions du MUR et à revenir sur les réserves levées par le Maroc dans les conventions internationales au sujet de la femme.

La dirigeante du MUR insiste donc pour la reconquête des positions perdues par son organisation et appelle à l’élaboration d’un « programme pour ancrer dans la société les valeurs originelles et à lutter contre celles qui nous sont importées ». En un mot, elle a appelé à des projets qui appliquent les idées du MUR sur les questions de la femme et de la famille, et qui aspirent à revenir sur nombre d’acquis de la femme et de l’enfant, obtenus de haute lutte dans le cadre de l’affrontement qui s’était produit lors des débats sur l’intégration de la femme au développement.

Quant à Bassim Khaffaji, l’un des leaders islamistes en Egypte, qui avait un temps pensé à se porter candidat à la présidentielle avant d’y renoncer, s’est adressé à Hamdaoui et, à travers lui, à l’ensemble des islamistes marocains, leur assénant : « Jetez vos vêtements de l’opposition, vous êtes actuellement les décideurs dans votre pays ; influez donc ! », dans une claire allusion au fait que les islamistes marocains sont aujourd’hui au parlement et au gouvernement. L’islamiste égyptien est paru quelque peu irrité par la structure des valeurs occidentales, oubliant le caractère noble de bon nombre d’entre elles : « Ces valeurs n’ont aucune valeur, et le projet laïc occidental est une pourriture ! ». Cet homme, diplômé des universités américaines, a appelé à « lutter contre les valeurs de l’Occident et à encourager l’affrontement entre Occidentaux et Américains ». Il a également appelé à multiplier les structures au sein de la société civile pour exporter ce qu’il a appelé des « valeurs islamiques ».

Et tout cela se produisait sous les yeux de Mustapha el Khalfi, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, qui a tenu à être présenté en qualité de chercheur et non de ministre ; le jeune responsable gouvernemental, décravaté, a laissé paraître son influence anglo-saxonne et sa connaissance des dernières études américaines sur les valeurs. Pour lui, la révolution technologique représente le fondement des valeurs de l’avenir. Puis, se rappelant qu’il est responsable de la communication dans son pays, il a évoqué l’exemple français et a parlé de fusion entre l’agence de régulation audiovisuelle (ANRT) et la HACA pour contrôler la production télévisuelle et les valeurs y véhiculées. Le ministre a appelé à multiplier les études sociétales afin de s’enquérir des orientations de la société marocaine, il a recommandé la séparation des deux champs politique et religieux et a conseillé d’investir dans les structures associatives qui exercent leur activité loin de toute politique. El Khalfi, se distinguant des invités arabes, a appelé à passer de l’affrontement des valeurs entre Orient et Occident à une sorte d’interaction, afin de répandre les valeurs islamiques, et de ne plus rester enfermé dans ses particularités. Ce faisant, le ministre de la Communication est apparu plus modéré que les invités islamiques des pays du Moyen-Orient.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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